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LINGE, VÊTEMENTS, COUCHER, CHAUFFAGE

« L’hôpital civil d’Hagueneau (16 ventôse an 3) est dans l’état le plus déplorable, deux cents individus de tout âge, n’ont ni bas, ni souliers, ils sont privés des objets de première nécessité, leur situation fait frémir l’humanité » (Arch. nat., 254).

Les administrateurs de l’hôpital Saint-Pierre de Châtillon-sur- Seine (5 thermidor an 3) déclarent « qu’indépendamment des

dépenses à faire pour la nourriture des pauvres et malades.

dont le nombre est ordinairement de quatre-vingt à cent individus, il est indispensable d’approvisionner cet hôpital de linge

DE LA SITUATION FAITE AÜX ADMINISTRÉS

dont il manque absolument et qui est un objet de première nécessité... » (Arch. nat., F*», 262).

Le citoyen Ripotot constate qu’à Mézièi’es (pluviôse an 3. Arch. nat., F*j, 261) « on se voit forcé bien souvent de laisser les malades dans la malpropreté faute de draps pour les chang^er. Le linge étant presque tout consommé par la grande affluence de malades depuis plusieurs années. Il n’y reste plus que 111 paires de draps de 300 qu’il y avait autrefois ; il y a cependant environ 80 lits à couvrir, lesquels n’ont point été reblanchis depuis plus de quatre mois ».

A Maubeuge (11 prairial et 12 fructidor an 3. Arch. nat., F^^, 2S4), « les indigens faisant partie de l’hospice de charité sont sans vêtement ; depuis cinq à six ans ils n’ont point été habillés, de manière que presque nuds ils présentent le tableau de la plus affreuse misère... l’azile qui doit consoler le pauvre des chances de la fortune, ne présente qu’un séjour triste et désagréable qui ressemble plutôt à un lieu destiné à punir le crime, qu’à celui qui doit procurer des consolations, puisqu’il n’offre dans les indigens qui l’habitent que des êtres couverts de haillons, dont l’homme humain ne peut supporter les regards sans émotion et sans être touché de leur état déplorable » , Dormois, Notice historique sur l’hospice de Tonnerre (in-8®, 1853, p. 168), relève que le 17 nivôse an 3 cette maison ne possède du bois que pour trois jours ; les objets de literie et le linge manquent.

Le Directeur de l’hôpital général de Douay écrit, en fructidor an 3, à la Commission des secours publics : « Vous nous avez envoié depuis le 1®*^ vendémiaire dernier 124.810 liv., comment voulez-vous donc, citoiens, qu’avec des moiens aussi disproportionnés à nos besoins, nous satisfassions au quart seulement des dépenses qu’exige l’absolu nécessaire? Nous vous le répétons, citoyens, toutes les parties de l’établissement sont en souffrance et se délabrent chaque jour. L’hiver va nous surprendre sans approvisionnement pour le chauffage et le luminaire 5, sans une

4. « Parmi les 111 paires de draps restantes, 31 seulement en bon état, 40 passablement bons et les 40 autres .absolument hors de service... »

5. On lit.dans une autre lettre du 23 brumaire an 4, relative au même hospice et citée plus haut: « Nous épargnons sur le chauffage, sur le luminaire, sur tous

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