CHAPITRE IV
centrale du Loir-et-Cher au Ministre : « ...La situation déchirante dans laquelle se trouve l’hospice de la commune de Blois, sans ressources, sans crédit et abimé de dettes doit être prise en considération. Plusieurs fois nous vous en avons présenté le tableau effrayant, et nous avons vu avec la douleur la plus vive, le peu de succès de nos sollicitations. Déjà les administrateurs temporaires ont donné leur démission et l’administration municipale nous donne avis que sous quelques jours elle va être forcée d’évacuer les hospices, k moins qu’elle ne reçoive du secours du gouvernement... »
Ghâteaubriand (Loire-inférieure), 1®’^' fructidor an 7 (Arch. nat,, F*5, 343). L’administration municipale au Ministre de l’Intérieur : « La situation de l’hospice est telle que sous peu de jours si il ne reçoit.pas des secours, il sera fermé, et tous les pauvres, enfans trouvés ou abandonnés, enfin tous les militaires malades qu’il renferme renvoyés. Ce n’est qu’après avoir épuisé tous les moyens qui étoient au pouvoir de cette commission en s’adressant k tous les Ministres, k tous les corps administratifs, enfin k tous ceux qui doivent subvenir aux besoins des hospices, sans en pouvoir obtenir aucuns secours qu’elle s’est vue forcé avec la plus grande douleur k prendre cette délibération ». Le Ministre accorde un secours provisoire de 800 fr., se plaignant de n’avoir pas reçu les comptes de cet établissement depuis le 1®’’ vendémiaire an 3^9.
Saint-Léonard (Haute-Vienne). Les administrateurs municipaux au Ministre, 18 brumaire an 8 (Arch. nat., F’’, 439) : « ...Aujourdhui la charité se trouve épuisée et nous voyons avec une douleur qu’il nous est sûrement permis d’épancher dans votre âme que cet hospice est sur le point d’être fermé k quarante malheureux, k plusieurs militaires infirmes ou blessés ; non les sentimens
29. Dans son discours au Conseil des Anciens, sur l’organisation des hospices civils, le 16 messidor an 7, Pezous, député du Tarn, s’exprime ainsi : « 11 n’y a plus de pain dans les hospices; le sein qui nourrissoit les enfans de la patrie est desséché, la faim ne s’ajourne pas; ajournons, ajournons, jusqu’à la paix les dépenses de luxe et même les dépenses simplement utiles, mais la subsistance des infirmes, des vieillards, des enfans abandonnés ne peut plus être livrée au hasard... >s In-8“, 10 p. (A. N., AD XVIIP, 517. Pour l’an 7, à citer encore les maisons hospitalières de Vire, Anvers, Dax, Loches, Lille, Fécamp, Craon, Maestricht (Annexes n® XXXVI).
DE LA SITUATION FAITE AUX ADMINISTRÉS
de justice et de bonté qui vous caractérisent, nous garantissent que nous ne serons pas témoins de cette calamité publique, et que notre hospice recevra incessamment les fonds arriérés et courans qui lui sont dûs... »
Tarn, 19 brumaire an 8 (Arch. nat., F^s, 439). L’administration
centrale du département au Ministre : «.Nos hospices sont
dans la détresse la plus allarmante, et si les secours que nous avons souvent réclamés sont différés plus longtemps, ces aziles de Vindigence seront bientôt réduits aux horreurs de la famine ».
Lille, 6 nivôse an 8 (Arch. nat., 441). L’administrateur des hospices délégué à Paris pour solliciter des secours : « ...Vous jugerés, citoyen Ministre, par le tableau que je mets sous vos yeux de la triste et désespérante situation où se trouvent les hospices de Lille oui, l’anéantissement de ces aziles sacrés est certain, si les secours les plus prompts, si le remboursement de leurs avances pour les enfans de la patrie ne sont pas délivrés et exécutés de suite ».
Garpentras, 4 ventôse an 8 (Arch. nat., F*^, 43S). Les administrateurs de l’hospice au Ministre : « ...Nous voici à vous peindre le tableau des horreurs, que la plus affreuse misère, nous fait éprouver depuis longtemps ; et nous osons vous le dire que c’est le silence du gouvernement qui en est la seule cause, car si vous preniez la peine de faire vérifier la correspondance de vos prédécesseurs, vous en seriez d’abord édifié ; et c’est enfin ce silence et l’urgence de nos besoins, toujours plus volumineux, qui nous ont forcé, tout récemment à constater le dénuement absolu, où nous nous trouvons, par deux procès verbaux dont nous joignons ici une copie certifiée^o... »
Nous pourrions multiplier ces citations; elles se trouvent résumées dans le rapport présenté au Tribunat, le 1®’’ ventôse an 9, par Chabot (in-8o, 12 p. Arch. nat., AD XIV, 7) ; « Tribuns, l’humanité gémit depuis longtemps sur la situation déplorable des hospices civils de la République. Ils sont presque tous dans
30. Voir aussi les pièces annexes XLV à XLVII : Gap, Bruxelles, Carcassonne. La liasse Fi5, 430, renferme de nombreuses plaintes analogues: Aube, 3 pluviôse an 8; Bouches-du-Rhône, 17 nivôse ; Administration municipale du canton d’Aix, 6 germinal, etc.