‹ La Révolution et les pauvresChapitre 113 sur 192 · LIVRË II. — CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

LIVRË II. — CHAPITRE IV

leurs propres deniers de sorte que si cet objet ne reçoit de votre part une prompte détermination les malheureux que Thopital renferme se trouveront abandonnés et vous sentez quelle funeste impression feroit ce contraste de la conduite actuelle avec celle du gouvernement autrichien, dans un tems ou la malveillance s’agite de toutes parts et où la République, va tirer de ces contrées de fortes sommes au moyen de l’emprunt forcé. Je vous invite donc à ne point laisser cet objet indécis, et je vous y invite pour la gloire de la République qui m’est plus chère que mon existence ».

Pol-Léon (Finistère), 20 ventôse an 4 (Arch. nat., 263).

« 11 est plus que tems de pourvoir à la subsistance des pauvres de cet hospice de quelque façon, ou à vendre quelque rente ou de se pourvoir au comité des secours, ou de renvoyer les pauvres dont la plus part inhrmes, ce qui serait inhumain, car il n’est pas possible de faire subsister cette maison plus d’un mois ou six semaines dans la détresse ou elle e.st... »

Bourg, l®*" messidor an 4 (Arch. nat., F^^, 277). « ...Si l’on ne s’empresse de venir au secours de l’hôpital civil on sera sous peu de jours, obligé de refuser la porte aux malades, et ceux qui y sont placés, seront forcés de se retirer faute de secours et d’aliments... »

Murat, nivôse an 4 (Arch. nat., F^^, 250). « L’admin®“ municipale vous conjure, citoyen Ministre, de prendre en grande considération les besoins pressens de l’hospice confié à ses soins, en luy accordant des prompts secours pour les faire cesser, secours sans lesquels l’hospice ne peut plus subsister, alors il ne resterait à l’administration qu’à déclarer aux indigens qui le composent l’impossibilité de les garder plus longtems et la nécessité d’enfermer l’entrée...'^ »

Rodez, 6 fructidor an 4 (Arch. nat., F^^, 279). «...L’adminis-

24. « ...Citoyen Ministre, la demande que nous vous adressons doit d'autant plus fixer votre sensibilité, que placés sous le climat le plus i igoureux de la République, la main d’œuvre est nulle pendant la moitié de l’année au moins, les produits des immeubles incertains et médiocres, les ressources manufacturières et commerciales nulles; la classe du peuple indigente et nombreuse, nous ne devons pas vous taire que les comotions de la Révolution ont grossi le nombre des indigens... » (Même lettre).

DE LA SITUATION FAITE AUX ADMINISTRÉS

tration de l’hospice de Rodez n’ayant pendant le trimestre de germinal aucun fonds pour les dépenses de cette maison s’est vue dans la cruelle alternative ou d’en fermer le’s portes ou de retarder le paj'ement des nourrices des enfans orphelins. Le spectacle déchirant qu’auroit entrainé l’adoption du premier parti la portée à préférer le dernier tout injuste qu’il est...25 »

Grenoble, 29 frimaire an 5 (Arch. nat., F15,28S). L’administration centrale du département « considère qu’il est impossible, en l’état, à la commission de l’hospice de continuer son service, si elle n’est pas promptement secourue; que l’événement le plus désastreux et qui porteroit l’atteinte la plus cruelle à la confiance dont doit jouir le gouvernement seroit celui où la commission se veroit forcée de fermer les portes de l’azile de la classe indigente et infirme, dans la saison la plus rigoureuse... »

Nancy, 29 frimaire an b (Arch. nat., F15, 288). Les députés du département de la Meurthe <c attestent que tous les hôpitaux de Nanci sont dans un dénuement absolu et qu’il est surtout indispensable d’accorder de prompts secours à celui des enfants de la jDatrie qui n’a aucun revenu foncier et où les enfants périssent de faim et de misère ».

Bordeaux, 14 nivôse an 5 (Arch. nat., F^^, 283). « ...Nos divers établissements sont tous dans le plus affreux dénuement, sans aucune espèce de provisions et sans aucune ressource pour s’en pi'ocurer, les pauvres y sont cependant encombrés et nous sommes sur le point d’être forcés d’ouvrir les portes de ces aziles et de les vuider pour éviter les maux de la faim qui menacent ces infortunés... »

Metz, 28 ventôse an o (Arch. nat., F‘5, 290). Extrait des délibérations de l’administration municipale de la commune : « La commission administrative des hôpitaux s’est présentée en séance et a rendu compte de l’état où se trouvent réduits ces hôpitaux, il est tel que dans dix jours l’hôpital S*^ Nicolas est sans subsistances et sans moyens de s’en procurer, en sorte que le huit germinal prochain, la commission sera forcée d’ouvrir les portes aux

25. A noter également ; hospice des écoles de chirurgie de Paris, maisons hospitalières de Poitiers, Montbrison, Neris, etc.

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