‹ La révolution françaiseChapitre 8 sur 24 · Histoire de ta Révolution françaite · texte numérisé non relu

Histoire de ta Révolution françaite

!. Malgré les eUKâraliona des ècriraias râactionnaires, ii ne paraît pn< posaible d'évaluer à plus de onge ants environ le nombre des personnes qui ont succombé dans cae journées, ; compris les Tictimes de Bicèlre et de la 8alpâ-

C'est le chiffre de If. Labai, archiviste de la Préfecture de police ; M. Mortimer-Teroaui, dont on connatt j'acbamemenl, le porte A 1,368, et Granier de Caisa^nac père [Hisloire det Ctrandini) à 1,458, par dessuppulslionsévidemtnent erranëes. — Le chilTre oSciel, relevé par les adinînisiraieura de police, membres du Cotniié de surveittance, est de 1,079 [ArcMvtt Nationales).

Or, il n'est guère possible non plus de trouver des motifs moins puisaanta el des c

de la Saint-BarlhËlemy, de la révocation de l'Edil de Nantes, ou du renversement de la Commune de Paris-eD 1S71. Eb bien I d'après Boisuet, trente mille individus en France et t\x miUe k Pari* (dis

et la tion recle

ne firent rien pour empêcher ou abréger les

exécutions populaires I

Mais aussàtût après l'ouverlure des séances de la Convention, ils prirent là le prétexte menteur de ieur rupture avec les Montagnards, de leurs menées et de leurs imprécations contre la capitale, de leurs attaques incessantes et déloyales contre les chefs de la députation pa-

Et si l'oQ veut une autre preuve que le tempérament des Giroudins ne répugnait pas essentiellement à des accidents de ce genre, qu'on se rappelle leur attitude dans l'horrible et bien autrement meurtrière réaction de l'an

• Il (Falire d'I^gianline] dit que, dans ces moments de crise (les journées de eeptembre), il a vu les mêmes hooimes qui s'acharnent aujourd'hui contre le 2 septembre (les Girondins), venir chei ûanlan et exprimer leur contentement en se Trot' tant les mains; que l'un d'entre eux mâme (Brissot) dissirait bien que Morande fut iinmoié. » — (Club des Jacobins, séance du 7 novembre 179? :

Le Journal de Mitrat; du 3 mai, donne des renaeignements précis, des quels il résulterait que Fournier (l'Américain), un homme de septembre, aurait été à ce moment dans la main des Girondins, et que Gorsas lui-même, qui Qt d'abord l'apologie publique de ces événements, y aurait poussr> et participé directemenl. — {Bitl. Part. T. XXVI,

m. La ConTention redevenue girondine par la rentrée de ce qui restait des trente-deux, el des Eoisan Ce-treize, et par la disparition des chefs montagoards, se montra alors absolument sourde aux cris des victimes et refaea d'arrêter la fureur des assassins.

Ses membres en mission, Isnard, Cadroy, ObamboQ , Duraad-Mailhanne , sembléreol plutôt présider tes massacres 1 L'ÂBsemblëe, au lieu de faire le procôs aux égorpeurs, attendit patiemment qu'ils fussent rassasiés de meurtres ; et les niodérës surpassèrent de j)eaucoup ici les terroristes.

Du 21 septembre 1792 au 31 mai 1793, ce sont les Girondins qui portèrent les premiers et les derniers coups contre la Montagne et contre Paris, dans lalutteantipalriotique qu'ils ne cessèrent d'entretenir au sein de la Coavention; et, après le 2 juin, c'est encore eux qui ne craignirent pas d'élever leurs armes contre l'Assemblée et contre ta France elie-même.

Les discours de Louvet contre Robespierre, celui de Lasource contre Danton, les diatribes de Guadet, Salles et Fonfréde contre Marat, sont le type de ces provocations funestes et injustifiées ; le discours de Guadet pour le re-

-6Îet pour le remplacement de la ConventiOQ par sea suppléants, à Bourges, est éftalement caractërialique et montre tout le danger que le triomphe de ce parti eût fait courir à la chose publique.

