Ch. Saurai, op. cit., t. II, lib. II, chap. in, p
LES SERVANTES DES PAUVRES
Le Ministre de l’Intérieur, consulté, répond (12 brumaire an 6) :
.De ce que l’on doit considérer (ces personnes) comme ex-
Religieuses il ne s’ensuit pas qu’elles doivent être jugées inhabiles à remplir les fonctions dans les hospices. La loi n’a pas prononcé contre elles une telle proscription ; elle les oblige seulement à la prestation du serment d’obéissance aux lois de la République et cette condition remplie elles rentrent dans la classe des autres citoyens et pour leur confier une fonction quelconque, ce n’est plus ce qu’elles ont été autrefois qu’il faut examiner mais bien leur aptitude et leur moralité » (Arch. nat., 320).
Ce maintien du serment entrave le retour des ho.spitalières ; on rencontre aussi parfois de nouvelles menaces d’expulsion. A Vilaine (Mayenne), les sœurs de l’hôpital se plaignent de ce que la municipalité veut les chasser; elles ajoutent que le citoyen Laigneau, commissaire du pouvoir exécutif, « les traite de bougresses et de saloppes ; nous nous sommes jamais permits que des l'eprésentations respectueuses à son égard, notre conscience et notre triste position nous obligent au sacriffice tranquille de ses duretés... »
Le Ministre, en écrivant à l’administration du département (le 17 vendémiaire an 7), hésite à soutenir ouvertement les sœurs, il plaide les circonstances atténuantes : « Le grand âge des citoyennes, dont il. s’agit, semble pouvoir intéresser en leur faveur. Mais il ne faut pas qu’elles puissent exercer dans la commune qu’elles habitent une influence dangereuse ; et vous voudrez bien vous empresser de faire, dans cette circonstance tout ce qu’exigent les intérêts de la République » (Arch. nat., 346).
A la même époque, on signale également des vexations mesquines à Troyes où les religieuses sont maintenues (Babeau, Hist. de la Révolution à Troyes^ t. II, chap. xli, p. 451-452). Ce n’est qu’une bourrasque ; les événements se précipitent ; prairial précède brumaire; les sœurs, soutenues par les bons citoyens, ne tardent pas à reparaître au chevet des malades revêtues des costumes autrefois proscrits p. 527).
Les filles de Saint-Joseph, sauvées grâce à l’énergie des marins de Lorient, reviennent à Beaufort-en-Vallée sans condition de serment (24 floréal an 8. Denais, p. 143-144).
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