‹ La révolution françaiseChapitre 10 sur 24 · La Riwtlutiim, l. I, liy. Il, p · texte numérisé non relu

La Riwtlutiim, l. I, liy. Il, p

. française, dans ses lendancea profondes, esseatielles, ne c«Bsa jamais d'être paciGqae, nulle' . -neiit portée aux conqaâtes. Elle voulait pour 1- elle la liberté, llndé^ndance, rien de ptns. Bien qu'émettant des principes unirerBels en politique, elle entendait s'organiser et se développer sans opprimer les autres nations.

Sans doute la Convention déclara la guerre à la seconde coalition, comme Louis XVI, ou l'Assemblée législative, à la première alliance des rois; mais, daas les deux cas, c'était bien réellement prendre l'initiative d'uua guerre de stricte défeûse, contre des ennemis depuis longtemps conjurés et prêta à fondre BurlaFrance pours'ea partager les lambeaux.

Ainsi attaquée, la Révolution fut bien obligée de se défendre.

Comment?

En continuant, au fond, et sauf des modifications inévitables, la politique- extérieure de Richelieu et de Henri IV.

De plus, elle se soutint en massant toute la nation, surtout le paysannat, pour la défense de l'Etal.

Ayantà sa tête la bourgeoisiedu XTiii*8iècIe, ce paysannat forma une armée incomparable, qui triompha de l'Europe coalisée, en même

temps qu'elle sortit l'art militaire lui-même de la rontine de l'ancien régime. Maisloajourg animées par le secrelinaliiict delà grande transformQtioo qu'elles deTaient accomplir en Bubstituant les idées réelles, la science, à la théologie, et le travail à la guerre, l'activité A-atemelle et pacifique des peuples à l'action antagoniste et toute militaire des rois, nos trois grandes assemblées, CoQstituanEe, LégisIatÎTe et Convention, proclamèrent, en principe, et appliquèrent constamment, en fait , que la France n'entendait point se livrer à des conquêtes ni à des agressions contre ses voisins, mais qu'elle voulait spuif ment se maintenir à leur égard en étal de li'gitime défense.

Ce point essentiel dogmatiquement établi par l'auteur du Système de philosophie positive, a été mis hors de conteste, historiquement, dans un livre remarquable qui méritera toujours de fixer l'attention des esprits sérieux, l'Histoire du droit de guerre et de paix, de 1789 à 1815, par M. Marc Dufraisse.

La guerre de propagande, ou plutôt la propagande armée, conception de l'extrême démocratie représentée par l'héberlisme, lancée un moment sur le terrain de la pratique politique par suite de l'initiative enthousiaste

d'un homme étranger à la France, le baron de Cloots, ne fut bien réellement qu'un entraînement de courte durée (d'ailleurs fort légitime au point de vue des représailles), aoqud ne participèrent lougtemps ni la Convention nationale, ni Je comilé de Salut public, seuls représenlants réels de la France à ce moment.

Les deux principes essentiels du Sans- Cuhtlisme, ou de la politique de la Commune de Paris après le 31 mai 1793, étaient: !■ la « mutticipalisation de la France départementaliséen, puis de l'Europe, et du monde entier, avec prépondérance absoiue de la commune et annulation de l'État; 2' la guerre de propagande, ou la propagande armée, ayant pour but immédiat l'extension de la France jusqu'au Rbin, par conquête, et l'établissement ultérieur, de gré ou de force, de la république une et umverselle. »

Il est aisé de comprendre combien la seconde partie de ce programme était en contradiction avec les tendances les plus fondamentales ds la Hévolution française, arec ses aspirations libérales et pacifiques, avec le respect des peuples, en même temps que la première partie elle-même se trouvait être en oppoBitioa absolue avec la concentration gou-

Ternementale qu'exigeait une telle opération militaire, et avec l'état de divleioa et d'acharnemeol actuel des partis en France. Ceci juge en principe le système des Municipaux parisiens, condamné d'autre part par les laits, c'est-à-dire par les élections qui suivirent celles de 1792, et par le résultat final des guerres de la République et de l'Empire.

Syslème é'aillenrs infiniment plus rapproché qu'on n'a coutume de le penser de celui des Girondins, quant à la politique intérieure et même extérieure; car les Hébertistes voolaient, comme ces derniers, et comme les Constituants, l'autonomie communale. (J'eût été défaire le grand travail de 93, la dictature du Comité du Salut public I Et une pareille erreur, à un tel moment, était un manquement terrible, une redoutable hérésie contre

'la patrie et contre le salut national

S'il y avait antipathie, déjà, au point de vue des personnes, entre les Dantonistes et les Hébertistes, ils étaient donc encore plus séparés par leurs tendances politiques réciproques : les derniers prétendant à l'autocratie de la commune, au risque de faire bieatât renverser la 'République par les électenrs monarchistes, et à la propagande armée,

— 103 ~ dOBsent-ile faire manger la France par VEnrope ! — Tandis que les premiers foulaient la commune subordonnée à l'État républicain, et la ^erre défensiTe seulement.

Dn kit caractérise cet antagonisme : c'est que les Hétiertistes dénoncéreut an club des Cordelière, comme une trahison, llostitalioa de ce Gouvernement révolutionnaire qui fit en 1793 le salut de la France.

