LIVRE II. - CHAPITRE II
que quelques individus qui vieillissent et nous font craindre l’anéantissement d’une institution dont s’honore l’humanité..!..
« Arrête art. La citoyenne Deleau, ci-devant supérieure des filles de la charité, est autorisée à former des élèves pour le service des hospices..... »
Suivent : l’arrêté du 29 germinal an 9 sur la participation des sœurs au service des bureaux de bienfaisance et la circulaire du 30 messidor an 10 concernant le rappel des religieuses dans les hôpitaux 62.
Par cette circulaire le Ministre donne avis de l’augmentation accordée pour prix de journée des militaires dans les hôpitaux civils et il continue ainsi : « Le directeur de l’administration de la guerre ne m’a pas dissimulé que des reproches avaient été faits sur la mauvaise tenue des salles de quelques établissements, sur la mauvaise qualité des alimens, sur l’inexactitude dans l’exercice des fonctions hospitalières ; on s’est plaint surtout que l’ordre, les mœurs, la douceur et l’humanité, qui présidaient jadis à ces fonctions n’existaient plus dans plusieurs hospices.
« Vous recommanderez donc aux administrateurs de prendre des mesures pour leur éviter de semblables reproches. Le rappel des femmes vouées autrefois par état, par esprit de charité au service des pauvres et des malades a détruit dans plusieurs hospices les abus qui s’y faisaient apercevoir, mais il en est beaucoup où leur assemblage avec d’autres femmes donne lieu à des tiraillemens dans le service, qui se fait sans accord et sans harmonie.
« Il faut faire cesser cet état de choses, il nuit au bien être des malades, et cette considération suffit pour faire à leur égard ce qu’exige l’humanité. Aussi en rappelant les anciennes hospitalières aux fonctions qu’elles remplissaient avec tant d’avantages, la mesure doit être entière... »
Enfin, le 24 vendémiaire an 11, les Consuls, comme nous l’avons dit, autorisent les sœurs de charité à se consacrer au
62. Recueil de lettres, circulaires, etc., émanant du Ministre de l’Intérieur in-4» imp. nat., an 13, p. 191. Cette circulaire n’a pas été réimprimée dans les éditions ultérieures.
LES SERVANTES DES PAUVRES
soulagement des malades, à l’instruction des pauvres filles, et à revêtir leur costume. Cet arrêté est précédé d’un rapport du 9 fructidor an 10, dont les derniers mots formeront la conclusion naturelle de ce chapitre : « ...L’expérience a prouvé, dit Portalis (Arch. nat., A F-, carton 73, plaquette 421), que ces sœurs ont constamment opéré le bien de l’humanité souffrante, dès que l’on s’est occupé des hospices, on a eu recours à leur piété et à leur zèle, leur établissement est national; il est né en France, il est le fruit de la Religion de nos pères ; on en est redevable à un fondateur à la fois religieux et philosophe qui a mérité d’être placé au premier rang des bienfaiteurs de l’humanité ».