CHAPITRE IV
La Rochelle, 3 brumaire an 6 (Arch. nat., 309). L’administration municipale au Ministre ! « Les instances tant de fois réitérées que le département et nous, vous avons adressées en faveur de notre hospice général, nous réduisent k l’impuissance de vous exposer avec des expressions aussi énergiques qu’il conviendrait, la cruelle situation de cette maison. Ce sera vous la peindre d’un seul trait que de vous dire que les administrateurs ne savent plus k quelles ressources recourir et qu’il ne leur reste que le parti de faire ouvrir les portes de cet asyle » .
Morlaix, 23 fructidor an 6 (Arch. nat., F’5, 339). Extrait du registre des délibérations de la Commission administrative de l’hospice civil : « ...Les besoins et le dénuement de cet établissement sont k leur comble ; depuis deux ans il ne subsiste que par des moyens étrangers au gouvernement ; ces ressources désormais taries nécessitent sa dissolution si l’abandon dans lequel on le laisse se prolonge le moindrement » .
Avranches, 15 fructidor an 6 (Arch. nat., F>5, 343). La Commission dé l’hospice au Ministre : « chez toutes les nations policées, la subsistance du pauvre et de l’orphelin fut, de tout tems, un des principaux objets de la sollicitude des gouvernements, parcequ’elle est fondée sur les droits imprescriptibles de la nature et de la saine raison ; sous quel gouvernement le malheureux pourait-il espérer plus de secours que sous celui de la France républicaine ? Par qu’elle fatalité se fait-il donc que toutes les lois qui lui assurent son existance se trouvent sans exécution et que l’indigent et l’infirme se trouvent privés des secours qu’ils ont droit d’attendre d’une nation grande et généreuse. Depuis plus d’un an nous n’avons pas reçu un seul centimes du gouvernement pour les infortunés que nous administrons ; s’ils ont vécus, nous sommes forcés de le dire, ce n’a été qu’au moyen de notre confiance dans le gouvernement et de celle que nous avons inspirée aux fournisseurs, de nos bourses et celles de nos amis. Mais ces bourses sont enfin épuisées, les fournisseurs manquent enfin de confiance; nos besoins sont à leur comble et ces êtres malheureux courbés sous le poids de l’âge et des infirmités touchent au moment de se voir réduits de nouveau dans cet état affreux de
DE LA SITUATION FAITE AUX ADMINISTRÉS 207
misère et de désespoir dont nous avons la consolation de les avoir retirés ... 28 »
L’Administration centrale du Finistère au Ministre, 5 vendémiaire an 7 (Arch. nat., 339) : « Depuis longtemps et à diverses reprises nous vous avons transmis pour plusieurs de nos hospices des tableaux de leurs pertes et des biens désignés pour les en indemniser. Pressez, sollicitez ce remplacement définitif promis et attendu depuis si longtems. Nos hospices éprouvent le dénuement le plus entier ; ils n’ont plus à craindre de souffrir davantage ».
Embrun, 14 nivôse an 7 (Arch. nat., Fi^,334). La Commission administrative au Ministre : « ...aujourd’hui nous ne trouvons plus de crédit et nous nous flattons que vous viendrés à notre secours, sans quoi nous nous verrions réduits à la dure nécessité de voir périr de misère les infortunés qui sont dans notre hospice... » Dôl, 24 pluviôse an 7 (Arch. nat.,F‘â^ 340). « La commission écrit à la municipalité que la détresse de l’hospice est si grande qu’il ne lui reste que la triste alternative ou d’abandonner l’administration de cette maison ou d’en renvoyer les malades sans scavoir ce que deviendront les enfants qui sont à la nourrice... » Nevers, 29 floréal an 7 (Arch. nat., Fi\ 349). « L’état des hospices et particulièrement celui de l’hospice générale, devient de jour en jour plus allarmant, nous n’avons du bled que pour une fournée et nous ne prévoyons pas par quel moyen nous pourrons subvenir aux suivantes. Les fournisseurs des denrées de première nécessité, ne veulent plus nous livrer à crédit, et il nous est impossible de continuer longtems l’administration de ces aziles de l’infortune, lorsque le gouvernement ne nous payera pas les avances que nous avons faites pour lui et ne déterminera pas les fonds qui nous sont nécessaires pour faire subsister une foule de malheureux qui vont être réduits au désespoir en apprenant qu’il ne nous est plus possible de les nourrir... »
Blois, 11 prairial an 7 (Arch. nat., F'^^ 264). L’administration
28. Pour l’an 6 : Rapport Desjardins an Conseil des 300 (6 brumaire) ; plaintes des Commissions administratives des hôpitau.v de Versailles, Aix, Poitiers, Le Havrcj Saint-Gaudens, Saint-Jean-d’Angély. Voir aussi les Annexes XXVI-XXVIII, XXIX-XXX.