I. Voir U Procit ia Dantoniilei, i VI. — R
11 De fout dûDc pas B'étoaner si ces dei^ niers, en représailles (les dates le prouveot), riposlèreot par des attaques qui furent faites priQcipalemeut par Fabre d'Ëglantine, Philippeaux et Camille Desmoulius. — Le contraire seul eût été BUrprenaut ; et rien ne nous parait étrange comme le reproche adressé par les Hébortistcs de nos jours, à Danton, d'avoir divisé leâ patriotes, abandonné le Përe Ouchûne et ses amis et concouru à leur exécution.
Danton s'était contenté de répondre, catégoriquement et viclorieusement (1), aux Jacobins, le 6 décembre 1793, dans une séance d'épuration ; mais sa défense ne nous est point parvenue, Robespierre empêcha qu'elle fût inaérée au Moniteur, son organe personnel, et aucune feuille du temps ne la reproduisit.
Le pire, c'est que toute cette intrigue, en éloigoant le conventionnel des Hébertisles, le rapprocha du Comité et le décida contre le culte de la Raison, que les premiers représentaient mal à propos.
En résumé, Hébert, Vinceni , Ronsin , Momoro, tout au moins, sinon Paclie, Rou~
I, Soies de Topino-Lebrvn.
chotte et Cloots (et rien ne prouye que ceux-ci D'y aient aciïuiescé), voulaient, avec Robespierre et à sa suite, guillotiner Danton et les Dantonistes, ainsi qu'ils avaient déjà fait ensemble à Varlst et à Jacques Houx. Pour cela, ils les poursuivaient des dénonciations et calomnies les plus impudentes, afin de les amener sous le iil du <■ rasoir national > sans trop faire crier l'opinion |V. Le Père Duchêne, Le Batave et autres feuilleB|.
Pourquoi Fabre, Camille, Ptiilippeaux, tous lesDanCouisles, ue se geraienl-ils pas, à leur tour, unguibus et rostro, défendus contre ceus qui voulaient les assassiner? — Dent pour .
dent! c'est la lo^que des partis.
XI n'en est pas moins vrai que, par sa motion contre les mascarades aoiireligieuses, et par l'actioQ critique de Camille à l'égard de Cloots et de Cbaumette, Danton, sans le vouloir sans doute, rendit possible l'immolalioa de la Commune, et, bientôt, l'arrêt du mouvement révolutionnaire, sa propre chulS, et la tyrannie de Robespierre.
Jusque-là moteur principal de la Révolution, il B'arréta le jour même où il monta à la tribune pour soutenir le Comité de Saint public et l'Être aiiprëme contre la Commune et
contrelai]0UTe]ledéegBe(26 décembre 1793) (1).
Il ne resta de lui, déeormais, que le patriote et le citoyen Mais combien gnni
encore ? Jusqu'à Touloir s'immoler pour la
République et cimenter avec son sang ses foudemenls et son unité : * J'embrasserais mon eunemi pour la patrie, disait-il, à laquelle je donnerai mon coips à dévorer. »
Qnoi qu'il puisse être d'une telle interprétation, le maltre-œuvre de la Convention doit se représenter par l'ensemble des événements accomplis daos l'immortelle année 93, la plus féconde et la plus décisive de tonte notre bistoire nationale, savoir ;
Le jugement du roi;
L'élimination des Girondins ;
1. Lorique ici, et dans ce qai précède, nouit n'invoquons, en ce quir.oncerncle culle de la Saison, 3ue la Commune de Paris, c'cii par simple arlifloe e langage, pour n'employer que le si;^ne au lieu de la cbose signifiée. Car le mouvement anlithèologique, parli des entrailles tnâmes da iviii* siècle, avait précéd>^, à Is Cotivenlion et dan* loute la France, la manifesiaLinn des Municipaux paritiens qui n'en furent jamais les promoteurs ; et il pré- Mnla ilana les provinces, et jusque dans des communes três-pctiies, une intensité et une duri^e bien S lus grandes que dana la capitale. C'était, noua le ètnanlreroas quelque jour, le Credo propre au Tiers-élai, a toute la bourgeoisie émancipée.
