‹ La Révolution et les pauvresChapitre 139 sur 192 · LIVRE II. — CÜARlTRË VI · texte numérisé non relu

LIVRE II. — CÜARlTRË VI

Quel moyen avons nous de prévenir ce malheur ? nous avons les mains liées, toutes les caisses nous sont fermées. Vous pouvez et vous pouvez seul nous mettre à l’abri du danger qui nous menace, qui menace la chose publique ; car quel effet ne produirait pas un semblable évènement? nous ne pouvons le calculer ».

Mondoubleau, 19 frimaire an 6 (Arch. nat., F*», 31S). Les administrateurs de l’hospice : « Un arriéré immense est dû aux nourrices qui depuis plusieurs années sont obligées de fournir à l’entretien des enfans confiés à leurs soins et depuis huit mois de leur administrer des alimens gratis... »

Metz, 24 frimaire an 6 (Arch. nat., 319). Les représentants du peuple, députés de la Moselle : « ...Malgré l’insuffisance des fonds (des hospices), le payeur à proximité des armées, et à cause de la garnison à solder a toujours prétexté de la préférence accordée aux troupes pour ne rien délivrer aux administrateurs ; en sorte qu’il est dû aux nourrices de malheureux orphelins plus de vingt mois de la chétive rétribution qui leur est accordée, plus des trois quarts des enfans abandonnés et délaissés périssent d’inanition faute d’aliments...»

Embrun, 14 nivôse an 7 (Arch. nat., F‘3, 334). La commission administrative. « ...Nous^ avons adressé au département les états des enfans de la Patrie pour lesquels nous n’avons reçu aucun secours depuis plus de quatre années ». Besançon, 11 floréal an 7 (Arch. nat., F‘5, 431). La commission administrative :

« Citoyen Ministre, vous nous avez annoncé un crédit de 12.000 liv. par votre lettre du 12 nivôse; vainement nous nous sommes présenté au Payeur général, il n’a aucun ordre de la Trésorerie pour nous payer même une partie de cette somme. Eh que vont devenir ces infortunés enfants, si le Gouvernement les abandonne! Écoutez les cris de la douleur de ces innocents, ils sont

10. Landes, 28 prairial an 6 (A. N., F'-', 314). État des sommes dues aux nourrices des enfans orphelins dépendans des hospices du dép‘. Montant de ce qui est

dû pour l’arriéré au 1" vendémiaire an 5. 47.767f. 19 c.

Montant pendant l’an 5. 28.460 41 i

Montant pendant l’an 6 (six premiers mois). 24.086 16 ) ' ■*

Total.

LES ENFANTS DË LA PATRIE

l’espoir de la patrie et une portion intéressante de la génération future. Votre cœur ne sera pas insensible à cette extrême indigence. En invitant la trésorerie à nous payer incessamment au moins 6.000 liv. vous remplirés un devoir sacré aux yeux de l’humanité et de la iustice ».

Tulle, 14 brumaire an 8 (Arcb. nat., 439). L’administration centrale du département : ce Les nourices des orphelins de la patrie, n’ont rien reçu depuis plus de quatorze mois, elles sont dans la plus grande désolation, et comme nous l’avons déjà dit bien des fois, elles ont perdu toute espérance. Il n’y a qu’une distribution de fonds prompte qui puisse faire renaittre la confiance chez ces infortunés qui, la plus part ont été obligés de vendre leur peut de mobilier pour se subtenter, ainsi que les orphelins dont elles sont chargées... »

Sedan, 2S frimaire an 8 (Arch. nat., 430). Les administrateurs : « Les nourrices qui devraient être paiées chaque mois n’ont encore rien reçu depuis deux ans. Privées parle Gouvernement du salaire le mieux mérité, de leur principal moïen de subsistance, poursuivies sans relâche au nom du Gouvernement pour le paiement des impositions^ ces malheureuses femmes se livrent'aux excès du désespoir... Le bruit de ces clameurs a tellement appris le public à se défier des promesses faites au nom du Gouvernement qu’il n’est plus de femme qui veuille se charger d’allaiter les nouveaux nés qu’on expose journellement et qui, par ce délaissement, sont dévoués à une mort prochaine ».

Saumur, 14 nivôse an 8 (Arch. nat., F’^, 438). La commission des hospices ; « L’état de pénurie continue surtout pour les malheureuses nourrices des enfans de la patrie. Il leur est dû environ quinze mois. Tous les jours elles viennent nous demander de l’argent... nous les engageons à la patience et nous leur donnons l’espoir que le Gouvernement actuel viendra à leur secours... »

La Fère, 24 nivôse an 8 (Arch. nat., F^=, 440). La commission administrative : « Trois cens enfans mourants de froid et de faim, trois cens nourrices dans la misère la plus affreuse ayant tout sacrifié pour leurs nouriçons implorent votre secours. La loi du 26 fructidor an 7, celle du 6 vendémiaire an 8, avaient

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