LES PERTES DÉFINITIVES
Ces créations d’octrois, ces attributions de capitaux de rentes, ces remplacements partiels de biens aliénés ne ramènent pas de suite une situation prospère, les hospices subissent encore le contre-coup des mesures révolutionnaires. Cependant, dans l’ensemble, une amélioration notable doit être constatée à partir de l’an 9. La réorganisation des pouvoirs publics, l’apaisement des luttes intestines, la confiance renaissante, tout contribue à modifier d’une manière avantageuse l’état antérieur, et le rédacteur de la statistique du département de la Majenne (in-8°, t. I, an 12) peut écrire (p. 842) ; « Tel est le tableau fidèle de la situation de nos hospices, et si en le traçant on a été obligé de réveiller de pénibles souvenirs, il est en même temps consolant de penser qpie ces établissements de bienfaisance sont constamment l’objet de la sollicitude du gouvernement et que leurs longs malheurs vont finir. Déjà la perception de l'octroi a amélioré le sort de plusieurs d'entre eux et celui de tous va être invariablement assuré par le reniplacement en biens nationaux
32. Il suffira de citer entre cent autres la correspondance échangée avec le département de la Charente (pluviôse-germinal an 8. A. N., Fi", 372) ; « Depuis longtems, disent les administrateurs du département, nous appelons la sollicitude du Gouvernement sur la situation allarmante à laquelle se trouvent réduits tous les hospices de notre ressort, particulièrement ceux de la commune d’Angoulême ; accablés de dettes, dénués de toutes ressources en subsistances, linges et médicamens, nous les voyons au dernier terme de leur existence... La commission administrative des hospices de notre chef-lieu vient d’arrêter le renvoi de tous les indigens valides à qui il reste assez de forces pour aller chercher leur pain, cette mesure quelque rigoureuse et affligeante qu’elle soit, est devenue indispensable pour ménager, s’il se peut, aux malheureux infirmes et grabataires quelques secours en attendant ceux que l’état ne peut différer plus longtemps de leur donner... » Le Ministre blâme la mesure prise « dont les résultats pouvaient être aussi affigeans pour l’humanité que dangereux pour l’ordre public » et invite le Préfet à 'aire établir « un octroi dans la commune d’Angoulême et à en proportionner le tarif aux besoins de l’hospice afin que l’humanité flétrie par la misère et les infirmités puisse y trouver un asile assuré »,