LIVRE I. — CHAPITRE I
réflexions patriotiques d’un français [qui écrit à Genève) sur la sécularisation des religieux, et l’extinction de la mendicité » (^in-S®, 122 p. Genève, 1787).
Pour terminer cette énumération rapide mentionnons encore : la proposition de vendre les biens hospitaliers ; l’idée de donner aux indigents le pain à bas prix au moyen d’une surtaxe sur le pain vendu aux lâches et un hommage rendu à M. Necker ainsi qu’à « sa respectable épouse, auxquels les maisons de force et de charité sont redevables des améliorations constatées depuis quelques années»
Tous ces ouvrages, parus de 1789 à 1791, respirent l’enthousiasme le plus vif, les âmes débordent alors d’espérance; jamais peuple n’a salué de pareilles acclamations l’aurore d’un nouvel ordre de choses.
Avec les nuances propres à chacun, ces auteurs de volumes ou de brochures humanitaires parlent tous comme ce greffier en chef de l’hôpital général de Rouen, écrivant en octobre 1790 (Arch. nat., 232) ;
« Quel est le citoyen qui dans ce moment où tous les cœurs sont embrasés de l’entousiasme de l’amour de la patrie, voudrait rester spectateur oisif du bien qui se prépai’e et refuser d’y coopérer.
« Nous ne voyons encore ce bien qu’en perspective, mais le moment de le voir se réaliser n’est peut-être pas autant éloigné que nous le pensons. Unissons nous de sentimens à nos augustes représentants, attendons avec patience le résultat de leurs pénibles travaux. Secondons les vues bienfaisantes de Louis XVI,
le Roy, l’ami, le père de son peuple. Du bonheur du peuple
dépend le maintien de l’ordre public ; du maintien de l’ordre
21- Le cri de l'humanité adressé à l’Assemblée nationale en faveur des hôpitaux, par Mourleus, in-8°, 46 p. Paris, 1789.
22. Le premier pas à faire ou le cri de l’indigence, par un moyen de donner au pain un prix à la portée des pauvres, in-8°, 22 p., 1789. ( « Un règlement qui augmente à proportion le prix du pain d’une qualité supérieure, des pains molets, coui’onnes, etc., dont se nourrit la délicatesse du riche..., p. 16. »)
23. Réclamation de l'humanité souffrante à l’Assemblée nationale, etc., in-8“, 22 p., 1790. (Brochure signée: Rulié, médecin de Montpellier, ancien sous-inspecteur général des dépôts de mendicité du Royaume.)
LES UTOPIES ET LES LOIS
public dépend le succès du grand œuvre qui s’opère et qui malgré les efforts des ennemis de la Constitution, fera de la France le plus beau royaume de l’Univers. »
Ces idées générales, sans précision, ces avis divergents, ne sont pas, on l’avouera, de nature à fournir aux législateurs les solutions auxquelles il convient de s’arrêter; aussi l’Assemblée constituante charge-t-elle un comité spécial d’étudier toutes les questions relatives à la mendicité.