CHAPITRE X
de tout le Midi, la Vendée en pleine insurrection; les compagnies de chauffeurs* désolaient les campagnes; des représentants, dont la Restauration a plus tard récompensé, le zèle, conspiraient ouvertement et criaient à la calomnie quand on parlait de leurs machinations, La Quotidienne , \'Êclair, le Postillon, le Messager, la Feuille du Jour, l’ Accusateur public, le Tableau de Paris, le Petit Gautier, et vingt autres journaux dévoués ou vendus au parti royaliste, ameutaient les esprits, vilipendaient le gouvernement,, insultaient la République.
Des pamphlets, dont la violence et l’ineptie rendent la lecture aujourd’hui presque impossible, étaient répandus à profusion dans les cafés, dans les théâtres, dans les casernes. » •
« Au dehors, la situation n’était pas plus
rassurante. L’armée, sans pain, sans chaussures, sans vêtements, sans discipline, était découragée, battue; elle perdait le fruit des victoires immortelles de 1792, 93 et 94. Nos flottes étaient presque détruites, nos ports bloqués ; les désertions se faisaient par masses ; les Anglais avaient envahi la Corse; Clairfayt nous avait battus à Monbach, où nous avions perdu trois mille hommes et cent canons; Wurmser avait repris Manheim et fait prisonnière la garnison composée de sept mille hommes; la Suisse était un foyer de conspiration, et l’Europe était en armes contre nous.
« Des comités sans nombre, des commissions de toute espèce, des bureaux sans nom et sans attributions fixes, où les papiers étaient entassés et confondus, avaient jeté les affaires dans un tel désordre, que