‹ La Révolution et les pauvresChapitre 174 sur 192 · SEINE-INFÉRIEURE · texte numérisé non relu

SEINE-INFÉRIEURE

Canton du Havre

LIBERTÉ - ÉGALITÉ

Renvoyé au Ministre de l'intérieur.

Signé ; Treilhard.

Havre, 4 messidor an 6® de la République française, une et indivisible.

Ladministration municipale du canton du Havre au Directoire exécutif.

Citoyens directeurs.

Depuis longtems l’hospice civil du Havre souffre, chaque jour ce précieux établissement marche vers sa ruine et malgré le zèle de ses admiuistrateurs, bientôt l’humanité souffrante ne trouvera plus dans cet azile les secours qu’elle a droit d’attendre de votre sollicitude paternelle.

De tout tems cet hospice a servi à recevoir aussi les militaires et les marins, ce qui jusqu’à présent, a évité au Gouvernement les frais d’un établissement particulier.

La principale cause de la détresse de cette maison est le retard qu’elle éprouve dans le recouvrement de ses avances plus de 30.000 francs lui sont dus par le département delà guerre, pour le traitement des militaires qui y ont été reçus ; et pour les obtenir les réclamations réitérées de la Commission, nos pressantes sollicitations, et celles de l’administration centrale, ont été infructueuses.

Cette maison qui n’a que très peu de revenus conservés, et dont les produits casuels sont entièrement taris, s’étoit soutenue, jusqu’alors par son crédit et si les militaires et les marins qui y ont été traittés se sont peu ressentis de sa détresse, c’est que tout a été sacrifié à leurs besoins. Aujourd’hui le dénuement le plus absolu existe dans touttes les parties, tout manque, linge, étoffes, bois, vin, bled, drogues, etc., le crédit est épuisé, et la Commission ne trouve plus qui veuille lui vendre, ou elle surpaie extraordinairement les objets par le retard, ou peut être par le doute du payement qu’éprouve le vendeur.

Que cette situation est affligeante, surtout dans les circonstances actuelles, ou cet hospice peut devenir de plus en plus nécessaire pour secourir nos braves deffenseurs.

Les administrateurs n’ont rien négligé pour être en état de recevoir au besoin plus de 300 malades au delà du nombre ordinaire, mais le local ne suffit pas; il faut des provisions de touttes espèces. Il faut que tout soit préparé affin que les secours soient prompts et efficaces.

Jusqu’alors les malheureux qui remplissent cette maison, ont souffert cruellement, sans se plaindre. Ils ont été soutenus par le zèle et les exhortations de la Commission, mais enfin leurs maux n’aurontils pas un terme; oui. Citoyens directeurs, puisqu’il peut et doit venir de vous, yos cœurs sensibles seront touchés du récit que nous vous en faisons, et nous osons espérer que bientôt ce précieux établissement éprouvera les effets de votre sollicitude, pour le prompt recouvrement de ses avances.

Voici la situation avec le département de la guerre.

Il lui est dû

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