‹ La Révolution et les pauvresChapitre 32 sur 192 · SECONDE PARTIE · texte numérisé non relu

SECONDE PARTIE

LA SPOLIATION

[Messidor an 2 — Vendémiaire an 5.)

Lorsque, le 31 janvier 1791, Larochefoucauld-Liancourt réclame, au nom du Comité de mendicité, l’aliénation des biens des hôpitaux en vue de l’intérêt des malheureux, il y a une autre considération d’ordre purement politique que le noble utopiste se borne à indiquer à l’Assemblée Constituante, abandonnant à d’autres le soin de la développer : « Nous laissons, dit-il, à votre commission de constitution à vous démontrer comment cette mesure tient au système général de la Constitution ; comment l’aliénation des biens ecclésiastiques ne serait qu’un ouvrage imparfait, si vous laissiez encore propriétaires des corps de mainmorte, et comment enfin les grands biens du clergé ayant eu une origine semblable à celle qui pourrait se retrouver dans la propriété des hôpitaux vous devez éteindre jusqu’au moindre germe de la possibilité de ce retour » [Moniteur^ 1®'“ février 1791, VII, p. 270).

Considérations indignes d’un esprit aussi éclairé que celui du duc de Liancourt; mais n’est-il pas toujours vrai qu’une iniquité en appelle fatalement une autre : abyssus abyssum invocat.

A peine ce discours, développement du rapport dont nous avons déjà parlé, est-il connu qu’il devient l’objet des plus

Page 1