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LA CRISE DE L ANCIEN REGIME

remontrances. Dans le pays muet, ils ont seuls le droit de critique et ils en usent pour se populariser en pro-^"! testant contre les nouveaux impôts, en dénonçant le luxe de la Cour, les gaspillages, les abus de toute sorte. Ils s'enhardissent parfois à lancer des mandats de com-K parution contre les plus hauts fonctionnaires qu'ils soumettent à des enquêtes infamantes, comme ils firent pour le duc d Aiguillon, commandant de Bretagne, comme ils feront pour le ministre Galonné, au lendemain de sa disgrâce. Sous prétexte que dans le lointain des âges, la Cour de justice, le Parlement proprement dit, n'était qu une section de l'assemblée générale des vassaux de la couronne que les rois étaient alors tenus de consulter avant tout nouvel impôt, sous prétexte aussi qu'à certaines audiences solennelles, ou lits de justice, les princes du sang, les ducs et pairs viennent prendre séance à côté d'eux, ils affii'ment qu'en l'absence des Etats généraux, ils représentent les vassaux et ils évoquent le droit féodal, l'ancienne constitution de la monarchie, pour mettre en échec le gouvernement et le roi. Leur résistance va jusqu'à la grève, jusqu'aux démissions en masse. Les différents parlements du a royaume se coalisent. Ils prétendent qu'ils ne forment >. qu'un seul corps divisé en classes, et les autres cours >^ souveraines, cour des Comptes, cour des aides, appuient > leurs menées factieuses. Louis XV, qui était un roi/^ malgré son indolence, finit par se lasser de leur perpé-x tuelle opposition. Sur le conseil du chancelier Maupeou, \ il supprima le parlement de Paris à la fin de son règne et le remplaça par des conseils supérieurs confinés dans les seules attributions judiciaires. Mais le faible.) Louis XVI, cédant aux exigences de ce qu il croyait^ être l'opinion publique, rétablit le parlement à son avènement et prépara ainsi la perte de sa couronne. Si les i légers pamphlets des philosophes ont contribué à dis- i

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ivdittT 1 ancien régime, à coup HÙr les massives remoni| trances des gens de justice ont lait plus encore pour répandre dans le peuple l'irrespect et la haine de l'ordre établi.

l.e roi, qui voit se dresser contre lui les « officiers » ^ <pii l'endent en son nom la justice, peut-il du moins comptersur l'obéissance et sur le dévouement des autres « officiers >» «pii forment ses conseils ou qui adminis- Irent pour lui les provinces? Le temps n'est plus où les ^ agents du roi étaient les ennemis-nés des anciens pouvoirs féodaux (pi'ils avaient dépossédés. Les offices anoblissaitnl. Les roturiers de la veille sont devenus d<s privilégiés. Dès le tônqfs de Louis XIV on donnait aux ministres du Monseigneur. I^«'urs fils étaient faits romtes ou marcjuis. Sous Loîiis XV et l^ouis XVL les mirristres furent clioisisde plus en plus dans la noblesse «l pas seulement dans la noblesse de robe, mais dans la vieille nolflesse d épée. Parmi les 36 personnages (juiv' orcupèrmt les portefeuilles de 1774 à 1789, il n'y en x «lit <pj un seul qui ne fût f)as noble, le citoyen de-/ (îenève, Xecker, (|ui voulut d ailleurs que sa fille fût / baroniu'. (Contrairement à ce (pi on dit troj) souvent, les intendants eux-nu''mes, sur (|ui reposait l'administra-v. lion des |)rovin(es, n'étaiiul plus choisis ])armi les , hommes de naissance commune. Tous <eu\ qui furent , en (onctions sous Louis \\ l appartenaient à des lamilhs nobles ou anoblies et |)arfois depuis plusieurs générations. Ln de 'iVémond, intendant de Moiilauban, \ni Kournier de la (>haj)elle, intendant d'Auch, ])OUvaienl ri-monler au xiii'^ siècle. Il y avait des dynasties d'inl< iHJanls cornuK il \ avait des dynasties de parlemenlaires. Il esl vj-ai <pu' les intendants, ne tenant pas leur placr par «dfice, étaient révocables comme les maîtres des re<pirlrs au conseil du r(»i parmi lescpiels ils se recrutaient, mais leurs richesses, les offices judiciaires

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