‹ La Révolution et le livre de M. QuinetChapitre 84 sur 94 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

plus sincère, la plus inébranlable reconnaissance. Ils ont jeté les fondements indestructibles d’un nouvel ordre social; leur nom et leur gloire sont liés au progrès de la civilisation. Que les royalistes les maudissent, cela s’explique; mais que, dans ce concert d’outrages et de calomnies, quelques amis de la Révolution mêlent leur voix à celle des royalistes, cela confond.

Heureusement, les esprits honnêtes ont beau faire, même dans leurs écarts et lorsqu’ils s’égarent le plus dans de faux systèmes, ils n’échappent pas à la vérité. Aussi M. Quinet, au moment même où il attaque les Jacobins avec le plus d’injustice, leur rend-il le plus glorieux des hommages.

« Robespierre et Saint-Just croyaient, dk-il, ; qu’on s’attache les hommes par les idées , morales, plus que par les bienfaits maté-

riels, immédiats. Celte pensée honnête a beaucoup contribué à perdre leur mémoire. »

— Après un tel aveu, arraché par la force même des choses, comment expliquer que M. Quinet 11 e prenne pas la défense de ces hommes qui se sont perdus par excès d’honnêteté? En les attaquant, il a commis une impardonnable injustice, et manqué au premier devoir de l’historien.

Et il est d’autant plus inexcusable, qu’il avoue lui-même que le 9 thermidor fut la victoire des corrompus, des malfaiteurs et des lâches; que le mot d’ordre, ce jour-là, fut « d’en finir avec tout ce quisurvivaitd’âmes fières et indomptées, » et que les hommes les plus honorables et du plus grand sens, tels que Cambon, regrettèrent la victoire remportée dans ce jour à jamais néfaste.

Nous avons dit qu’une chose terrible pour

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