Quant à son entente avec Dumouriez, auraitelle pu aller jusqu'à le suivre s'il l'avait emporté sur la CoQvention, et s'il avait pu pousser jusqu'au rétablissement de la Constitution de 1791, avecuu d'Orléans pour roi? En principe, la chose ne parait pas impossible ; eu tait, excepté Vergniaud peut-être, on ne voit pas que des hommes comme «le fougueux Isnard», comme Henri Larivière, le comte Lanjuioais et tutti quanti, y eussent essentiellement répugné.

L'histoire devra surtout condamner ici l'in.

Quence funeste de deux personnages certainement coupables : les Roland, que leur incurable envie et leur antipathie invincible pour toutes les snpériorités qui refusaient de se subordonner à eux-mêmes ou à leur coterie, jetèrent dans l'intrigue criminelle qui empêcha l'alliance si désirable des Monta^tnards et des Girondins, l'unité de la Convention.

M"** Roland, qui se crut un iuslant reine de France après te 10 août, inaugura et poussa

à sa limite extrême l'odieux et néfaste système de calomaie qui reudit impossible tout retour à la concorde entre les deux partis. On peut se faire une idée de ce qu'osa sa déplorable incontinence, si l'on songe qu'elle ne craignit pas d'accuser Daaion et ses amis du vol du garde-meuble, en septembre 1792 (1) 1 Elle alluma ainsi la haine de Fabre d'Eglantine et déchaîna la redoutable ironie de Camille Desmoulins,.qui retombèrent si lourdement sur elle-même et sur son parti.

C'est Boland qui, comme ministre de l'intérieur, fit aux révolutionnaires parisiens cette guerre inique et arbitraire où il répandait d'autorité, dans la France entière, les libelles de son parti, tandis qu'il arrôiait adminiatraliTement la défense de ses adversaires.

Ce sont les Girondins, ces amants incorruptibles de la modération et de la liberté, qui, l'exploitant à leur prolit, dans l'intérêt exclusif de leur domination, faisaient emprisonner Hébert, proscrivaient Marat, demandaient les tôtes de Robespierre et de Danton, et donnaient ainsi, les premiers, l'exemple de

loDB les excès et de la mutilation de la représeDlation nationale.

Ëofin, comme plus grand crime, ils em.

pâcbaient toute direction des afliaires, tout gou. Temement, dans la situation la plus auxîease que la patrie ait eu à supporter.

C'est pourquoi le 31 mai fut légitime ; car il mit fin à une lutte que sa prolongation, aussi bien que le triomphe du fédéralisme, aurait bientôt rendue désaslrenge ot même irrémé diable pour la France (1).

Du reste, l'attitude des Girondins après le Sjuin. l'échaulTourée de Caen, l'assai^sinat de Marat, leur participation aux révoltes de Lyon, de Marseille, de Toulon, de Bordeaux, de concert avec les royalistes, ainsi que. leur conduite aussitôt qu'ils furent rentrés dans la Conyentioa après le 9 thermidor, conséquence de leurs opinions sur la souTeraineté

1. Ce Coup d'Etat fut mené ï bonne Sa par deut moniagoards du Comité du Salut pubJic, Danioa et Lacroix, par la guucbe de la Conveniiou nationale: Hérault de SéclielIea.Fabre d'Ëglantine.Ca* mille Desmoulin», Legendre.Tliuriot, Bobetpierre, Mara tfiurtoui, etc., par les clubs, le club oenlral de lËTSohè prindpa.lenient, pLir les Bections, par la gar'de oatlonale et par les auioritée municipales de Paria, Pache, Hébert, Cbaumette, à la Commune, Lliuilller, etc., au Département.

iDdiTidueUe, de leurs aberrations politiques et de leur complet dëfïiat de seutiment social, lesjugedéQDitiTementetiadique assez cequ'il y avait à faire k leur ^ard.

Parmi les Trente-Deux, ceu^ qui, an moment où la France était de toutes parts attaquée et envahie, n'avaient pas craint de provoquer la révolte à main armée, la guerre civile, méritaient la mort ! Les autres, l'emprisonnement on l'exil-

Aucun parti ne différa donc autant, en principe et en action, de celui de la Gironde que celui de Danton, parti du gonvernement de la France par Paris et de la subordination des théories aux résultats, de l'efTacement du mysticisme démocratique devant le triomphe effectif de la République et de la défense nationale.

