‹ La Révolution française et la féodalitéChapitre 101 sur 130 · AUTRES CIRCONSTANCES DES COPYHOLDS · texte numérisé non relu

AUTRES CIRCONSTANCES DES COPYHOLDS

donnaient qu'un revenu insignifiant, à côté d'autres qui se voyaient portés à une production énorme. L'enquête de 18ol constate que sur le petit copyhold de Westminster qui vient d'être cité, et qui valait au plus 30 livres par an avant d'être bâti, il y avait pour 200,000 livres de constructions.

Quelle tyrannie ne devait-ce pas paraître, que d'avoir à acheter à de tels taux la permission d'augmenter sa fortune? A l'inverse quelle tyrannie plus grande, de se sentir contraint de renoncer à de si grands avantages par quelque chose ne dépendant pas de soi? Saint-Jean de Jérusalem, communauté qui possédait des terres seigneuriales au nord de Londres et qui en avait affranchi ou laissé bâtir des parties, calculait qu'à n'avoir pu, depuis, libérer le reste, elle avait perdu des dizaines de mille livres et ses tenanciers des centaines • de milles livres par acre.

Une dernière considération, prise d'un autre point de vue. Des seigneuries qui avaient été fractionnées par des causes ou d'autres n'offraient plus d'intérêt que pour leurs agents de perception ; elles étaient devenues sans valeur dans la fortune de leurs propriétaires, exactement comme on l'avait vu eu France à la fin du dix-huitième siècle. On appelait communément ces seigneuries-là « seigneuries d'intendants » {stewarcfs manors)^ si bien ces agents savaient retenir pour eux la majeure partie des receltes.

Ces motifs de dépréciation faisaient capitaliser les copyholds à deux fois et demie, trois fois moins le revenu annuel que les terres libres, jusqu'à cinq fois moins. Certains ne pouvaient trouver d'acquéreur à cause de la

réputation de rigueur que le manoir s'était faite. Aucun homme ayant le sens de l'administration publique ne croyait donc qu'un pays aussi largement engagé dans les progrès matériels pût laisser durer davantage des lois foncières aussi défavorables. Pendant le cours des débats du parlement sur la commutation de la dîme, lord Brougham, lord Spencer avaient déjà proposé d'étendre aux droits de manoir ce qui se faisait pour la seigneurie de l'Eglise. Leur ouverture n'avait pas trouvé un écho suffisant. Trois ans après que cette commutation fut en vigueur, lors Campbell ouvrit le même avis sans rencontrer une opposition osant s'affirmer tout haut. Les mille petits mobiles qui donnent toujours aux changements nombre de raisons de ne pas être entrepris, quand ils doivent atteindre les choses qui ont beaucoup duré, retardèrent seule l'adoption d'une loi. En 1841, toutefois, la première brèche fut faite dans le vieux régime des manoirs. Depuis lors jusqu'à 1858, où tout a été déblayé, on n'a guère cessé de travailler à la réforme de ce régime.

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