‹ La Révolution et les pauvresChapitre 182 sur 192 · PLUVIOSE AN · texte numérisé non relu

PLUVIOSE AN

Aux Citoyens^ les Citoyens représentans du peuple au Conseil des Cinq-Cents.

Citoyens représentans,

Les employés, infirmiers, infirmières du grand hospice d’humanité à Paris.

Vous représentent qu’il y a dix sept mois aux uns et vingt un mois aux autres qu’ils n’ont reçûe un sol des salaires que leur a promis la Nation, que quoique leurs besoins soient à leur comble, leur zèle pour les malades ne s’est point rallenti et leur exactitude à remplir leurs devoirs a toujours été la même.

Cependant en ne les payant pas depuis vingt et un mois, comment est-il possible qu’ils continuent encore long tems.

Vous avez. Citoyens représentans, décrété les droits d’entrée aux portes de Paris, vous les avez consacrées en partie aux secours des hospices et effectivement des sommes considérables ont été reçues ; mais l’administration a répandu ces sommes sur elle, sur ses commis. Nous ne nous sommes pas ressentis des effets de votre sage décret.

Nos besoins sont au dernier terme, ceux qui nous ont prêté pour subsister jusqu’à présent, veulent être payés, on nous tourmente pour nos loyers, il faut payer les impôts, nos femmes et nos enfans nous demandent du pain, nous sommes presque tous sans vêtements.

Votre sensibilité. Citoyens représentants, nous répond qu’il suffira de vous instruire de notre malheureux état pour que vous veuilliez bien venir à notre secours et nous faire payer les vingt un mois qui nous sont dûs.

Salut et respect.

[Suivent près de 80 signatures.)

DÉNUEMENT ABSOLU DES HOSPICES CIVILS DE BORDEAUX, FRIMAIRE AN 7 (Archives nationales, 426.)

Bordeaux 12 frimaire an 7 de la République française, une et indivisible.

La, Commission administrative des hospices du canton de Bordeaux à l'administration centrale du département de la Gironde.

Citoyens,

Enfin nous espérions toucher au moment de recevoir des secours assés abondants pour effacer au moins pour un tems l’affreux tableau de la situation des hospices de ce canton, nous avions vu avec joye le Gouvernement s’occuper du sort des infortunés que ces aziles renferment, la portion qui leur fut affectée sur la rentrée des impositions somptuaire et mobiliaire, nous faisait croire, qu’avec ce moyen nous pourrions apaiser leurs créanciers et fournir aux pauvres leurs besoins et les secours qui depuis trop longtemps leur sont trop mesurés. La lettre que le Ministre vous a écrit à ce sujet, votre adresse à nos concitoyens, leur empressement à répondre à vos touchantes invitations nous avaient fait espérer que nous pourrions enfin dédommager les pauvres de tant de privations et satisfaire à la juste impatience de nos fournisseurs.

Nous étions dans l’erreur et les fournisseurs ont été encore une fois trompés, nous espérions soulager notre cœur, et ne plus faire gémir le votre sur l’affreuse situation de ces aziles intéressans ; mais notre confiance dans ces secours nous a conduit à la dernière extrémité; en les attendant nous en sommes venus à n’avoir plus un écu dans la caisse du receveur, les fonds qui y étaient sont absorbés, il a été ajouté de grands crédits, nous ne pouvons ni payer, ni faire aucun acbapt, tout à l’heure les malades vont manquer de bouillon et de pain, il est du beaucoup aux marchands de farines et ils ne veulent plus en fournir nous n’avons rien à donner aux bouchers et ils vont cesser la fourniture de la viande.

Veuillés vous pénétrer de cette affreuse position, et fixer vos regards sur les malheurs incalculables et les suites funestes d'un

tlèCES iUStlFICATIVES N“ IL

abandon prochain de ces aziles, vous frémirès et vous vous empresseréz de venir à notre secours, soit avec une portion de ces mêmes impositions qui nous sont affectées, soit avec d’autres moyens, car il est impossible que vous puissiés résister aux cris de tant de malheureux; portés les jusqu’au Ministre, pour qu’il prenne les mesures nécessaires et prompts pour assurer les secours suffisants dont les hospices ne peuvent plus se passer.

Votre humanité ne se démentira pas en cette cruelle circonstance et nous en attendons les heureux effets avec la confiance du besoin absolu. [Suivent les signatures.)

ÉTAT DÉPLORABLE DES ADMINISTRÉS DANS LES HOSPICES DE TOULOUSE (H‘« GARONNE), FRIMAIRE AN 7.

(Archives nationales, 339.)

Page 1