D'autre part, la' politique du Comité de Salut public ne différait pas elle-même, en principe, de celle de Danton : c'était bien aussi, i l'intërieur, le maintien de la République une et indivisible, par t'actiou centrale de Paris, par un gouTcmement capable de se faire obéir et de surmonter les résistances monarcbisles ou aaarcbistesj k l'exlérienr, la guerre défensive, ayant pour but d'imposer la reconnaissance réelle de la République aux puissances coalisées.

Ici donc, l'bDmme d'Etat de 93 et le Comité ne différaient que par les hommes on par les compétitions de personnes, et par les allures et les procédés pratiques, du moins jusqu'au temps où Robespierre eut complètement prévalu et établi, après l'aasassioat de Danton, le gouvernassent moral, c'est-à-dire son

com taoé part rimi plue de défe P( com

pins

jusq ineo avai

occanoDB, ce fut encore DântOD qui donna le signal dn relour aux saines idées.

Dès le mois d'arril 1793 on le vit, instruit sans donle par l'expérience qu'il venait de faire en Belgique, combattre le cosmopolitisme à la Convention, et, dans une aliocotioa du EEUB à la foîB le plus An et le plus profond, esquisser en quelques mots le programme de politique eilérieure, toute de liberté et de paix, qui convient aux nations modernes.

• ... 11 est temps, citoyens, dît-il. que la Convention nationule fasse connaître à l'Europe qu'elle sait ni lier la politique aux vertus républicaines. Vnis avez rfudu, dans un moment d'enthousiasme, un décret dont le motif était beau fnns doute, puisque vous TOUS obligiez de donn"r protection aux peuples qui voudraient ré-isier à l'oppression de leurs tyrans (1). Ce décret eenibleratt vousen^gerà secourir quelques patriotes qui voudraient faire une révolution en Cbine. IJ faut, avant tout, songer à la conservation de nofre corps politique, et fonder la grandeur française. Que

1. Dâerei du 19 novembre 179!, par lequel la ConvenlioD s'engageait h accorder frateraité «I leeourt à louB les peuples qui voudraieut recouvrer leur libarlé. — R,

la Bépnblique s'affermiese, et la France, par

ses lumières et son éner§ie fera attraction sur tous les peuples.... Décrétons que nous ne nous mêlerons pas de ce qui se passe chet nos voisins; mais décrétons aussi que la République vivra.... » — (Séance du 13 avril 1793.)

Plus tard, à propos d'une motion du Comité de Salut public, il di.=ait encore :

t 11 (le comité) n'a pas assez considéré que le peuple français ne peut jamais faire de guerre offensive....

• Une guerre offensive serait celle où, sans aucune provocation, nous combinerions des attaques inopinées et injustes, dans des vues d'agrandissement de notre territoire. Le Corps législatif ne serait jamais secondé dans une telle entreprise. Sans doute, si des puissances ennemies nous ont suscité une guerre injuste, si elles noua ont entraînés à des dépenses énormes, nous pourrons séquestrer momentanément une portion de leur territoire pour nous indemniser ; mais c'est encore au Corps législatif à veiller à cet égard aux intérêts de la nation... » — (Convention nationale, séance du 15 juin 1793.)

Dans '" ■mimo lomna un mamhpa imnnrl-iTit

du gro

dJBait à l'Assemblée, dans son rapport sur la

réorgaaisatioa de l'armée: a Le système

défensir, quand il n'entraîne aucun danger, est celui d'une nation juste. Elle n'agit ofTensilement que pour préTenir l'invasion de son propre territoire; et lorsqu'elle est forcée de sortir à& ses foyers et de détrôner les lyraca, ce n'est que pour rendre les peuples a la liberté, etrentrer ensuite dans ses limites comme un fleuve qui se resserre dans soa lit après avoir fertilisé les campagnes qai l'environnent (1) >.

Outre l'exaltation du moment, cette grave erreur de la propagande armée fat certainement amenée par l'infatualion fôcbeuse qui faisait croire à notre déoiocratie, alors comme plus tard, que toute l'Europe était i son unisson, qu'elle comprenait la France, qu'elle l'admirait et qu'elle Vappelait l

Combien elle en était loin..,.

Sa sympathie pour nous, éveillée en 1789 par la réunion des États généraux et par la prise de la Bastille, avait toujours été es diminuant depuis cette époque, et s'était graduellement transformée en antipathie, puis en

I, KùniUur, 1793.

haine après l'esécutioii de Louis XVI. C'est h peine si quelques individnalitéa supérieures,ea An|i^eterre,ea Italie et en Allemagae,Fox,Sh6ridaD, Erskine, Tiomey, Whitbread, Fichie, Schiller, etc., nous étaient demeurées fldëlea.

La politique de Cloota manquait doue de raison, de base objective, et ne pouvait être celle de la Révolution, de la Convention et du Comité de Salut public, qui, dans la question extérieure, abandonnèrent vite la guerre de propagande pour la grande guerre défensive.