Nous avons le droit, par conséquent, de trouver étrange que les nouveaus-hébertistes, à la suite de Babeuf et de Buonarolti, prétendent traiter Danton de bourgeois et de gi* rondin! Sans doute il était de ce tiers état qui, en 89 et 93, et même de nos jours, ne nous parait avoir démérité ni de la patrie si de la Rëpubtiquc, mais girondin, nous le nions ah- SDlamenl.

La denxièmo opération essentielle dont la néceBBitë résaltait du renTerBement de la monarcble et de la proclamatioa de la Etépubliqae, était lacoaslitution d'un gouvernement réel, et non plus d'une direction politique intérimaire comme celle du ConBeil exécutif proTÎEoire après le 10 août.

Cette création difficile ne pouvait être conçue collectivement par une Aâsemblée, car elle exigeait non-seulement l'action d'une inlelligeiicè supérieure, mais tout l'effort d'un véritable génie politique.

En effet, pour établir ce gouvernement il fallait avant tout s'assurer de Paris, des grandes villes, de la minorité républicaine en un mot, pour défendre la France en quelque sorte malgré elle, et lui imposer la République en faisant précisément le contraire de ce que prescrivait cette doctrine révolutionnaire nniversellemeat adoptée par les esprits avancés ; c'est-à-dire qu'il fallait constituer un gouvernement très-intense, Une dictature inflexible comme fut celle du Comité de Salut public»

dans ui

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L'opi tréme 1 compre diBait-il indivisi est souv de crise qui lui

Si, a comDin eût app élail pe

Toutt époque vues de de la Lé ce fait t lation f) était op norité lëgitimi

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mières Assemblées se montrèrent tonjonrB pins on moins réfractairee aux mesures radicales les plus urgeates, qui leur fureot constamment arrachées par la gauche, ou par la partie la plus avaucée de ces corps politiques, appuyée par l'énergique InterTentlon de la population pariElenne, notamment au ii juillet 1789 (qui amena la nuit du 4 août), aux 5 et 6 octobre (qui subordonnëreat la royauté à l'AsBemblée consitituante|, au 10 août (qui renversa le trône), au 31 mai et au 2 juin (qui âoQDÔrent la direction des affaires aus républicains) ; et chacune de ces Assemblées) du moins le centre et le cûté droit, eut des phases de réaction, des emportements rétrogrades, comme au 17 juillet 1791 (massacre du Gbamp-de-Mars), comme aussi après le 16 germinal et le 9 thermidor an II, qui montrent le Tood de leur esprit politique, et prouvent que la Couvention nationale ellemême, prise en masse et comme expression électorale de la France, était encore asset éloignée de vouloir accepter le nouvel ordre social et politique, et restait attachée à l'aDcien régime jusqu'au degré de la monarchie consiilutionnelle inclusivement.

Mais ce fut bi.m autre chose après elle, lors

exéca disper coupi Ëïifi ration que 1 mée I el par ce poi faite.

plus resta, de ce guide:

. h un pe s'en ei de qn fies pli

l.Bi

Mais, si les républicains étaient en minorité au 10 août et depuis, leur entreprise était donc illégitime ?

Nous répondrons toujours : la légitimité, en politique, ne résulte pas plus du nombre que de la naissance, de la souveraineté populaire que du droit divin des rois. Elle résulte de la conformité de ïa. conduite de ceux qui gouvernent, avec les lois naturelles des phénomènes sociaux, avec la force des choses, ou l'ordre universel.

Ce qui illasionnait ici la démocratie française, c'était la théorie révolutionnaire qui, en transportant la souveraineté du roi au peuple, douait imaginairemenl, ou en principe, le nouveau souverain des perfections idéales de l'ancien.

A ce point de vue, le peuple était noa seulement la puissance souveraine, mais la souveraine intelligence, le souverain bien, la raison et la justice, la République elle-même.

Seulement, en réalité, il restait ce que l'avait fait l'ancien régime, ignorant, surtout en politique, égoïste et fort éloigna du point de vue social, prêt à subir bien longtemps encore la rude main qui le flagellait depuis tant de Bibles, à renier et frapper les grands citoyens

den tiOal 178S appl leçoi poai velN tbéo et I Bciei ou I aqu léBit ioéli aux seml mëu

Jogiqnes, lois tHOlogiqnes, lois socialee et lois morales.

