LIVRE I. •“ CHAPITRE III
vives réclamations. Les administrateurs des hospices de Besançon adressent à la Constituante un mémoire ' renfermant des aperçus dont les événements se sont chargés de prouver l’extrême justesse. « .A la vérité, écrivent les administrateurs,
il entre dans le plan d’aliénation « celui de réunir en une « masse commune^ dans les mains de la Nation, tous les revenus « des divers hôpitaux du Royaume, pour être par elle répandus,
« où les besoins les appelleront et dans les proportions qu'ils exi- « geront ». Système qui dans la théorie ne peut que paraître vaste et magnifique ; mais malgré sa beauté, il ne peut que donner des inquiétudes sur son exécution et sur l’avenir. En effet, les biens étant vendus aux créanciers de l'État, le prix à en provenir ne peut pas être placé, au profit des hôpitaux ; tout ce qu’ils ont à espérer de mieux c’est de devenir créanciers de
l’État.Mais en ce cas, si l’État, après la vente des biens du
clergé et de ceux appartenans aux hôpitaux, aux maisons de charité, aux aumônes dottées ou fondées, se trouve n’être pas au pair entre la recette et la dépense ; si comme il est possible, une guerre de terre ou de mer, met l’État dans le cas d’aggraver ses dettes et d’épuiser ses ressources ; si des ministres et autres gens de cour délapident les finances ; si jamais les fonds destinés aux diverses dépenses ordinaires, s’épuisent sans y satisfaire, comme il n’est que trop souvent arrivé, que deviendront les hôpitaux bourgeois et autres établissemens de charité ? Seront-ils secourus en ordre privilégié et avec la. même exactitude que les hôpitaux militaires qu’on cite pour exemple ^ ? 11 n’est pas possible que les administrateurs remplis de la sollicitude dont ils doivent être pénétrés, puissent s’en flatter ; et sfil
faut le dire, avec la franchise que l’on doit à des législateurs.
les sousignés sont fort éloignés de croire que le nouvel ordre de chose proposé par le Comité soit de nature à mettre les hôpi-