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SECOURS PUBLICS ÉGALITÉ ^ LIBERTÉ — FRATERNITÉ

Toulouse, le 23 frimaire de la 7® année Républicaine.

Les Administrateurs du departement de la Haute-Garonne au Ministre de VIntérieur.

Citoyen Ministre,

D’après l’exposé que nous vous avions fait par notre lettre du 2® brumaire dernier, de l’extreme détresse des hospices civils de la commune de Toulouse, nous attendions chaque jour des fonds qui missent ces établissemems à même d’attendre les heureux effets de la loy du 26 fructidor : lorsque votre lettre du 22 brumaire est venue détruire nos espérances, et plonger dans le découragement la Commission administrative de ces hospices, dès la réception de votre lettre nous nous sommes empressés de lui en faire passer copie, avec injonction d’en remplir incessament les dispositions, il nous fut répondu que vous aviez déjà reçu une partie des états que vous réclamiés dans votre lettre et que la Commission allait s’occuper sans interruption de vous transmettre l’objet de vos demandes ; que neanmoins ce travail compliqué demandait près d’un mois, tandis que les besoins urgens des hospices ne pouvaient s’ajourner. En effet, Citoyen L. Lallemand. — La Révolution et les Pauvres.

PIÈCES JÜStlFICATlVES N* XLl

Ministre, la Commission administrative et deux membres de l’adm”” municipale de la commune de Toulouse, assistes du Commissaire du Directoire près cette administration, sont venus nous trouver ce jourd’huy 23 frimaire pour nous faire part de l’absolu dénuemènt dans lequel se trouvent les dits hospices, il résulte de la vérification la plus exacte que toutes les provisions sont consommées, les magasins à bled et à farine sont vuides, plus de vin, point de l’étoffe, le pauvre est encore convert des habits qu’il portoit dans la saison caniculaire, et encore dix jours, il n’y a plus d’hospices dans cette cité populeuse. Oui, Citoyen Ministre, dans dix jours le malade pauvre qui avait cherché un soulagement dans ces aziles du malheur, ni trouvera plus que la faim et le des-espoir. Dans dix jours le pauvre septuagénaire, cassé d’infirmités, par les travaux de l’agriculture, sera forcé de quitter ces maisons, ou il devait jouir de la bienfaisance nationale, pour aller solliciter une insultante pitié, ou succomber peut être sous le poids de l’infortune et du besoin. Quel tableau déchirant! qu’il affecte nos cœurs ! au nom de l’humanité, Citoyen Ministre, sauvés nous de l’horreur de voir ces infortunés expirer sous nos yeux, prenés la détresse de ces importants hospices en considération, et accordés leur un secours suffisant pour les mettre à même d’attendre le résultat des bienfaits de la législature et du gouvernement.

Nous vous assurons de notre coté que nous ne cesserons de stimuler le zèle de la Commission administrative desdits hospices pour quelle vous adresse incessament tous les états que vous réclamés .par votre susd‘® lettre. Nous ne perdons pas un instant pour faire executer les dispositions de vos circulaires du l®*' et 5 vénd’^® d’^.

{Suivent les signatures.)

LES ORPHELINS DE LA PATRIE DANS LE CANTAL,NIVOSE AN 7 (Archives nationales, F'®, 336). .

Aurillac, le 1®'' nivôse an 7 Républicain.

La Commission administrative de l'hospice d’Aurillac département du Cantal.

Au Citoyen Ministre de l’Intérieur,

Si les secours que depuis longtems réclame l’hospice d’Aurillac pour les enfants abandonnés, eussent été aussy prompts, que sont urgents

