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DÉTRESSE DES HOPITAUX DE BORDEAUX, FRIMAIRE AN

(Archives nationales, 283).

LIBERTÉ - ÉGALITÉ

Bordeaux, le 15® frimaire an 5® de la république française une et indivisible.

Les administrateurs de l'hospice civil André de Bordeaux au Citoyen Ministre de l'Intérieur.

Citoyen Ministre,

L’hospice que nous administrons est depuis très longtems en proie aux horreurs des besoins de toute espèce, il ne nous a été possible d’y pourvoir jusqu’à ce moment que par la confiance qu’inspiroit individuellement la moralité de chacun de nous ; confiance, nous le disons à regret dont chacun de nous a abusé, puisqu’on promettant de payer les fournisseurs auxquels nous empruntions, nous étions bien assurés de manquer à nos promesses ; mais les circonstances étoient tellement pressantes que l’existance de cinq cens malheureux commandoit bien plus impérieusement que notre délicatesse.

Nous avions épuisé toutes les ressources du crédit; le zèle des administrateurs du départem*^ pour nous procurer des secours étoit devenu inutile; le payeur général refusoit de déférer a ses arrêtés, parce que les paiemens dérangeoient l’ordre de sa comptabilité ; il

PIÈCES JÜSTIPICATIVES N® XXI

refusoit égalem‘ de payer les ordonnances du Ministre de la guerre, parce qu’il ne recevoit aucun avis de la trésorerie; luttant enfin contre une infinité d’obstacles sans pouvoir les vaincre, oublié du Ministre de la guerre qui nous délivre une ordonnance pour un trimestre lorsqu’il nous en doit trois ; le refus du paiement de cette ordonnance même ; entièrement oubliés du Ministre de la marine qui n’envoit pas à l’Agent maritime en ce port les ordres de nous payer le traitement des marins qui nous est dû depuis six mois ; abandonnés enfin à nous-mêmes, ne pouvant donner que des larmes et des regrets à des malheureux souffrants qui nous demandent des soulagements et l’existance, nous allions remettre les clefs de l’hospice à l’administration du département, lorsque les administrateurs nous ont montré votre lettre du trois cour‘ dans laquelle vous lui envoyez une ordonnance de quinze mille livres et vous vous plaignez de ne pas recevoir nos comptes.

Citoyen Ministre, nous remettons très exactement nos comptes chaque trimestre nous les remettons par triplicata à l’administration du département nous ne sommes pas en arriéré, et elle recevra à la fin du courant, celui de vendémiaire : nous pensons que ces comptes ont dû vous être envoyés.

Nous vous remercions, au nom des pauvres de l’hospice, du secours des quinze mille francs; mais le payeur général refuse de les payer parce qu’il n’en a pas l’ordre de la trésorerie, il nous a donné trois mille livres à cause du besoin extrême dans lequel nous nous trouvions, puisque nous ne pouvions pas faire donner le lendemain du bouillon aux malades, et ce paiement a été fait sous le cautionnement individuel de l’un de nous.

Nous espérons que vous vous empresserez de faire cesser cet état d’une détresse inconcevable, c’est l’unique ressource des malheureux que nous administrons.

Salut et fraternité.

{Snivént les signatures.)

RÉCLAMATIONS DES ADMINISTRATEURS DE L’HOSPICE DE VENDOME (LOIR-ET-CHER), NIVOSE AN 5.

(Archives nationales, 286).

Vendôme 7 nivôse lan 5® de la Republique française une et indivisible.

Les Commissaires près l’hospice civil de la commune de Vendôme au Ministre de l’Intérieur.

Citoyen Ministre,

En nous nommant Commissaires près l’hospice civil de Vendôme, l’administration municipale, rendit justice à notre patriotisme et à notre amour pour l’humanité; mais nous vous l’avouons, nous avons balancé un moment à accepter les fonctions honorables qu’elle nous confioit. En effet un hospice civil, sans linge, sans provisions, sans ressources, dénué de tout, même des racines necessaires aux tisannes des malades étoit un fardeau au-dessus de nos forces : un de nos collègues fit cette observation : le Ministre de VIntérieur a passé par Vendôme, il connoit l'état de detresse de cet etablissemens, il a donné des éloges à la manière dont il étoit tenu pour la salubrité et la propreté, il s’y est interressé, il a promis mille écus en numéraire à titre de secours, il sera juste et bienfaisant à notre égard, acceptons... et nous avons accepté.

Il devient plus instant que jamais. Citoyen Ministre, de frapper votre oreille du cri de notre misère.; les dettes de l’hospice se sont accrues ses ressources n’ont pas augmenté. Chaque jour menacés par les fournisseurs de cette maison de les voir cesser leurs avances, nous sommes à chaque instant aux expédiens pour les engager a ne pas abandonner le service ; nous prions, supplions, conjurons, promettons ; nos prières n’auront point de terme, mais leur patience, mais leur crédit épuisé en aura un et que deviendrons nousl... Le boucher

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