CHAPITRE VI
par les fausses promesses d’être payées dans peu elles se sont vu forcées de manquer à ceux qui avaient eu compassion de leur triste situation ; abandonnées de tout le monde elles n’ont d’autre perspective que la mort si vous ne venés à leur secours. Mettés nous donc en même défaire renaitre la confiance que nous avons totalement perdüe et par ce moyen vous procurerés à une foule d’infortunés une existance que la nature réclame pour eux ».
3° Résumé de la situation des enfants de la Patrie placés à la campagne.
Il faut conclure des nombreuses citations qui précèdent que les enfants placés à la campagne souffrent beaucoup des retards apportés au paiement des mois de nourrice. Quelques exemples achèveront de donner un aperçu complet de cette triste vérité i®.
Verneuil (Eure), 30 fructidor an 3 (Arch. nat., F'®, 431). « Les enfans naturels de la Patrie qui sont en nourrice manquent absolument de tout, linges, paillasses et autres objets pour les coucher. Les nourrices qui en sont chargées sont obligées de les coucher dans des haillons dont la plus part leur sont donnés par des personnes charitables ».
Bellesme (Orne), 26 brumaire an 5 (Arch. nat.. Fl®, 292). Le bureau des hospices : « Il vous est facile, citoyen Ministre, de juger d’après les retards de payement dans quel état de misère se trouvent les nourices de ces malheureux enfans, d’autant qu’elles sont toutes de la classe la plus indigente, et conséquemment réduites à defîaut du salaire qui leur est promis à aller chercher à la porte des gens charitables un pain d’humiliation, qu’elles partagent avec leurs infortunés nourissons ».
Périgueux, 16 nivôse an 8 (Arch. nat., F^®, 438). L’administration centrale du département ; « Nous venons réclamer l’exécution des principes de justice et d’humanité, proclamés par le nouveau Gouvernement; comme lui nous voulons essuyer les larmes de l’indigence et du malheur, et venir au secours des