LA RECONSTRUCTION DE LA FRANCE
Aucune Asscuiblée peul-clre n'a été plus respectée que celle qui s'est appelée la Constituante et qui eut en effet riionneur de « conslituer » la France moderne. L'émeute n'a pas troublé ses délibérations. Les tribunes du Manège, où elle siège depuis son transfert à Paris, à partir de novembre 1789, sont remplies d'une foule élégante où domine la haute société. Les femmes (le l'aristocratie libérale y exhibent leurs toilettes et ne se permettent que des ap})laudissements discrets. On s'y montre la princesse d'ilénin, la marquise de Ghaste- Fiois, la comtesse de Chalabre, (celle-ci a voué un culte à Robespierre), Mmes de Coigny et de Piennes dont le patriotisme est exalté, la maréchale de Bealiveau, la princesse de Poix, la mar<(uise de Gontaud, Mmes de Simiane et de Gaslellane, la belle Mme de Gouvernel, la li-aîclic Madame de Broglie, la piquante Madame d'Asloi'g, la gracieuse Madame de Bcaunjont, lille de Montmorin (pii sera aimée de Chateaubriand, Lref une bonne j)arti(' du faubourg Saint-Gei-maiu. 1\)ut(s vont à l'Assemblée comnjc au spectacle. J^a politiqui' a pour elles l'atti-ait (le la nouveauté, du fruit défendu. Ce n'est <pi'à la lin (le la session, cpiaiid la guerre religieuse d'abord, la fuite à Varennes ensuite remueront le peuple dans S(UJ fond, que le public des tribunes changera et tpie les artisans s'efforceront d'y péïK'ti'er. Mais, même alors, la ptf'voyance de I^afayetle el de Hailly saura disposeï* aii\ bonnes [)laees 60 nnnirhards an\ ela<|iit>ii's l'iiei'-