LIVRE II. - CHAPITRE III
également compliquées ; le Ministre déclai'e, avec juste raison d’ailleurs, « que ce seroit favoriser le désordre que de continuer à envoyer des fonds dont on ne fait point connaître l’emploi » [Lettre aux administrateurs de Castelnaudary^ 27 pluviôse an 5. Arch. nat., 279). Une nouvelle comptabilité s’organise, on veut séparer « les dépenses arriérées des dépenses courantes » [Lettre ministérielle^ Cher, 29 brumaire an 5. Arch. nat.,
281). Dans la pratique, l’État paye peu les dépenses de la seconde catégorie, pas du tout celles de la première, et c’est un acheminement vers la consolidation en titres de rentes de tout l’arriéré.
A la suite de ces formalités sans nombre, de ces retards constants, il est naturel de voir les administrations hospitalières accabler le Ministre de récriminations et de plaintes. En voici quelques échos :
Douai (14 ventôse an S). « Si la République se refuse à proportionner les fonds qu’elle nous envoie au prix actuel des subsistances et des denrées de toute espèce il faut que notre hôpital croule et que nous ouvrions les portes ». Les administrateurs du département du Cher (IS messidor an S. Arch. nat., F^^, 281): « La commission hospitalière de Bourges vient de nous présenter un mémoire par lequel elle nous demande un prompt secours en grains pour faire cesser la triste situation des hospices qui est telle que si l’on ne se hâte de venir à leur aide sous quinze, jours ils manqueront de subsistance ».
Tarbes (27 messidor an 5. Arch. nat., F^^^ 320). « La loi de
25. 6 germinal an 5. Lettre du Ministre de ^Intérieur à la Commission de l’hospice de Gannat (A. N., Fi», 277). Pièces à fournir: « 1« un état détaillé et revêtu des formalités requises tant des revenus dont jouissoit l’hospice avant la Révolution, que de ceux que lui a fait recouvrer la loi du 2 brumaire ; 2» un état nominatif et par trimestre des indigens seulement qui ont été à sa charge depuis le
messidor an 4. Cet état ne doit point faire mention des militaires et prisonniers de guerres, dont la dépense regarde uniquement le Ministre de la guerre et doit être acquittée sur ses ordonnances. Il ne peut également comprendre les enfans abandonnés placés en nourrices, les frais qui les concernent seront payés sur les états particuliers qui me seront adressés tous les trois mois et formés d’après les dispositions de l’arrêté du Directoire exécutif du 25 messidor et du règlement qui y est joint; 3“ les comptes également par trimestres les dépenses relatives auxindigens de l’intérieur seulement depuis le 1®' messidor an 4... »
LA FORTUNE HOSPITALIERE
vendémiaire n’est pas exécutée : « je n'ai ni autorisation de la trésorerie nationale, ni fonds, répond à toutes les demandes le payeur général ».
Metz (25 brumaire an 6. Arcli. nat., 319). « L’hôpital sans bien comme sans revenu n’auroit pu jusqu’à présent préserver de la faim et de la mort les nombreux habitans qui y ont trouvé azile si la charité des citoyens de la ville n’avoit prolongé leurs jours par le produit d’une quête dont ils ont vécu, mais malheureusement les dons sont épuisés, la faculté d’en faire l’est aussi et quel sera le résultat d’un pareil état de chose ; on s’efforce en vain de s’étourdir sur' cette vérité pénible mais les pauvres vont périr si le gouvernement ne vient à leur secours, s’il n’y vient d’une manière prompte et complette.».
Lyon (28 brumaire an 6. Arch. nat., 321), les créanciers menacent tous les jours ainsi que les rentiers viagers, les fournisseurs et les nourriciers.
Le 28 prairial an 6 (Arch. nat., F^^, 314), les administrateurs demandent des grains en faveur de l’hospice d’Aire (Landes) :
« Considérant que d’après les états fournis par le garde magasin il reste 579 q’^ de grains de seigle, maïs et froment et que ce grain est exposé à la détérioration, tandis que son entretien et l'emuage fait des frais jommellement à la République... »
A Morlaix (23 fructidor an 6. Arch. nat., F^^, 339), on se plaint de la non-exécution de la loi de vendémiaire : « pas un soudes équivalents - de revenu, qu’aux termes de Fart. 10 on devait recevoir jusqu’au remboui'sement des biens n’a pu être
obtenu.Le remplacement que l’administration centrale a mis
en mesure de s’oppérer ne s’effectue pas plus ».
Toulouse (2 brumaire an 7. Arch. nat., F*3^ 339). « La législature touchée de l’affreuse misère qui règne dans les hospices vient de rendre une loi solemnelle pour les faire payer d’une partie de ce qui leur est dû ; mais en attendant ce payement lointain, .nos hospices qui sont dans la plus grande détresse- seront devenus le tombeau des malheureux qu’ils renferment ».
Vire (18 ventôse an 7. Arch. nat., F^^^ 354). « Nous sommes aux abois, écrit la Commission, il y a deux jours nous étions sans pain, sans bled, sans argent et si nous n’avions pas reçu un