Celle-ci consistait à assurer et à faire reconnaître l'indépendance de la France et son intégrité : d'abord en expulsant l'ennemi de son territoire et en l'éprouvaDtassezCcrtement pour le lui faire réellement respecter ; ensuite, en rendant cette indépendance définitive par l'occupation provisoire de la Savoie et de la Belgique, conditions si lar;fement obtenues par l'immortelle campagne de l'an II (1793- 17114] ; en détruisant par la diplomatie et par la guerre la coalition européenne; enlin, en assurant l'appui moral de la France, sans aucune arrière-pensée d'annexion (amendement essentiel et décisif apporté par la nérolution k la politique de Henri IV et de Richelieu), k celle des nations lea plus voisioea

qni ensssDt voalu arrirer k la liberté, comms kl Hollande, la Westphalle, le Piémont, etc., où de lellea aspirations étaient loin de foire dérant ; tout cela sans pression militaire, sans conquêtes, par des alliances, par des consdls, par l'exemplede notre hégémonie, ou par l'effort de notre propagande pour la rénoTation politique, sociale, intellectuelle et morale de l'Occident.

Cette politique fut, sinon rôyélée, do moins très-catégoriquement formulée à Robespierre par un des agents diplomatiques de la République en l'an II :

«... Il fout nationaliger fo Révolution, ne plus voir que la France, et revenir à la politique traditionnelle du pays.

Notre ennemi nalnrel, c'est l'Anglelerrs ; nm alliés, les petittÊ puisiances, républicaines pour la plupart

G II faut armer, non pour aller oaRhin, c'est laguerre étemelle (1), mais afin de dicter fo paix, paix sans conquête n (2).

1. Preuve ; la guerre Franco-aile mande de 18T0* Tt, en réponse i la menace permaaenLe du bonapartisme de ^'emparer du Rbin, prÈlenlion fondameniale et suprâme tendance de la propagande armée. — R.

i. lettre de Soulaoie à Robeipierre (Papier»

trouvai chez Robespierre. — 1793}.

En un œoE, la République française, dans Hntéréc mâine delà civilisation générale, devait rester assez forte pour foire admettre et respecter chei elle, par l'Enrope entière, nn état social libre et rationnel, sans dieu ni roi, basé sur des priacipes démon [râbles, avec un gouTeroement soumis à la loi de l'utilité et de la responsabilité, déterminé lui-même à respecter et maintenir au dehors le statu qno.

C'était là, alors comme aujourd'hui, notre seule Traie politique extérieure, celle de Danton, de la Convention et du GouTernement révolniionnaire, celle que l'Assemblée fit prévaloir et aboutir au trîiilé de Bàle, dès les premiers mois de l'au 111 (17S4-1795), la politique de Henri IV et de Richelieu, nous le répétons, mais non celle de Louis XIV et de Napoléon I» qui aspiraient, par la violence et la ruse, à la monarchie universelle.

Or, en 1793, la coalition voulait certainement démembrer la France (I). Aucun des Ëtats qui en faisaient partie ne se proposait

1. Voir les traités passés entre l'Autriche et la PruB»e, entre l'Angleterre, les précédenteR, la Sftrdaiene, l'Eapagne, etc., el, en général, l'hUtoriqne de la seconde coalition, dam l'HUtotre diptomù' Hgut de H. F. de Boargatog.

sérieusement, exclnsiTemenl, comme but de guerre, de aanrer ou do Teager Louis XVI.

ToaB entendaient B'attribaer un morceau de notre pays : la Flandre, la Lorraine et l'Alsace à l'Autriche, avec une compensatioQ en Pologne pour la Prusse ; Dankerque, etc, à l'Angleterre ; la Provence à la Sardalgne ; le Rouasillon à l'Espagne, etc; la guerre défensive nous était donc imposée.

Notre armée, si fortement conatitaée en 179,3 recueilUt dès 1794 le fruit des efforts et des travaux immenses effectués dans ce but.

C'est par ses victoires, par sa discipline, par son dévouement et son noble fonatlsme, par les formidables campagnes de 1793, de 1794, de 1795 et 1797, en France et au dehors, en Vendée, sur le Rhin, aux Alpes et aux Pyrénées, que la Convention, le Comité de Salut public et le Directoire parvinrent à rainer la coalition, plutôt qu'à renverser des trônes ou s'annexer des territoires ; la grande guerre défensive l'ayant déffnitivement emporté sur la guerre de propagande, qui ne fut réellement reprise et développée que par Bonaparte, pour le malheur de la Répi^lique, de la France et de l'Humanité.

L'historien des Hébertistes, M. Georges

pap.

boa avei mor aya[ YiUt env!

Con laisa de l paye pari ane plus Yoir

Hollande et snrtont en Solsse, où l'on pouvait TOÎr l'abandoD du système de stricte défease et un retour à celui de la propagande armée pour établir chez les peuples voisins les principes du goaTeraentent français, était en contracdictioa formelle avec l'inébranlable TOlonté pacifique de Danton et du comité de Salut public, seule conforme à la hante sociabilité internationale du xviii* siècle et k l'esprit fraternel de la Révolution.

Car c'est l'état de guerre indéfinie institué dés le Consulat d'après cette aberration militaire captieuse et subversive, c'est J'éloignement permanent de l'armée dans des expéditions lointaines, qui finirent par la séparer de la nation pour l'atiacliiir i son clief et lui faire perdre le respect de la patrie et le culte de la République.