Un esprit aussi fort que celui de Danton avait sans contredit l'iDBtinct de cette légalité réelle et immiiable quand il tournait la difficulté immense offerte par la légalité métaphysique qui prévalait alors, pour la subordonner à la force des choses, aux nécesBités fondamentales de la situation complexe et vraiment terrible où il se trouvait comme homme d'État. Là Tut son mérite, là est sa gloire.

Mais en quoi consistait, d'une manière générale, cQtte politique dictatoriale à la façon de Louis XI et de Bichelieu, qu'il reprit à son jonr ? Â reconuatlre la tendance des lois naturelles de la société, et à vouloir y conformer son époque ; à se servir des éléments existant, des institutions et des agents qu'il avait sous la main, pour satisraire aux nécessités du moment et réaliser les progrès indispensables, par conséquent légitimes, en dépit de la légalité féodale et de la légalité révolutionnaire ; en un mot, & effectuer le bien public malgré les préjugés courants.

Saisissant d'une vue prompte et sûre, avec ce coup d'œil qui n'appartient qu'au génie, renaemble de l'état présent de la France et

léme de l'Occident, avec tontes ses exigences 1 tous ses intérêts, sous tons sea rapports

pales tions Il de Salut

ÏTOll NOQB

Tenti mitéi libert le dé liblG..

stituti ntre, ér^é nistre de ce Plu miseï le ms qa'h

loia municipales ou de raatonoiiiie des communes.

Voilà comment les villages de France et même les Tilles qui étaient restées indifférentes ou aatipalbiques à la Réfolution, furent subordoQQés à an pouvoir central fermement républicain, an moins pour la levée des troupes et des impôts, sinon bous tous autres rapports.

liais il fallait à ce gouvernement, pour se défendre et se faire obéir, une arme sûre, ■ une justice • ; ce fut le tribunal révolutionnaire, proposé par Danton dés le mois de mars 1793, et mis en pleine activité au mois de septembre suivant. C'était une justice militaire exercée par des magiitrats civils (1).

« .... S'il Mt, avait dit Danton, si difficile d'atteindre un crime politique, n'est-it pas nécessaire que des lois extraordinaires, prises hors du corps social, épouvantent les rebelles et atteignent les coupables ? Ici, le salut du peuple exige de grands moyens et des mesures terribles. Je ne vois pas de milieu entre les fermes ordinaires et un tribunal révolutionnaire.

« .:. Organlsoss on tribanal noo paa bien, cela est impoa3U>le, mais lemoiDB mal qall se pourra, afin que le glaive de la loi pèae sur la tête de toDB ses ennemis (i). »

Jusqu'à la fin de 1793 l'ensemble des individus frappés par le tribunal révolutlonDaire était réellement coupable envers la patrie et la République, coupable de crimes d'État d'après les lois qui rëgÎESsent et ont toujours ré^i des situations pareilles. Il n'y a pas même à excepter Malcsberbes, convaincu de correspondance avec l'ennemi, arec les émigrés.

Cette mise en état desiègede louteune nation, au moment où la coaliliou cernait ta France . de toute part, voilà le fait fondamental qai constitue et légitime le cas exceptionnel connu dans l'blstoire sous cette dénomination caractéristique : ta Terreur ; et voilà ce que n'ont pu comprendre les écrivains royalistes et démocrates qui ont déclamé, au point de vue de la liberté platonique, contre une telle nécessité.

La Terreur a sauvé la France d'elle-même et de l'étranger I voilà pour son but ; quant

am procédés d'exterminatioa, elle s'est montrée, malgré ses rignears et aea erreurs, ré- BQltées principalement de sa prolongation abDsiye, infiniment plus humaine et réservée que la monarchie agissant en semblable cas, mais pour des intérêts infiniment moins puissants et légitimes, comme à la Saint-Barlhélemy et à la rérocation de l'édit de Nantes, que nous arons dëjà citées. La Terreur n'a employé ni la torture ni les supplices proprement dits.

Ce gouvernement, correctif indispensable de l'organisation ultra-démocratique d'alors, fut une dictature progressive, supprimant momentanément la trop grande indépendance des administrations locales, pour faire prévaloir la direction centrale, à laquelle la Convention elle-même était subordonnée.