L'înstitutioa du gouTeroement révolulioD- Daire;
La fonnatioa d'une armée oationale ;
Les plus yastes opérations civiles et œililaires ;
Le grand-livre;
La tentative de rénovatioa pbilosopbiQue et religieuse ;
WalHgnies, Wiasembourg, Landau, Lyon, Toulon, Le Mans, Savenay ;
L'unité et l'indépendance françaises, l'atfranchissemenL et l'iotégritédu foyer de la Révolution, le aalut ut l'exaltation de la patrie I
Explosion sublime, inoute, dont la contemplation fait encore battre le cœur à prés d'un siècle de distance, et dont on ne trouve, comme l'a fait observer l'admirable auteur du Système de philosophie positive, l'équivalent dans l'tistoire d'aucun peuple.
Et si l'on veut bien se reporter maintenant à ce que nous avons indiqué au commencement de cette introduction relativement à la nature et au but de la grande crise, qui, d'après les lois aiijourd'hui connues du progrès social, devait conduire l'avant-garde de l'Humanité (l'Occident et surtout la France), de l'ancien régime, du système théologique et militaire,
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après la chute de ce dernier, par la rentrée des ' Giroadins qui avaient Burvécu.
 la mort de Danton commence donc officiellement le déclin ; en pleine révolution, à l'apogée du mouvement républicain, la France retombe aubitement, par la confusion du spirituel et du temporel, par le déisme légal, au droit divin d'un seul, à la tliéocraiie de Bousseau : Robespierre prépare Bonaparte.
Danton ayant refusé, en aailt 1793, d'entrer au Comité de Salut public devenu gouvernement, et d'en prendre la présidence, celle-ci échut à l'Incorruptible-
Il ne fut pas long à se prononcer.
Il procéda à l'extermination de ceux qui ne pensaient pas comme lui : les émancipés de la Commune et l'ua des promoteurs du culte de la Raisoo d'abord : Euloge Schneider, Momoro, Viucent, Rousin, Hébert, Cloota, Chaumette, etc. ; puis les politiques de la Convention qui lui portaient ombrage : Danton, Fabre d'Eglantiue, Camille Desmoulins, Hérault de Se-
chellcs, Philippeanx, Lacroix Deux dea
grandes forces de la Rérolulion.
Ce fat comme le rétabliBsement dellnquiai-
tioD et dee crimes par Buspicion de possibilité de faillir, on par manque de vertu ; la proclamation officielle d'an Être eaprëme ponr dogme d'État, avec l'échafeud pour démoustratioD et sanction, eeloa la religion civile de Jean-Jacques : • Il y a doDC une profession de foi purement civile, dit le philosophe de Genève, celui que Diderot appelait le grand sophiste, dont il appartient au souverain de fixer les articles, uod pas précisÉment comme dogme de religion, mais comme sentiments de sociabilité sans iesguefï il est impossible d'être ton citoyen ni sujet fidèle. Sans pouvoir obliger personne à les croire, il peut bannir de l'Étal quiconque ne les croit pas , il peut le bannir non comme impie, mais comme insociable, comme incapable d'aimer sincèrement les fois, la justice, et d'immoler au besoin sa vie à son devoir. Que si quelqu'un, après avoir reconnu publiquement ces mômes dogmes, se conduit comme ne les croyant pas, QO'IL 80IT PDNI DB UORT ; il a commis le plus grand des crimes, il a menti devant les lois.
V Lee dogmes de la religion civile doireat
être Bimples, en petit nombre, énoncés avec précision, sans explications ni commentaires. L'exittence de la Divinité puitsante, intelUgmte, bienfaisante, prévoyante et pourvoyante, la vie à venir, le bonhettr des justes, le châtiment des méchants, la sainteté du contract social et des lois ; voilà les do^mea positifs. •• — (Du contrai sodai, livre IV, chapitre viii).
Toute la politique de Uobespierre est dans ces quelques ligues. Il en a tracé le programme dans ses discours sur les principes de morale publique (à février 179i), sur les rapports des idées religieusea et morales avec les principes républicains (7 mai), et sur l'Être BuprAme (8 juiu), auxquels Saiat-Juat a joiut ses sinistres commentaires. Gommeptiilosopbe et législateur le premier était le promoteur d'une doctrine politique et religieuse que, comme chef d'État, il se chargeait de mettre en pratique et de laire accepter.
