‹ La Révolution et les pauvresChapitre 149 sur 192 · VIVRE LIBRE · texte numérisé non relu

VIVRE LIBRE

fructidor de l’an trois de

ou la République fran-

MOURIR çaise une et indivisible.

Le Directoire du district de Marvejols à la Commission des secours publics.

Citoyens,

Nous venons au nom de la justice et de l’humanité souffrante, solliciter pour notre hospice civil les secours nécessaires pour arracher aux convulsions du désespoir, et aux horreurs de la mort, les infortunés qu’il renferme et dont le nombre vous est connu. L’administration de cet hospice s’est conformée à la loi du 23® messidor dans toutes ses dispositions. Vous avez devers vous tous les états relatifs au dénombrement et aux dépenses de cette maison ; depuis un an les pauvres, les malades, les enfants ont été réduits à la plus affreuse misère, ceux qui ont pu mandier leur pain y ont été contraints.

La Commission des secours publics tant de fois sollicitée a enfin fait passer depuis environ deux mois la somme de vingt cinq mille livres pour cet hôpital ; mais les emprunts que les administrateurs avoient été forcés de faire, l’énorme cherté des denrées de première nécessité; l’annéantissement presque total du papier monoie (le louis à onze cens livres); le refus qu’on en fait pour l’échange des denrées; l’impossibilité de le placer autrement qu’à pure perte, toutes ces circonstances replongent l’hospice dans la triste et vraiment pitoyable situation où il se trouvait avant l’envoi des vingt cinq mille livres, et les choses en sont au point que des enfants à la mamelle y sont morts par deffaut de lait. Ceux qui peuvent mandier se répandent dans la ville et dans les campagnes et rentrent le soir, mais les vieillards ! les

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