Au contraire, ce sont les besoins de la défense nationale qui ont graduellement et fatalement poDBsé à la proclamation de la République, en montrant que la royauté n'était pas seulement l'obstacle à l'établissement de la liberté à l'intérieur, mais aussi an maintien de l'indépendance et de l'intégrité de la patrie. De plus, les nécessités de cette défense ont encore poussé à l'organisatian d'un goureme-

ment républicain réel, énergiqns, contrairement au libéralÎEme dispersif de ce temps. Enfin, c'est la défense nationale et non le coamopolilisme qui a fait sur^r cette classe guerrière nouvelle, la partie alors la plus ciTÎque et la plus émaocipËe de toute la nation, qui pouvail servir de base à la dictature militaire dont l'action était devenue indispeaBable à la CoDserration même des résultats de la Révolution (on le Tit au 18 fructidor), et qui les aurait certainement assurés et maintenus si Hoche, par exemple, eût pu surgir an lieu de Bonaparte (1).

On sait que le principal, rôle assigné par la force des cbosea à ce pouvoir de transition était d'assurer l'indépendance nationale et l'ordre intérieur contre les royalislea du debors et du dedans, par l'inébranlable maintien de la République, en favorisant le mouvement induBlriel indispensable k l'existence nationale et faisant respecter la liberté spirituelle nécessaire à la refonte définitive des opinions, des mœurs et des Institutions, d'après l'élaboration d'une nouvelle doctrine générale.

Quant k la Conyentioa elle-mâme (pourre- Tenir sur noa pas et termiaer l'analyse des pouvoirs directeurs du grand mouTement ré- TolutiouDaire], considérée dans son ensemble, surtout après l'élimination des Giorndins, on la vit s'élever, pendant la phase ascendante de sa durée, du 31 mai 17tJ3 à . la fin de cette incomparable année, ou pendant la principale période de l'action politique de Danton, à une hauteur qui laisse bien loin derrière elle toutes les autres Assemblées que la France ait eues pour se gouverner.

Elle jouit de la plénitude de tons les pouvoirs, législatif, administratif, ezéculit, au moins jusqu'au fonctionnement régulier du Comité de Saint public. Elle exerça le dernier par ses comités, par ses ministres et par L'action de ses commissaires dans les provinces et aux armées, elle exerça constamment les deux premiers par ses comités aussi, et par ses propres délibérations.

Les comités de la Convenlion, an nombre

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de viQgt-deux, comprenaient ceux chargée des fonctions intérieures de l'ÂEsemblêe et ceux occupés du régime général de la Bépnblique.

Ces derniers embrassaient toutes les parties du gouTemement proprement dit. Dans les premiers ou comptait les archives, les procès-rerbaux, les décrets, le comité des pétitions et de la correspondance, lecomitédes inspecteurs de la Balle et du secrétariat, etc.; dans les seconds: le comité de constitution, où étaient, entre autres, Danton, Condorcet, Vergniaud, Sieyès; le comité de Sûreté générale, avec Hérault de Séchelles pour premier président ; le comilé d'instruction publique, de législation, des travaux publics, du commerce, destinances avec Cambon pour directeur ; de la guerre, où, dès ledébut, figura Llaruot; le comité de la marine, où siégeait déjà Jean Bon Saint André; enfin le comité diplomatique, dont faisaient partie, au début, Brissot et Anacharsis Gloots.

C'est par le labeur incessant de ces diverses commissions que l'Assemblée put mener de front ses immenses travaux,

Mettant de côté les fictions constitutionnelles, elle comprit, dés sa première séance, que l'abolition immédiate de la royauté était le préambule iadtspeasable de la régénération

aocialedODt l'accoiapUasement lui était imposé. Sur ce point, pas d'bâsitalion.

lia royauté était, en effet, la clé de TOùte et le dernier vestige de ce régime des caetes dont les progrès de la civiliBation exigeaient enfin la suppression ; et cela au moment où la ratioanalité croissante dea connaissanceB et des conceptiona relatiyea à l'art de gouverner rendait l'aplîLude au gouvernement politique luimême de plus en plus indépendante de toutJ apprentissage spécial de famiite ou de caste, d'aprèa nue éducation systématique que pouvaient dés lors recevoir tous ceux, bourgeois ou prolétaires, qui se trouveraient doués de l'esprit d'ensemble, lequel, au temps que nous coasidérons, était biea loin d'appartenir aux seules maisoua royales ou à ia noblesse, comme le prouve l'histoire de notre Hévolution.

Par une conséquence toute logique, la grande Assemblée n'bésita pas davantage il porter la main sur les éléments de l'anciea régime encore subsistant, et qui, dans la pbase de la monarobie absolue, s'étaient groupés et concentrés autour de la royauté pour lui servir d'appui : institutions de tous genres, militaires, ecclésiastiques, administratives,

judiciaires, littéraires, artJstiqneB et mânie Bcientifiqfues. C'est ainsi que fut supprimée, entre antres, l'Acadâniie des sciences, dont

l'actioii était devenue dispersive et finalement naisible aox progrès de l'espril humain, depuis qne l'élude synthétique de l'homme et de la société était à l'ordre du jour.

Par contre, la Convention témoigna hautement de son estime pour les éléments essentiels du régime nouveau, l'industrie, la science proprement dite et les beaux-arts affranchis des influences rétrogrades par sa sollicitude coDstaute et effective envers le prolétariat, et par la fondation, outre les écoles primaires, de divers établissements tels que le Conservaloire des arts et métiers, le Musée la Calcograpfiie, l'Ecole' normale, le Muséum d'histoire nalurelle, et surtout l'École polytechnique, création supérieure à toutes les autres institutioas de ce genre (I).

