‹ La Révolution et le livre de M. QuinetChapitre 89 sur 94 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

le retour d’une administration régulière paraissait impossible 4 . »

Voilà en quel état quelques mois de réaction thermidorienne mirent la France.

Le mal arriva enfin à un tel excès que ' Courtois, l’un des proscripteurs et des calomniateurs les plus effrénés du 9 thermidor, fut obligé de faire cet aveu dans la séance du 8 brumaire, an vu : « La réaction a tout confondu dans ses fureurs. »

Louvet, l’un des proscrits du 31 mai, rentré dans la Convention, y devint un ardent Montagnard, et l’homme qui, le 9 thermidor, pendant que Robespierre s’épuisait inutilement au pied de la tribune,. pour obtenir la parole, poussa le cri décisif: À bas le tyran ! Louchet, dégoûté et épouvanté

1. Extrait de notre volume intitulé Histoire et Religion , pages 156 à 161. Édition Michel Lévy.

par les atrocités de la réaction, fit la proposition formelle de « remettre la Terreur à l’ordre du jour. »

Ainsi, tant que tes Jacobins sont maîtres du pouvoir, ils contiennent toutes Jes factions ; açrès leur mort, les factions déchaînées prennent leur revanche; elles font de la France un lieu de débauche et un coupegorge. Tant que les Jacobins gouvernent, dit. M. Quinet lui-même, « ils opèrent le miracle d’empêcher la famine; » quand ils

sont renversés et immolés, la France n’a

plus de pain. Tant que les Jacobins ont dans les mains les destinées du pays, tout cède à l’ascendant de la Révolution, la France marche de victoire en victoire ; quand les Jacobins ne commandent plus, ne donnent plus l’exemple et l’impulsion, la désobéissance, l'indiscipline et le découra-

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