‹ La Révolution et les pauvresChapitre 102 sur 192 · LIVRE II, - CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE II, - CHAPITRE IV

amènent une détérioration grave des bâtiments affectés aux malheureux. L’argent manque partout pour les réparations urgentes, les toitures s’effondrent, les murs se lézardent, l’humidité envahit les salles. Quelques exemples donneront une idée exacte de cette situation i

Le l®"" jour complémentaire de l’an 3, l’administration du district de Saint-Flour et les officiers municipaux de la commune, accompagnés d’un « maitre-menuisier et d’un maitre maçon », se transportent à l’hôpital national*, ils constatent que la plupart des fenêtres sont pourries, « sans chassj ni vitres - ». « Dans la salle des nourrices, nous remai’quons, disent-ils, que faute d^’un plafont les nouriâces et les enfans sont exposés à toute l’intempérie de l’air ; cette sale se trouvant placée sous les toits... Dans le grenier donnant sur le levant une partie du couvert est menacé d’une ruine prochaine par l’affessement de deux poutres pourries. «... Il existe depuis longtemps des goutières dans toute la toiture... Au midi un mur est sur le point de crouller... Le conduit des latherines est crevé dans plusieurs parties et engorgé par les immondices d’où il se répand au loin une odeur infecte qui pénètre jusque dans les appartements de l’intérieur... A la cuisine les cannaux et conduits ci’evés ont besoin d’une prompte réparation attendu que depuis quelque tems on ne se sert à l’hôpital que d’eaux ramassées dans des Amses de cuivre ou de grais, et que d’apprès le rapport des médecins ces eaux ainsi ramassées, ont paru nuire à la sancté des habittants. Quant à la

porte d’entrée elle est brisée dans plusieurs parties et a besoin d’être consolidée, il y manque des gonds et les verroux sont en mauvais état ». L’établissement compte alors une moyenne de 230 administrés 3; l’ensemble des réparations est évalué à 61.600 liv. (Arch. nat., 262).

2. « En parcourant les divers appartements de l’hospice nous avons remarqué que la moitié environ des carreaux de vitre manquoient à toutes les fenêtres, au nombre de cent quarante que nous croyons faire remplacer en paneaux seulement pour diminuer la dépense et en faisant placer que les carreaux dans la partie supérieure ».

3. Lettre du citoyen Bertrand, député, 11 pluviôse an 4 (Même liasse). « Je crois devoir vous observer que cet hospice est à la fois destiné pour les orphelins de la patrie et les infirmes et même pour les militaires malades qui y séjournent

DE LA SITUATION FAITE AUX ADMINISTRÉS

A Brives (20 pluviôse an 4), les administrateurs reçoivent un petit subside absolument insuffisant et ils ajoutent à la longue énumération de leurs besoins : « un autre article qui fait l’objet de notre sollicitude particulière, est les réparations urgentes à faire aux battiments, nous ne pouvons même pas faire les locatives, parce que les ouvriers ne travaillent plus que pour du numéraire ou pour des danrées et nous n’avons n’y l'un ni l’autre. Il est donc instant, citoyen Ministre, que vous veniés promptement au secours de cet hospice qui est l’azile continuel des militaires malades qui passent sur cette route, et qui est d’autant plus fréquenté qu’il n’y en a pas d’autre sur l’espace d’environ 24 lieues » (Arch. nat., F‘5, 262).

Même situation à Quimper (21 pluviôse an 4. Arch. nat.,

263) ; les directeurs écrivent : « L’hôpital a fait un effort considérable depuis la guerre ; il n’a refusé personne, mais cet effort l’a épuisé, l’entretient des bâtiments a été négligé, il faut nécessairement s’en occuper aujourd’huy à moins d’exposer à une ruine totale l’asile de l’indigence et des infirmités ». Dans l’Ailier (23 pluviôse an 4. Arch. nat., F*’, 277), à Gannat, les membres de la commission administrative constatent, lors de leur entrée en fonctions, « que les bâtiments ont éprouvé des dégradations énormes dont la plus part sont urgentes à réparer telle que les croisées des salles, dont le plus grand nombre est sans vitraux et ont des châssis tombant en vétusté, garnis en mauvais papier, ce qui ôte l’usage de les fermer et ouvrir, par conséquent de renouveller l’air des appai’temens si nécessaire à la salubrité. »

A Nemours (23 floréal an 3. Arch. nat., F^^, 302), les administrateurs s’expriment ainsi : « A l’époque de la loy du 23 messidor an 2 on allait s’occuper de faire faire aux batimens de cet hospice des réparations indispensables. La main mise du gouvernement sur les revenus en a ôté la faculté. Les dégradations de la toiture de ces batimens étoit déjà considérables lorsqu’un détachement de l’armée révolutionnaire stationné en cette commune,

très souvent à cause que la commune de Saint-Flour se trouve placée sur la route directe de Paris à Perpignan et encore de Paris à Montpellier ou à Nisnies. Elle est aussi sur la route de Lyon à Bordeaux par le Puy, ce qui rend fréquent le passage dans cette commune des troupes de la République «.

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