LES ATELIERS DE CHARITÉ
Nous avons indiqué dans la préface (p. 26) la faveur dont jouissent les ateliers de charité au commencement de la Révolution. A Paris, ils sont ouverts et soldés par le trésor public, vers le mois de mai 1789 h Le gouvernement est invité à cette création par la grande rigueur de l’hiver, la grêle désastreuse de 1 année précédente et la foule des malheureux qui, ne trouvant chez eux ni travail, ni subsistance, viennent en chercher à Paris où ils n'en rencontrent pas davantage.
^Le mouvement gagne la province et, de mars à septembre 1790, nombre de villes sont autorisées, par décrets, à contracter des emprunts ou à imposer des taxes spéciales, en faveur d’institutions de même nature’. Le 16 décembre suivant, «l’Assem-
1. Cet exposé est extrait d’un grand discours prononcé à l’Assemblée nationale
par Larochefoucauld-Liancourt, le 16 juin 1791. Moniteur VIII n 679 et c,,,,vantes. ? i cl &ui-
2. Voici quelques exemples. 13 mars 1790 [Décrets, II, p. 180), Poitiers : « L’Assemblée autorise a imposer sur les habitans qui payent un écu d’imposition, et au dessus, la somme de 12.000 liv. pour être employée au paiement des pauvres valides occupés aux travaux de charité... >, Mouzon : « L’Assemblée permet^ faire un empmnt de 10.000 liv. et autorise le prieur de l’abbaye de BeUeval, et tous autres, a prêter la dite somme ». 16 mars (p. 199), Toulouse-: L’Assemblée « autorise un emprunt de 300.000 liv. portant intérêt de cinq pour cent, pour rembourser la somme de 60.000 liv. déjà empruntée et le surplus être employé à l’entretien des attehers de chante ». 22 mai (p. 450), Alby; L’Assemblée « autorise les officiers municipaux à imposer la somme de 6.000 liv., en deux ans, sur tous les contri buables qui payent 2 livres et au dessus, de toutes impositions, directes ou indi-' rectes, pour ladite somme etre employée en ateliers de charité et au soulagement des pauvres... » 12 juin 1790 (III, p. 76), Vezelay: L’Assemblée « autorise cette