Il disposait en effet de toutes les forces nationales, nommait et destituait les ministres, les généraux, les Représentants en

miBSK

cri ml toutes propo î'Asse il diri potitic fois l dehon persoi exislu

BitiOD!

c'était tonte 1 dePai ù ce p répélo les di défens et les I «C'< Mignel dontab dévelo] trouTé

toires qai avaient défiailiTement taeaii ta 6-iomphe de la Révolution à l'égard de l'Ëarope. *

— I S'ils avaient été vaincus, dit, en parlant.des dëCemvirs, un écrivain royaliste déjà cité, U. de Bourgoing, la France tombait avec euz, et Iq Bort misérable de la Pologne ne Dous apprend que trop celui qui nous était réservé. Les nations sans pitié nous fouleraient aux pieds, et, pour se dispenser de remords, elles nous reprocheraient, comme aux Polonais, nos divisions, les crimes des uns, les appels desaulres à l'étranger] les panégyristes du succès proclameraieot que nous avons mérité noire sort (1). »

Ces paroles graves, patriotiques, honorent autant celui qui les a écrites que les adver- Baires politiques auxquels il les a consacrées.

Il est donc plus vrai qu'il ne le croyait lui-même cet amer paradoxe de l'âpre de Maislre : la Révolution étant donnée, la Prance ne pouvait être sauvée que par le jacobinisme ! — En effet, le grand Comité et le

r de CEwope, t. III,

grand bomme d'Ktat de 93 restent bien le ■ miracle élonnant » de cette situation eans pareille...

Ce qui arriva par la détente qui Buivit le 9 tbermidor, c'est-à-dire par la cessation de la dictature révolutionnaire, prouve Baffisamment qu'avec la mise en pratique de la Constitution de l'an II et le règne effectif du suârage universel la défense nationale n'aurait jamais pu s'accomplir, et que la monarchie serait aiiBsitfit revenue, légalement, par l'action du corps électoral, et pour la ruine irrémédiable de la patrie.

Quand on péae une à une toutes les condl* tiODs de la situation où se trouvait la Convea* tion en 1793, ayant à maintenir contre la France elle-même et contre l'Europe cette République dont la marcbe de la civilisation nous imposait la nécessité, on est donc amené à reconnaître que le régime de la Terreur était ■ aussi indispensable qu'inévitable, dût-il verser dans le principal danger de son institution : l'exagération de son principe et de sa durée.

C'est pourquoi cette création décisive, cette vue de génie qui enfanta le Gonvernemeat révolutionnaire, auquel fut incontestablement dû, à ce moment, le salut de la Franco comme

celui de la République, cet empirleme politique tellemeat supériear qu'il s'élevait audessus de tous les préjugés théoriques du temps pour arriver au vrai, à l'utile et à l'indîspeasable, consacrent Danton comme homme d'État, comme un politique de la famille des Bicbelieu, des Henri IV et des Turgot, et font de son nom, malgré tant de malédictions aveugles, l'un des plus grands noms de France.

Ajoutons que c'est encore à Ini qu'est due la motion et la mise en œuvre de la levée en masse, ou de la grande réquisition, qui consolida déSnitivement l'armée sans-culotte, avec laquelle les généraux de la Montagne firent la terrible guerre intérieure et extérieure de l'an II, en Vendée et sur lo Rhin, à Lyon, à Toulon, aux Alpes et aux Pyrénées, et mirent la République bors de page :

« Danton : — Il faut qu'au nom de la Conveution nationale, qui a la foudre populaire entre ses mains, il faut que tes envoyés des assemblées primaires, là où l'enthousiasme ne produira pas ce qu'où a droit d'en attendre, fassent des réquisitions à la première classe. En réunissant ta chaleur de l'apostolat de la liberté à la rigueur de la loi, nous obtiendrons

pour résultat une grande masse de forces. Je demande que la Coûyentioa donne des pouvoirs plus positib el plus étendus aux commis saires des aseemblées primaires, et qu'ils puisseat Étire marcher la première classe en réquisition. le demande qu'il soit nommé des commissaires pris dans le seia de la Convention pour se concerter avec les délégués des assemblées primaires, aRa d'armer celte force nationale, de pourvoir à sa subsistance, et de la diriger vers un même but. Les tyrans, eu apprenant ce mouvement sublime, seront saisis d'effroi, et la terreur que répandra la marche de celte grande masse, nous en fera juslice. Je demande que mes propositions Boieot mises ans voix et adaptées (il. »