Son comité d'Instruction publique comprenait vingt-quatre membres, répartis en treiie sections : section de l'organisation générale de l'instruction publique ; de l'éducation morale,

1 vol.

de l'édacation phyBiqae, de l'édocatloii des femmes, de l'éducalion des orphelins, des STeugles-néBetâes Bourds-muets; des voyages, bibliothèques, masôea, coUcctîoiis, etc.; des examens, prix et encoaragemenls ; des fêtes nationales; despromoUona aux places vacantes, traitements, pensions de retraite et indemnités aux personnes attactiées aux établissements de l'ancieû régime ; de la bibliograptde et du catalogue général des ricbesses littéraires de la République ; ea&n, du Dictloonaire des Municipalités.

Les premiers membres du comité de I'Iqbtrnctiou publique fureot Bussaux, A. C.

Prieur, M. i. Ghéaier, G. Homme, le peintre David, Roux-Fazillac, l'ami de Georges Leroy, de d'Holbach et de Diderot, Fouché de Nantes, Buzot, Bailly, Dupuis, et plus tard Gondorcet, Lakanal, etc.

Tels furent les moyens et les agents du vandalisme de la Convenlion.

En même temps elle faisait pénétrer dans la pratique sociale les notions de justice antérieurement élaborées par les philosophes, par la réforme judiciaire et par la codification qui la consacrait définitivement.

Nous avons précédemment indiqué ce que

l'Assemblée constitnaiite avait déjà réalisé daos cet ordre de réfonnea. Ea matière civile, le principe des saccessioDB lui est dû. L'iostitiitioii des actes de Tétat civil apparient i la liégislalive. La Conventioa décréta l'égalité de partage entre les béritiers, elle posa les principes sur la paternité, la tutelle, les contrats, les obligations, etc. C'est en 1793 môme que la grande Assemblée demanda h son comité de législation, où siégeaient Merlin de Douai, Treilbard, Borlier, Gambacérés, Tbibaodeau, etc., ce grand labeur, le Gode civil, qui conserva l'empreinte vigoureuse de son origine, même lorsqu'il fut remanié, altéré et promulgué par Napoléon. Ce n'était encore point tant « son code » que celui de la Convention- Mais aa manifestation la plus caractérisée comme aspiration à la rénovation universelle fut, sans contredit, l'adhésion qu'elle accorda uu moment à la détermination la plus audacieuse qu'ait prise la CJommuDe de Paris : ia tuppression du christianisme ! mesure évidemment propice à la réorganisation altérieure, puisqu'elle témoignait à la fois de la cadncité d'un dogme devenu à ce point indifférent et même étranger à la vie moderne, ainsi que de

la nécessité d'une noQTelle croyasce générale et d'une directioa spirituelle ncnyelle pour obtenir la régénération de la société. Car, suivant la remarque proronde de Micbelel, <■ la Rérolution n'était rien, ions ta révolution religieuse. D

Notre première Assemblée nationale était demeurée dans l'ancien régime autant par l'élablissement de la conalitulion civile du clergé que par ia Iranarormalion de la monarchie absolue en une royauté constitutiorinelle ; et l'on peut affiimer que sur cca deux points fondamentaux elle avait failli à la mission que lui imposait le ivui< siècle.

Tout restait à faire, après elle, quant au renversement effectif du système du moyen âge ; et, seule, la Convention sut obéir à la nécessité d'opérer lable rase.

Êllene rendit, il est yrai,aucun décret snpprimant officiellement la religion catholique, ou les cultes protestant et juif, mais elle abolit le privilège d'État accordé à la première par l'Assemblée constituante; elle proclama la liberté de tous les cultes ; elle ne s'opposa point k la fermeture des églises par les municipalités, notamment à Paris ; elle ne désavoua pas davantage les mesures antireligieuses

priseB par ceax de ses membres qtii la représentaieDl dans les proTÎnces: entre antres, lorsque Bhul, an des Monlagoards les plus purs, eut brisé de sa main, sur la place publique de Reims, la sainte ampoule, qui servait au sacre des rois. L'Assemblée applaudit, et aucun de ses membres ue désavoua l'énergique Beprésentant . De plus, elle reçut les dépouilles des temples et les affecla aux services publics, à la défense nationale; elle accepta dans son sein même toutes les déprëtrisations ; enfin elle assista en corps, ofSciellement et malgré le comité de Salut pnblic, à la première fête de la Raison, célébrée dans l'églige métropolitaine de la capitale de la France, transEormée en un temple philosophique. Il est donc hors de doute qu'elle ait voulu, pendant un temps, l'abolition du christianisme.

Nous reviendrons bientôt sur ce fait considérable; notons seulement ici que, par cette suppression de la royauté et de la religion d'Etat, l'aucien régime se trouvait atteint jusque dans ses assises les plus essentielles.

Malheureusement, et toujours à défaut de

la <1'>''t'^'ii* nnraniniiB inilianiinaiihlp nniir

dirig

l'Assemblée constitaante, n'avait k sa portée que la doctriae révolutionnaire, bonne pour détruire, impropre pour édifier ; et l'établiBsement du régime noaveau exigeait une conception réelle, une théorie positive on scientïQque du monde et de l'homme, surtout de la société, de sa constitution et de son développement. Or, cette philosophie nouvelle se trouvait k peine entrevue dans les écrits de Montesquieu, de Turgot, de Condorcet^ et la science sociale n'était encore que soupçonnée.

