Uati à fhUtoit croix, tSf
Ualgré l'apprédatioD trop souvent amëre, ^usse et injuste, au moins étrange et regrettable de la part d'un républicain, qu'y a donnée cet écrivain si honorable, des principaux événements de la grande crise, notamment du 21 janvier, du 31 mai, de l'institution da Gouvernement révolutionnaire, et du .
18 fructidor, qu'il regarde comme autant de fautes, sinon comme des crimes, nous allons rappeler les conaidéralions, à notre avis beaucoup plus iudicieuses, bien que contradictoires, qu'il a laissées sur l'importance des hommes dans la marche des événements politiques.
o Si l'on recherche la part de l'individu et celle des masses dans la Révolution française, dit-il, voici le résultat auquel on est conduit, et il s'applique à tontes les révolutions humaines.
■ D'abord, au milieu du silepce, des ténèbres et de l'assujettissement de tous, on voit quelques hommes subitement éclairés d'une lumière qui semble sortir d'eux-mêmes. Ilâsont comme les cimes de l'Humanité, qui rayonnent sous un soleil invisible, quand le reste de la terre est encore dans les ténèbres. Si ce petit nombre d'hommes disparaiBsait.la nuit seule s'étendrait sur tout un siècle. Otei duxvin* siècle Montes*
qnien, Voltaire, Rousseau, Buffon, Diderot, Turgol; et dites ce que dCTient l'eaprit humain! Aux clartéa de ce premier groupe B'éclaire, s'échauffe, s'allume un groupe plus nombreux, mais gui n'est encore qu'une imperceptible fraction au prix de la multitude ; et ce sont ceux-là qni commencent à agir sur elle, à l'exciter, à la provoquer. Ha font descendre snr ce froid limon une partie dufea Bacré qni les dévore. Longtemps la foule, en apparence inanimée, résiste à tontes les excitations des esprits supérieurs. Elle ne peut s'ëcbauffer d'un si nobie feu et elle les désespère par son inertie ou son incapacité. C'est le temps des plaintes de Voltaire et des Encyclopédistes, de d'Âlembert, deMably, de Mirabeau dans sa jeunesse, de Lafayette à la réunion des Notables. Tous ceux qui se eoat b&lés s'indignent de la lenteur que les masses meltentàlesBuiTreou même à les comprendre.
Époque de 1770 à 1788.
< Enfin une partie de la masse a ressenti l'effet de celte longue incubation du génie. On dirait qu'une ftme a pénétré ce qui n'était auparavant qu'une inerte argile. Les secrets, les aspirations de quelques-UDS.en devenant l'âtne du plus grand nombre, loi apportent i la fois
la chaleur, la vie, le mouTement, l'audace.
C'est la foudre qui a allumé toute une forêt ; et comme la masee a été lente à B'aaimer, coBune elle n'a d'abord suirique de loin elea rampant seabardis initiateurs, mainlenaat c'est elle qui les devance. Elle est enivrée de ceteBprit 8Î nouveau ; elle ne peut se l'expliquer, ni le contredire, ni l'arrêter. Il l'emporte, et par-delà toutes les barrières qu'avaient aseigaéee ceux qui les premiers le lui ont révélé.
«Lee peuples dépassent alors leurs iolliateurB en hardiesse. Les timides deviennent les téméraires et les téméraires deviennent les timides. De l'audace, de l'audace et encore de l'audace ! Ce mot, prononcé d'abord par le cbancelier flacon, est retrouvé par Danton; il devient la devise de tout un peuple. 14 juillet, 20 juin, 10 août.
<• Quand les masses sont ainsi déchaînées, qui pourra désormais les arrêter? Sans doute cUes parcourront la terre en trois pas, comme les dieux d'Homère. Mais c'est là une apparence trompeuse. Car si par l'effet d'un piège bien tendu ou par la laeeilude qui s'empare des meilleurs, ou parce qu'ils se sont entretuéa, ceux qui conduisaient le peuple viennent à disparaître, alors voici l'étonnant spectacle
auqael tous agfusl», et c'est la fin de la BéTOlutioD.
« Privés de ceux qui leur donoaient l'im-' pnlBion et la vie, les peuples décbatoés, devant* lesquels la terre Bemblail trop petite, s'arrôteat.
« C'est un fleuve privé-de sa source, il s'épuise promptemeot. Un désespoir subit s'empare de la multitude. 10 germinal, 1« prairial.
■ Comme si les peuples n'avaient reça qu'une vie empruntée, ils la perdent en perdant leurs anciens chefs. Cette malière ÎDcandescente se refroidit peu à peu, depuis qu'elle ne reçoit plus cbaque jour les rayonoemenls des grandes âmes qu'elle a laissées périr. Et par degrés, elle retombe k l'état d'iaertie d'où elle avait été tirée (I). >
Gepeadant, malgré ses luttes et ses batailles, malgré tant de comluls acharnés, souveot héroïques, et malgré ses victoires, la Kévolation,