Voici ea quels termes le plus impartial des écrivains de la Bévolutioo, M. Mignet, constale l'importance de celte mesure:

« La levée en masse qui eut lieu pendant l'été de 1793 forma les troupes de laMoDtagne. Les chefs de ce parti choisirent bieulOt dans les rangs secondaires des généraux montagnards en remplacement des généraux giron-

dina. Ces généraux fareDt Jourdan, Pichegrn, Hocbe, Marceau, Westermann, Ûugommier, Uorean, Jouberl, Eléber, etc. àaraol devint, par BOD entrée an comilé du Saiut public, le mîniBtre de la guerre et le major géuéral de tontes les armées républicaines. ■

Cepeûdant il ne faut pas oublier que l'organisaliou de l'armée nationale fut surtout due à l'initiative d'un patriote qui &t preuve ici de . la plus haute capacité, le conveotiounel Dubois de Crancé, du groupe dantouiste (1).

Bejelé par la Coastituante, son projet fut adopté par la Convention et aussitôt mis en pratique (1793).

Il substituait le service militaire obligatoire an recrutement par enraiement volontaire ; il simplifiait l'organisation de l'armée en supprimant les corps particuliers et en établissant de nouvelles unités stratégiques, la divUion, la brigade et la demi-brigade ; il effectuait, et ceci est capital, ce qu'on a appelé ramalgaToe, c'està-dire la fusioQ des bataillons de volontaires nationaux avec les troupes de ligne. — Les

l. yfùit te Moniteur, n" 91}, lis 114 et (lise): 84, 108, 306 (1790); IS, 119 (1190; 27, 40, K, 49, 51 et 52, lit, 112, 131 (1793} ; 135, 165

forces ainsi obtenueB étaient mises immédiatement en œuvre, d'après (a grande et suprême EoitiatiTe de Danton, par le Comité de Salut, dont la volonté était interprétée par les Représentants en mission, ce qui supprimait les conflits, les lenteurs et l'incohérence d'action des divers comités, des ministères et des bureanx.

L'action de l'bomme d'État de 93 ne se bornait pas, du reste, à l'inslitution générale de la poti tique et de la guerre, c'est encore d'après son énergique iaitiative que le tiouvernement ftit renforcô par les quarante-quatre mille comités révolu lion naires de France, de môme que le tribunal criminel extraordinaire par l'armée révololionoaire; celle-ci devait être affectée, surtout en province, à imposer l'exécalion des lois aux administrations réactionnaires, soit municipales, soit départementales, soit judiciaires (I).

I. Vo;ez Ib Koniteur et les Nolei de TopOio Le~ brim, édition Chardolllel, où ae Irouve l'eiclamation snivante du conventionnel, au momeni de sa condamnation : • Uon nom eal accoté de toutes les iiiBtiluliOQB rèToluIioDDaires : levée, artnée ré- TOlutionnaire, comiCéB râvotalionnaireB, comité de Salut public, tribunal révolu ti on aa ire ; c'asi moi qui me suis donné la mort, enOo, et je suis un modéré I >

Dans la pensée de son fondateur, le Gourernement rëTOluiionoaire ne devait être que provisoire ; c'était encore là une vue profonde et spontanément positive, qui prouve toute la relativité d'un tel esprit, aussi dégagé qu'il était possible de l'absolu métaphysique, et De prétendant aucuoement, dans une transition pareille, à créer de toutes pièces des institutions éternelles, comme le vulgaire des faiseurs de constitutions, mais à trouver la forme la plus efBcace de gouvernement pouvant convenir à la situation.

Car le Grand comité, — c'était là le principal danger de sa situation, — abusa.

Il dépassa souvent le but dans l'exercice d'attributions cependant illimitées, surtout en prolongeant le terme normal de sa durée en tant que motetir effectif du système de terreur. Ct terme aurait dû arriver aussitôt que le priacipal danger extérieur fut conjuré, la France ayant été mise sur le pied de résister à tout.

La dictature décenivirale, sinon l'action

administrative et politique da Comité, aurait donc dû preodre fin déa le compieDcement de 1794, après lee Ticloires de Wattignies, du Mans, de SaTeaay, la reprise des lignes de WiBBembourg et celle de Tonlon (1).

Danton eut certainement conscience, à ce moment même, d'une telle nécessité, et, seul aussi, il aurait été capable d'amener le Comité à résigner la toute-puissance, comme de diriger et de modérer son action.