C'est là, noua ne nous lassons point de le redire, ce qui fit l'impuissance de la (Jooven* tion à remplacer ce qu'elle avait détruit, et permit la funeste déviation introduite par les novateurs négatifs dont Robespierre est le type, ainsi que, plus lard, les diverses tentatives de restauration de l'ancien régime, ou ces rélro> gradations choquantes aulantque désastreuses, chez le peuple iovesti de l'initiative du progrès moderne, dont cette lourde fatalité exi^iquo suffisamment les variations inévitables.

Ni le protestantisme, ni même le déisme, par cela qu'ils n'étaient que des atténuations de la ax)yance tbéologique antérieure, ne pouvaient servir à opérer la rénovation spirituelle, la plus hante et la plus difficile de

toutes, ni par conséquent à remplacer le catholicisme ; et le cnlte de laBaison lui-même, quelque preasentiment qu'il eût du caractère de la loi Douvelle, réglait encore trop métaphysique pour faire surgir à temps le cuKe de l'Humanité. VoUà pourquoi la tentative de rénoTatiou religieuse de 1793 dut néceesairemeut avorter, et pourquoi le catholicisme put être reBlauré si peu de temps après.

D'autre parlj la formidable coalitioa qui se forma en Europe dès 1789, contre la EévolutioQ et contre la France qni en était le principal foyer, coalition à la léte de laquelle on vit bientôt se placer l'arislocratie anglaise, quoique ea situation insulaire semblât la maître à l'abri des cbangemenlg qui s'étaient opérés sur le conliDBnt, témoigne assez de l'étendue de ce grand mouvement social, qui était commua, au fond, par ses tendances et sa nécessité, à toutes les populations de l'Occident,

Les monarchies de l'ancien monde reconnaissaient qu'elles étaient intéressées au maintien du système tbéologique et militaire, comme les peuples devaient sentir, tètoutard, l'avantage qu'il y avail pour eux à en sorllr et k s'assimiler le régime républicain.

L'attaque inique des rois contre la nation

hiiDÇ&ise ent en effet pour résultat de forcer celle-ci à proclamer au dehors l'uniTersalitâ de sa cause, et de provoquer à l'intérieur une identité de Eentiments tt de vues politiques, une cODceutration d'efforts indtepensabie au triomphe de la plnsjusle et de la plus Bublime défënBe dont l'histoire puisse jamais offrir le tableau.

« C'est là surtout, fait obsèrrer Auguste Comte, ce qui âétermina, ou du moins maintint l'énergie morale et la reclilnde mentale qui placeront toujours, chen l'impartiale postérité, la Convention nationale très au-dessus de l'ÂSBeoiblée constituante, malgré les vices respectivement inhérents à leur doctrine et à leur situation.

« Quoique constamment poussée par la philosophie métaphysique à des conceptions vagues etabsolueï^, l'Assemblée républicaine, après avoir spontanément accordé àcette inévitable tendance générale les seules satisfactions qu'elle ne pouvait lui refuser, fut bientôt heureusement conduite, par les actives exigences de sa principale mission politique, à écarter, aous on respectueux ajournement, une vaine constitution, pour s'élever enfin à l'admirable conception du Goarernemeot ré-

TolationDaire proprement dit, directement enviiagé comme un régime provisoire parfaitement adapté à la nature éminemment fransitoire da milieu social coireepoBdant.

t C'est ainsi que, aupérieura à la puérile ambition de leurs prédécesseurs, si aveuglément imitée par leurs successeurs, lesCouTeutîODDels français, renonçant implicitement à fonder déjà d'éleroelles institutions qui ne pouvaient encore avoir aucune base réelle, s'attachèrent surtout à organiser provisoirement, conformément à la situation, unje vaste dictature temporelle, équivalant à celle graduellement élaborée par Louis XI et par Richelieu, mais dirigée d'aprës une bien plus juste appréciation générale de sa destination propre et de sa durée limitée. En la constituant spontauément sur la base indispensable de la puissance populaire, ils furent d'ailleurs conduits à mieux annoncer le caractère essentiel de la rénovation tinale, soit en vertu de l'admirable essor directement imprimé aux vrais sentiments de fraternité universelle, soit es inspirant aux classes inTérieures une juste conscience de leur valeur politique, soit entia d'après une heureuse prédilection continue pour des intérêts qui, à raison de leur gêné-

ralilé supérieure, doivent être presque toujours les plus conformes à une saine apprécia tisD philosophique de l'ensemble des

« En général, l'étude approfondie de

cette grande crise fera de plus en plus ressortir queiSOUsTimpulsiondécisiTe des circonstances extérieures, les émineots attributs qui la distinguent furent essentiellement dns à la haute valeur polilique et BurEout morale, soit do ses principaux directeurB, Eoit des masses qui les secondaient avec un si admirable dévouement ; tandis que les graves aberrations qui s'y rattachent étaient inséparables de la vicieuse philosophie qui dominait à cette époque et dont, par les plus heureuses inspirations d'une sagesse purement spontanée, il n'était pas toujours possible de contenir sufBsammcnt la danf^reuee influence systématique (1). »