Ce fut le gouvernement personnel an profit de l'Incorruptible devenu souverwn, avec la loi de prairiai pour code essentiel et le 9 thermidor pour terme fatal, aussi indispensable qu'inévitable.
En théorie, Robespierre voulait foire de la France, à la fin du zviii' siècle, une répa-
blique h la maDiëre des anciens. Oomme celui de ttousaeau, son idéal était Sftarte (1). La domination dn peuple, des magistrats intàgr^ et sans orteil, des citoyens fians Tîcea, la fraternilé, la probité et la modestie des rapports, la simplicité des manières, l'anstérité des mœurs, voilà, soi-disant, ce qu'il voulait établir.
Ses principales formules étaient : égalité pour le gouTernemeat de l'Élal ; république et indivisibilité pour sa forme; salut public pour sa défense et sa conservation ; vertu pour son principe; Être suprême pour son culte. Le tout imposé par la loi, avec la guilloliue pour raison:
Or, la loi elle-même émanait du législateur suprême, de Robespierre, qui, outre le décret du 22 prairial supprimaut la défense pour tous les accusés traduits devant les tribunaux révolutionnaires (c'est le principal monument de ce despolisme inouï), lit rendre encore celui sur la police générale {27 germinal an II) et l'arrêté du 3 prairial suivant, relatif à l'institution des commissions populaires d'incarcé-
a conlribué i épurer les n
- U5raliûD, de banoissemcat et de transportalion. Ed pratique. Outre son rôle parlementaire à la Convention, il eut surtout dans le goaverncment révolutionuaire, au Comité, une ao lion de police,- qu'il partagea aouïent avec Coulhon et Sainl-Jusl.mais doutil garda toujours la surintendance. Il ea est resté dans nos archives nationales des témoignages irrécusables, entre autres : son projet de discours, ou de dénonciation, contre les modérés et les ultra (autrographe) ; ses notes à Saint-Jusl pour le rapport contre Danton, Pabre d'Églantine, etc. ; sss projets de rapport, on de dénonciation, contre les sodalistes, Jacques Rous, Varlet, etc., et contre les agioteurs, Helaunay, Julien, etc. (autographes) ; d'autres notes manuscritea sur différents membres de la Convention ; les registres de police qu'il tenait an Comité de Salut public <it les rapports secrets qui Ini étaient adressés et qui lui servaient k préparer le travail du tribunal révolutionnaire; son carnet da poche et les pièces très-nombreuses qui établissent son influence cachée et souveraine sur le tribunal révolutionnaire encore et sur le; autres commissions judiciaires extraordinaires, sur les administrations publiques et sur la Convention nationale elle-
même ; ses listes manuscrites d'agents et de fonctionnaires de toute sorte ; enfin la correspondance qni loi était envoyée de tous les pointa de la Bépublique par des individus, ou des admiDistrations, et qui, outre des adulations sans exemple, contenait surtout des dénonciations (I).
< Cet ensemble de documents, dont aucun ne peut être récusé, met hors de doute que
Ce n'est donc pas à lui qu'il faut rapporter, du 15 germinal au 9 Ihermidor de l'an II, et avant, la grande action poEitique da gouvernement révolutionnaire, ou du comité de Salut public, qu'il jalousa Bans cesse, qu'il entrava souvent, qu'il soupçonna toujours, et dont il exagéra coustamment l'abus inévitable et finalement dangereux.
C'est en dehors et au-dessus de Bon influence
les Lindel, les Oarnol, les Prieur, les Héraut de Séclielles, les Jean-Bon-Saint-André, etc., guidés par l'homme d'Etat de la Révolution pendant sa vie, et encore inspirés par sa politique après sa mon, servalenl la pairie et la République.
L'analyse historique la plus minutieuse ne peut donc que confirmer ce jugement d'Auguste Comte pour la période qui nouB occupe : «Quand Danton eut succombé sous l'ombrageuse rivalité d'un déclamatenr sanguinaire, la nouvelle dictature dégénéra bientôt en une rétrogradation anarchique à laquelle rien ne sera jamais comparable (1). n