Malheureusement, il avait cru indispensable, pour faire accepter l'institution, d'en paraître personne lie ment déeiutéreBsé, et de jurer de n'en faire jamais partie.

Contrairement aux préjugés vulgaires, il faut donc reconnaître qu'ici l'ineufEsance de ce grand citoyen provint de son excessive valeur morale, de sa magnanimité, qui, à défaut . d'ambition, le détournèrent de prendre luimême en mains le gouvernement. Sa haute sociabilité le poussait invinciblement à servir et à se dévouer, elle inspirait àson^çénie, sons l'aiguillon des calamités publiques et des

1. La tuppressiOD du tribunal et de l'armie l'évoluiiopnures aunil été le ûgne de oe retour fc réut régulier.

dangers de la patrie, lea grandes mesilreii de ealut, mais elle D'élait pas sontenue par une personnalité assez Spre pour luHer contre la bassesse et la malignité du vulgaire et pour supporler les dégoûts inséparables de la pratique politique.

Non-seuicment il aurait dû consentir, comme la Convention Vy poussa par un décret, à entrer au comité de Salut public, mais chercher à y Taire entrer ses amis. Il aurait dû' mesurer toute la portée de l'inalrument qu'il avait créé, songer qu'il pourrait un Jour se retourner contre lui-même, contre l'intérêt public, et ne pas se contenter d'une influence générale sur les opérations gouvernemenlales, d'une action purement consultative toujours insuffisante et qui devait tdt où tard être contestée.

En même temps qu'il se fût maintenu aux.

Uordeliera, sans pour cela délaisser les Jacobins, Danton aurait donc du prendre la présidence du comité de Salut public, avec des hommes comme Cambon, Carnot, Aobert Lindet, les Prieur, Dubois de Crancé, Pache, Fabre d'Ëglantine et tant d'autres pour collègues, travaillant avec lui et sous son impulsion .

Alors oa eflt évité le 16 germinal, les lois de

praiml, le 9 thermidor ! Et, selon la vue biea

tardive, hélas ! dé Billand-Varennes, le 18

brumaire n'eût pas été possible.

Toutefois, le Gouvernement révolutionnaire eut un rôle immense, conforme aux choses et à sa propre puiasaDce.

D'abord, par Cambon, qu'il n'est point escessif de qualifier ici d'ilIuBtre, le Comité apporta l'ordre dans les finances de l'État, dont il constitua l'organisation actuelle. Il les disposa contre l'ancien régime par l'établissement fondamental du grand-livre, qui classe dans un ordre unique toutes les râleurs quelconques et supprime les délies privilégiées, n'en reconnaissant désormais qu'une seule catégorie, celle des créanciers de l'État, quels qu'ils puissent être.

Far Cambon, encore, le Comité put réaliser l'opération colossale de l'emprunt forcé de ua milliard en assignats, garantis par hypothèq[iie

sur les biens nationaux, et sut donner ainsi à la BéTolutioD ea liberté d'action ciTite et militaire.

On sait tout ce qu'effectuèrent dans cette dernière direction les autres membres de ce gouveraement, les Carnot, lea Robert Lindet, les Prieur, etc., si admirablement secondés, toujours, par l'bomme d'Ëtal de la Révolution, par la Coovenlion elle-mâme, par les Représentants eu mission, par la population parislennR, par celle des grandes villes républicaines et de quelques campagnes, enfin par l'armée ; immense et patriotique effort, qui se résuma dans la victoire de la France et de la République.

Pour apprécier exactement ici l'influence de Danton, ce serait un important relevé à faire que celui de toutes ses motions daus la période décisive de la Convention (1793},pour le comparer avec les prises en considération et les décrets de l'Assemblée, ainsi qu'avec les arrêtés du comité de Salut public. On pourrait ainsi se rendre un compte exact de la force politigiie du grand patriote, de l'impulsion réelle qs'il communiqua au gouvernement révolutionnaire et de la place qu'il tient dans la pbase la plni critique de notre histoire nationale.

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tout le beancot mettrait cette for sont riei Dans Ië!

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prêles à 'eonemi!

garda U le péril poli ti qui 11 sauva Pour 1 par Infii tude et gralilud événemi et l'inTa voulons û\i livre

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