L'un des principaux titres de la Convention pendant sa période ascendante, est donc d'avoir noblement subi la direction de son chef principal, et celle du second comité de Salut public, qu'ilavait fait ériger eu gouvernement et qu'il inspira si puissamment.

l,Sj/iUfM{lepltil(H0tAtêp0iUive,t. VJ,p.3T2-3T5,

Le eentlment iotenee et coDtiaa de la réno- Tation uniTerselle qu'il fallait accomplir inspira, du reste, à cette grande assemblée des mesures dignes de toute ootre admiratîOD :

enln; autres celles qui témoignent de son intime désir de rapprocbement général des peuples et de fraternelle union de la famille humaine, telles que la réTorme des poids et mesures et celle du calendrier d'après un type Bcienlilique inlernalional, fixe et univerBellement acceptable. Ctst ainsi encore qu'elle ébaucba le cube de la nature, en affectantcbacun des jours du l'annëc à un des produits de la terre, aux animaux qui la couvrent, ou aux iustruments de iV'ricullure, et qu'elle donna aui mois des dt^siguiiiions en rapport avec les saisons correspond a nies. Enfifi elle adm:t, comme nous l'avons déià rappelé, à l'iûstigaiioD de ta Commune de Paris, l'idéalisation plus élevée et plus abstraite, se rapportant exclusivement au type bumain, connue sous le nom de culte de la Haisoo, que le Positivisme cousidére à juste titre comme une ébauche spoDtanée de la religion de l'Humanité (I ).

I. Voir l'iniroduciion de l'Essai lur la priirt, ptr J. Loncbampt ; m-32, Leroux. liût Bonaparie, 38 ; Paris, lïTS.

Le seul reproche qa'aient à eaconiir k cet é^iard la Comamne et la Conveation, est d'avoir teaté d'imposer ce qui, éTidemmeot, ne devait être qae proposé, comme tout ce qui regarde la cODScience. Il eo est de mftme de la suppressioa du christiaaisme, auquel il suffi* sait d'enlever tout caractère et tout appui officiels, d'après uue eulière séparatioa de l'ËttliBe et de l'Ëtal, avec pleine liberté des cultes quelcoLiques considérés comme des manifestations privées, sans recourir à la dévastation des temples et à l'oppression des fidèles.

Noua avons expliqué précédemment comment la domioalion absolue de la doctrine révolutionnaire rendait presque impossible une telle tolérance et une pareille rectitude de vues et d'actiOQ, sans parler de la surexcitalion alors résultée de la guerre civile et étrangère.

Il n'en est pas moins vrai que la suppressian du culte de la Raison marque la fin du mouvement ascendant de la Révolution et de la Convention nationale elle-même, comme son installation en avait marquée l'apogée.

Outre les motifs généraux que nous venons d'indiquer, des intérêts politiques ptits particuliers en amenèrent la cbule.

La Commune de Paris, qui, vers la &d de 1793, sons la fïcheuBe ÎQflueace d'Hébert, commençait à porter ombrage au comité de Salut public et à méconnaître la Uonventioii elle-même, avec lesquels elle semblait vouloir se mettre en rivalité, élait le foyer apparent du nouveau mouvement religieux. C'est elle, avons-nous dil,qui avait osé prendre l'initiative de la suppresaioa du christianisme en ordonnant la fermeture des églises et des temples, et celle plus audacieuse encore de la substitution du culte de la Raison à celui de Jésus.

Le Comité de Salut public, autant par esprit rétrograde cheK ses membres prépondérants (Robespierre, Saint-Just, Coathon), que par întërËt de parti, se prononça de prime abord contre la tentative de la Commune, et il Suit par entraîner la Convention dans cette résistance, bien qu'elle efit primitivement incliné en sens contraire.

Danton, cependant aussi émancipé en religion qu'en politique (I). mais capté, et dès-

1. On ne peut guère douter du complet affraachiBsement thèologique de rbamme qui, au moment de mojrir, rénondail avec calme Bajnge lui demandant aes qjalîléa cÎTites :

« Ma demenre sera bieniQt dan> l« néant s gatat

lorg Bnbordonné par Robespierre, De chercha pas à arrêter l'Assemblée dans ce reiiremeDt (1).

Faute grave à tons les points de vae, puisqu'il angineotait, en lui abaadonnaDt des élémeats de résistance très-vigoureux, la force du futur tyran, et qu'il cédait sur une question capitale pour l'achëvement de la^ Révolution.

II aurait dû, en restreignant seulement l'ao tion de la Commune au lieu de la laisser frapper, c'est-à-dire en la faisant rentrer dans ses attributions légales et lui imposant le res- ' pect du décret sur la liberté des cultes, stipuler formellement que cette liberté apparlien-

h mon nom, vous le trouverez ao PanihëoD de l'faU-

E»t>il poBBÎble, TU la ci rcoD! lance, d'itre pitii net sur r,e que DiiJerot appelait la grand préjugé, el davaniaite au point du vue humain f

I. Dans une occasion toute rècenle, le 3 dèceaibre 17S3, aux Jacobins, déjà en bulle ï la dèrareur du parti républicain, par suite de la dévlaiion démocrallgue. l'homme d'Etat de la HéTolution aiail dû te laisser défendre par Robespierre contre les imputaiiOQB odieuses que celui-ci Taisait luî-mëmB circuler dans les maeies par seit agenis et par B9I journau», noiarament par le Père Duchénir, alors tout dévoué Ù l'Incorruptible.

