CHAPITRE II
de remplir sa mission en faveur des pauvres et des malades ; la Cégislative sur le point de se séparer ajourne la question ; la parole est maintenant à la Convention.
Cette Assemblée reprend l’œuvre inachevée ; le 20 octobre 1792, décret sur la formation des comités ; un Comité des secours publics, composé de 24 membres, est institué [Décrets^ p. 42). Le 13 octobre, 300.000 liv. sont mises à la disposition du Ministre de l’Intérieur pour être distribuées en secours aux personnes qui, se trouvant dans l’indigence, ont éprouvé des pertes par suite de l’intempérie des saisons [Décrets, p. 78).
Des sommes importantes (1.500.000 liv. et 4.000.000 liv.) sont peu après allouées au même Ministre en vue de pourvoir au service des enfants trouvés et des hôpitaux [Décrets, 9 janvier et 3 février 1793, p. 48 et 155).
, Le 6 février, à la suite de nouvelles réclamations formulées par les départements, l’Assemblée décide, après un discours de Lesage, qu’elle s’occupera le vendredi de chaque semaine de l’organisation des secours publics, et vote 6.000.000 liv. à répartir entre les 85 départements « pour être employés en travaux publics reconnus les plus utiles par les corps administratifs' ».
Le 19 mars, paraît un décret posant les bases de l’organisation générale des secours [Décrets, p. 444 ; Moniteur du 21 mars, XV, p. 748) ; en voici le résumé : Le droit à l’assistance est consacré par la déclaration suivante ; « Tout homme a droit à sa subsistance par le travail, s’il est valide ; par des secours gratuits, s’il est hors de travailler. Le soin de pourvoir à la subsistance du pauvre est une dette nationale. »
Comme conséquence de ces principes il sera attribué une somme annuelle à chaque département pour être employée en secours (art. 1, II, III, IV). « Au moyen de ce que l’assistance du pauvre est une dette nationale, les biens des hôpitaux, fon-
7. « Vous ne pouvez, disait le député Lesage, rester plus longtemps indifférents sur la triste situation des pauvres ; vous occuper de leur sort est un devoir, et le décret que vous avez rendu est la meilleure réponse que vous puissiez faire aux déclamations de l'aristocratie et du fanatisme qui ne manquent pas de chercher à aigrir les indigents, en leur représentant que tous les fonds qui leur étaient destinés se dispersent sans qu’on songe à les remplacer.. »