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les besoins qui l’obsedent, si les nourrices étaient payées de leurs salaires considérablement arriérés» la Cômmission n’auroit pas la douleur de vous retracer les maux affreux qu’occasionnent ce manque de payement et dont ces enfants de la patrie sont les tristes victimes. Ces êtres infortunés à qui la misere, le libertinage et souvent le préjugé barbare font refuser le sein maternel, ne sont-ils donc recueillis dans les hospices que pour y trouver une mort anticipée. A quoy servent ces établissements de bienfaisance et de charité dont des loix sans nombre recommandent la surveillance et l’entretien, si par le fait ils sont dépourvus de tout. Celui d’Aurillac est dans cette cruelle position, dépouillé depuis cinq ans de près de 300.000 liv. de capitaux dont le trésor public s’est emparé, il ne peut fournir le plus stricte nécessaire aux malheureux de tout âge, et de tout sexe qu’il renferme. Sur les revenus de ces Capitaux l’hospice trouvait de quoy faire les avances des mois de nourrice en attendant les secours que le Gouvernement a contracté l’obligation inviolable de leur fournir mais privé de ce secours et de ses capitaux l’hospice se voit réduit à la plus cruelle détresse, les nourrices n’étant point payées rendent les enfants, d’autres par le même motif refusent de s’en charger et forcer de rester dans l’hospice, ces infortunés nourris autant qu’on le peut de lait de chevre ou de vache périssent pour la pluspart au bout de trois ou quatre jours. Faites cesser ces malheurs. Citoyen Ministre ; des fonds nouveaux sont mis à votre disposition par la loy du 26 fructidor an six; par cette loy la moitié des sommes recouyrées des impositions mobiliaire, et personnelle doit uniquement et exclusivement être employée à la dépense des hospices, et des enfants de la patrie outre et nonobstant les secours qui doivent être fournis aux hospices dans les distributions décadoires pour assurer leur service courant. Nous réclamons avec la plus vive instance pressés par le plus urgent besoin l’exécution de cette loy salutaire, vous verrés par le certificat cy joint délivré par le Receveur Général des impositions que depuis la publication de la loy il a été versé à la caisse du payeur général une somme de 41.340 liv. 4 s. 3 d., sur laquelle il vous sera aisé de nous faire donner un a compte en déduction du montant des trimestres arriérés qui se portent à une somme de 86.150 liv. 7 s. 9 d. distraction faitte de légers et trop tardifs payements qui ont été faits, nous vous supplions, Citoyen Ministre, au nom des sentiments les plus sacrés de l’humanité et de la bienfaisance de prendre en haute considération notre plaintive et juste réclamation, vous savés connâitre les ravages affreux qu’entraînent ces retards de payements, c’est assés vous dire, combien il est important d’en arrêter

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le cours, et déjà nous voyons votre sensibilité s’intéresser non seulement en faveur de ces infortunés que la patrie adopte, mais encore en faveur de ces femmes indigentes et vertueuses qui condamnées par la misere à vendre les droits de la maternité, doivent bien recueillir le prix de leurs soins et les modiques salaires qui leur sont promis.

Salut et respect.

La Commission administrative de l’hospice d’Aurillac.

[Suivent les signatures.)

SITUATION DES ENFANTS DE LA PATRIE DANS LE DÉP‘ DU DOUBS, FLORÉAL AN 7 (Archives nationales, F^®, 431).

Besançon 11 floréal an 7.

Les Président et membres de la Commission administrative des hospices civils de Besançon au Citoyen Ministre de l'Intérieur.

Citoyen Ministre,

C’est avec l’accent de la douleur la plus profonde, que nous venons déposer dans votre sein paternel la position malheureuse des enfans de la patrie ; 472 de ces infortunés placés à la campagne, les uns à 6 fr. les autres à 4 fr. 50, ou à 3 fr. par mois, vont sous peu de jours être rapportés dans notre hospice et privés de leur première nourriture, faute d’argent pour payer 8.000 fr. dus aux nourrices. Jusqu’à ce moment nous avons lutté avec la misère, en faisant regner la plus sévère économie, en prenant de légers acomptes que nous avons déjà donnés, sur les rentaires des fermiers, sur les locataires de nos maisons et sur une foule d’objets inutils. Mais aujourd’hui, ces ressources sont les unes épuisées d’autres nous sont interdites, à raison des saisies de de nos nombreux créanciers, dont le dû arriéré, se porte à quarante cinq mille francs ; enfin celles qui nous restent sur les biens des émigrés sont nulles, les domaines nationaux ne payant point ces sortes de créances.

Vous nous avez annoncé un crédit de 12.000 fr. par votre lettre du 12 nivôse. Vainement nous nous sommes présentés au Payeur général, il n’a aucun ordre de la Trésorerie pour nous payer même une partie

de cétte somme. Eh que vont devenir ces infortunés si le Gouvernement les abandonne ! Ecoutez les cris de douleur de ces innocents, ils sont l’espoir de la patrie et une portion intéressante de la génération future. Votre cœur, Citoyen Ministre, ne sera pas insensible à cette extrême indigence. — En invitant la trésorerie à nous payer incessamment au moins 6.000 fr., vous remplirez un devoir sacré aux yeux de l’humanité et de la justice.

Salut et respect.

[Suivent lès signatures.)

SITUATION DES HOSPICES CIVILS DE MONS (DÉP‘ DE JEMMAPES) PRAIRIAL AN 7 (Archives nationales, 341).

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