Danton dut reconnaître amèreaienl, ii cette heure mëine, la faute qu'il avait commise en refuuat d'entrer au Comilë du Saint pablic.

drait au mëoie titre à la religion ciTile, an | culte de la Raison, qu'au catholicisme Inimôme, et exiger, d'autre part, la Buppressioa ' de tout appui matériel et moral de la part de l'État envers la religion catholique, comme envers les cultes proleâtant et juif.

La difficulté, ici, était tout intellectuelle, quoique d'ordre politique ; elle provenait de ce que la ttiéorie du gouvernement des sociétés, ou la science sociale, n'avait point encore dégagé le principe fondamental de l'organisation du régime moderne : la séparation dus pirituet •t du temporel, condition exclusive de la liberté de censcience.

Absolument confondus dans l'antiquité, séparés au moyen âge au proHt de l'Église, de nouveau réunis, à partir du xiii* siècle, an profil de la royauté, les deux grands pouvoirs sociaux qni constamment, uniTersellement et inévitablement dirigent le monde, le conseil et le commandement, la religion et la politique, l'Ëgliseet l'Ëtat, se trouvaient encore amalgsméa, pendant la Révolution, dans le centre essentiel du régime représentatif, l'Ai^semblée nationale, Gonsittuante, Législative ou Goavendou.

Sans nul doute, les Constituants, les Giroa-

dins et les Dantooigles, disciples de VolUiire ou de Diderot, TouJ^îent la liberté, mais la formule nécessaire, le moyen indispensable pour llnslitner et la faire passer du domaine de la théorie dans le champ de la pratique, la b6paratioD de l'Église et de t'Ëlat, n'étant point trouTés, aucun de ces partis ne parvint à l'établir d'une manière effective.

Voili comment la seule politique couforme à la doctrine révolutionnaire, qui confond les deux pouvoirs, ou la politique de Robespierre, prévalut sur les tendances libérales de la Convention.

L'homme d'État de 93 subit ici, comme l'Assemblée, la fatalité du moment; ne voyant plus assez loin, ni d'assez haut, il ne put surmonter la dominallOD sophistique de Rousseau, et sacrifia aux exigences du Comité.à des combinaisons et à des représailles de parli, voire à des préoccupations de traoquiililé publique^et de défense personnelle !a queslion si grave de la tenutive de rénovation spirituelle de l'an IL

C'est dans la dernière semaine d'août 1793, peu de temps après, que Danton eut fait sa motion pour l'institution du Gouvernement révolutionnaire, qu'Hébert commença à l'altaquer dans le Père Duchêne.

« .... Quaat à toi, maître Paré, diBait-ll, grand bien te fasse. Lorsque DaaIOD bisait la guerre aux aristocrates tous étiez le feu et l'eau ; tous voilà maiDlenant amis comme cochons, aussi amis que ce Danton Fêtait de Dumouriet; il vient de te donner un brevet de Oordelier où tu n'as jamais traîné ta savate. Tout cela prouve que les loups des l>ois ne se

Paré était alors ministre de l'intérieur, cliarge à laquelle il venait d'être porta de prtfirmce à Hébert. Premier clerc de Danton lorsque celui-ci était avocat aux Conseils, il avait ligure, au début de Ja Révolution, parmi les présidents du district el du club des Cordeliers. 11 était devenu secrétaire du Conseil Exécutif après le 10 août.

Danton vint s'espliiiuer aux Jacobins sur les imputations d'Héberl: — «Jedemandej dit-il, que celui-ci reconnaisse qu'il a été mal informé et se rélraclB. n — Le substitut de la Commune déclara que Danton avait eu tort de prendre pour lui seul ce qu'il adressait à l'ancien comité de Salut public tout entier, et une sorte de replâtrage s'ensuivit. Mais Hébert u'eu contir.ua pas moius ses attaques, uca-sculemeut coulre le couveutioanel, mais

conlre lout son groupe (voir les n" 75, 76, 295, 312, ^15 et 328 à 331 Eurtout du Père Duchêne). Il alla jusqu'à accuser Oautoa

d'avoir émigré.

D'autre part, dès le mois de septembre 1793, le 30, Vincent revenait à la charge, aux Cordeliera : — « Robespierre, Collol, Bitlaud, disait-il, sont les seuls du comité qui soient exempta de reproches. Danton veut nous en imposer par de grands mois ; cet homme nous vante sans cesse son patriotisme, mais nous ne serons jamais dufes de sa conduite auprès de Dumovriez (f). S'il ne transige pas avec les principes, toujours est-il vrai qu'il n'est pas d'accord avec les patriotes connus depuis le commencement de la Révolution. »

De plus, pendant les mois de novembre et décembre 1793 et ceux de janvier à mars 179i, les Héherlisles ne cessértot, dans ies feuilles publiques et dans les clubs, d'après le mot d'ordre qui leur était donné par Robespierre, de dénoncer les Dantonistes comme Modérés, c'est-à-dire « traîtres, fripons et conlre-révolulionnaires», demandant pour eux la guillotine à cor et à cris.

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