PORTRAIT ET OBJETS DIVERS
KNCIIIüH (paIKM'.e) lit: CAMILLE DBSUOI LINS ■MUitleL)
IlOH K ET COIISA0E AYANT At'PAMKM'S A I.A Ul> IUIIIIY (Collection do M. Gwign C»m.)
L.i décoration fleurie Je ce vêtement, qui fui trouvé en 1794 sur une femme du peuple, cil formée, comme on peut le voir, «les initiale» du roi Louis XV et de sa favorite.
\Cotlcelion du Mutât Ci
PORTRAIT DE
U 3o octobre de la terrible année, les Gironn» vaincus avaient, en chantant l'hymne »crc : « Allons enfants de la patrie!... versé les rues de Paris dans la fatale irrette. Le S novembre, c’était le tour le Madame Roland, « la reine de la Gironde ». — " Ceux, dit Michelet, la virent à la Conciergerie, disent qu'elle était toujours belle, pleine dccharmc, jeune à trenteuf ans, d'une jeunesse entière fet puissante, un trésor de vie réservé jaillissait de scs beaux peux. Sa force paraissait lurtout dans sa douceur tisonneusc, dans l’irréproihablc harmonie de sa personne et de sa parole. Elle l’était amusée en prison à jkrire à Robespierre, non pour lui demander rien, nais pour lui faire la Irçon. Elle la faisait au IVibunal, lorsqu'on lui ferna la bouche. I.e 8, jour iù elle mourut, était un sur froid de novembre. La lature dépouillée et morne xprimait l’état des cœurs-, la lévolution aussi s'enfoncait ans son hiver, dans la mort les illusions. Entre les deux irdins sans feuilles, la nuit tomant(cinq heures et demie du soir).
Ile arriva au pied de la Liberté jlossale. assise près de l’échafaud, la place où est l’obélisque, monta Igèrentcni les degrés et, se tournant srs la statue, lui dit avec une grande suceur, sans reproche : » O Liberté, que c crimes commis en ton nom! » — Manon anne Phlipon naquit à Paris, le 17 mars 1734.
Ile épousa Roland en 1780. Ce dernier avait alors Jarante-huit ans; Madame Roland en avait vingt-six. oland.qu’à cause de la gravité de son caractère et de son mérité discrète on appelait le philosophe , plut du premier
MADAME ROLAND
coup à la jeune femme. N 'a-t-elle pas écrit d'ailleurs quelque part : « Depuis quatorze ans jusqu’à seize ans, je voulais un homme poli; depuis seize jusqu'à dix- huit, je voulais un homme d’esprit; depuis dix-huit, un vrai philosophe. •• Au lendemain de son mariage. Madame Roland s'associa courageusement aux labeurs de son époux, dont nous aurons bientôt à étudier le rôle politique, qui fut important. Lorsqu’elle comparut devant le Tribunal révolutionnaire, Fouquicr- Tinville lui reprocha, non sans raison , d’avoir été l'instigatrice de la conspiration fédéraliste. Madame Roland se défendit avec cràncrie et courage, n'abandonnant aucun de scs amis, faisant l'éloge de Brissot et des autres proscrits. Le président, comme s’il avait peur que la condamnation ne vint pas assez vite, l’interrompit :
« Vous ne pouvez, lui dit-il brutalement, abuser de la parole pour faire l'cloge du crime, c'est-a-dire de Brissot et consorts. » Madame Roland veut protester, on lui coupe la parole.
Elle se tourne alors vers l’auditoire : ■> Je vous demande acte de la violence que l'on me fuit. » Mais les spectateurs sont plus passionnés que les juge», que la haine aveugle cependant. « Vive la République! A bas les traitres! • lui répondit-on du fond de la salle. A l’unanimité, elle fut condamnée a mort. L’exécution eut lieu le lendemain, ün lui avait donné comme compagnon de supplice un brave homme, Lamarche, qui n avait ni son énergie ni sa résignation. Elle le lit passer le premier : « Passe/, lui dit-elle, vous n'auriez pas le courage de me voir mourir. •»
MADAME ROLAND
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