‹ La Révolution et le livre de M. QuinetChapitre 83 sur 94 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

ques jours, à tort et à travers, un rhéteur en désarroi, et très-insuffisamment instruit des questions qu’il tranche avec autant de suffisance que d’insuffisance. Historiquement, oui mille fois, nous sommes Jacobin, c’est-a-dire convaincu que les Jacobins ont seuls bien compris, bien conduit, et définitivement sauvé la Révolution. Mais Jacobin aujourd’hui, quel enfantillage et quelle présomption ! Jacobin contre qui ? Lorsque ceux qui portent ce grand nom dans l’histoire s’armèrent de la massue d’Hercule, ce fut pour écraser autre chose que de ridicules mirmidons.

Quelles que soient les complications que l’avenir réserve à la France, nul certainement, ni de nous ni de nos enfants, ne verra le concours de causes et de faits qui, en quelques mois, de 92 à 94, a produit tant

d’héroïsmes et de fureurs, tant de violences et de vertus, les destructions et les créations de plusieurs siècles.

Nous honorons les Jacobins comme nos «pères, comme nos maîtres; mais, grâce à eux, nous n’avons plus à les étudier comme des modèles. Ce qu’ils ont fait, ils l’ont si bien fait que nous n’avons plus à le faire; ce qu’ils ont conquis, ils l’ont conquis si définitivement que nous n’avons plus à le conquérir. Mais, si nous sommes fiers des résultats, et nous on sommes très-fiers, comment rougirions-nous de ceux à qui nous les devons? Ils n’ont connu que les sacrifices, et nous ont légué les dédommagements; nous jouissons de ce qu’ils nous ont transmis et dont ils n’ont pas joui euxmêmes. Nous serions les plus ingrats des hommes si nous n’avions pas pour eux la

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