CHAPITRE I
milieu des plus terribles bouleversements, accomplissent silencieusement, modestement leur mission sacrée ^8,
Ces sacrifices sont respectés ; ceux qui persécutent le prêtre dont l’enseignement s’adresse à l’âme laissent le plus souvent en paix l’homme habile à soigner les corps. Il arrive cependant parfois qu’un médecin est incarcéré comme suspect. Alors qu’une épidémie éclate, qu’un cas grave se présente, on n’hésite pas à tirer, sous bonne escorte, l’inculpé de sa prison, quitte à l’y réintégrer ensuite ^9.
Nous ne pouvons mieux terminer ce rapide exposé qu’en reproduisant in extenso la lettre par laquelle Bichat, déjà, célèbre, demande une place de surnuméraire à l’Hôtel-Dieu de Paris ^ (Arcb. nat., 389), et dont les derniers mots résument parfaitement les fonctions d’un médecin d’hôpital :
« Au citoyen Ministre de l’Intérieur. Citoyen, Le cit. Xav. Bichat vous expose qu’il désire obtenir au grand hospice d’humanité, une place de médecin surnuméraire vaccante depuis la
38. Les individus contenus dans l’hospice de Cadillac « n’ont existé jusqu’à ce jour, écrivent le 20 messidor an 5 les membres de l’administration municipale, que par la sévère économie du citoyen Thierry officier de santé et thrésorier de l’hospice, économie, qui d’après les comptes qu’il produit pour le trimestre dernier est tellement frapente que quoi qu’il la démontre elle parait incroyable » (A. N., FIS, 283).
39. « Au mois de janvier 1794, une épidémie paraissant jusqu’alors inconnue se déclara dans l’hôtel-dieu du Havre et y fit de nombreuses victimes, surtout parmi les soldats. Les administrateurs étaient fort embarrassés puisque M. Lelièvre-Dezalles le médecin qui aurait pu les éclairer par sa science et son expérience avait été incarcéré. Le citoyen Delabarre, commissaire des guerres
les invita à convoquer immédiatement un conseil de santé.M. Lelièvre-Dezalles
ne put venir à ce conseil qu’escorté d’un gendarme national et en vertu d’un arrêté signé par le représentant Siblot » (Martin, Histoire de L'hôpital général du Havre, ^-8», 1879, p. 120-121).
40. Paris, 18 nivôse an 9, le Ministre (Chaptal) au citoyen Fi’ochot, Préfet du département de la Seine : « Le C'“ Bichat, un des hommes les plus distingués en médecine désire une place de médecin expectant à l’hospice d’humanité. Je verrois, citoyen Préfet, avec bien de la satisfaction un citoyen aussi recommandable attaché aux hôpitaux de cette ville. 11 y seroit d’une grande utilité. J’attache beaucoup d’importance au succès de sa demande. Je vous invite à faire ce qui dépendra de vous à cet égard et à vouloir bien m’instruire de votre détermination ».
Au nom de ses confrères. Le Preux, médecin du grand hospice d’humanité, appuie également la demande de Bichat.
LE PERSONNEL ADMINISTRATIF
mort du cit, Majault par la promotion du premier expectant et par celle du médecin surnumaire^i.
Voici le précis de l’éducation médicale de l’exposant :
1° 11 a commencé par l’étude de la chirurgie sous Desault dont il a été l’élève particulier et qui l’avoit chargé de publier ses découvertes, ce qu il a fait après sa mort, dans un traité des maladies urinaires et dans les œuvres chirurgicales qu’il a mis au jour. 11 a pendant trois ans, enseigné les opérations.
2° Livré ensuite spécialement à la médecine, il a en meme temps cultivé l’anatomie qu’il professe depuis quatre ans et sur laquelle il a donné divers mémoires et un traité ex professe des membranes.
3° En même temps la phisiologie l’a occupé. Depuis trois ans il enseigne cette science en même temps que l’anatomie, et il y a fait diverses expériences publiées dans quelques mémoires, et surtout dans un traité sur la vie et sur la mort.
4° Au milieu de ces recherches la médecine a toujours été son but spécial, mais il n’a rien publié sur les maladies, persuadé qu’à une longue expérience appartient seulement le droit d en traiter.
11 réclame auprès de vous, citoyen Ministre, les moyens de se perfectioner sur les maladies, dans une place à laquelle aucun traitement n’est attaché, qui n’est nullement à charge au gouvernement et qui n’impose que des devoirs ».
Salut et respect.
Xav. Bien AT.