CHAPITRE XI Les intendants de seigneuries et leur opposition
En tout l'opposition se fait sa place, fùl-ce un moment. Elle \int ici d'une catégorie de personnes dont il faut parler, des intendants de manoir. Mais elle vint uniquement d'eux.
Ces intendants [stewards) formaient presque une classe. Très-experts dans les vieilles lois anglaises et le dédale des coutumes seigneuriales, ils conservaient les droits des seigneurs, tenaient leurs archives, leur greffe et percevaient leurs revenus. Leurs services, tout spéciaux, avaient ainsi beaucoup d'intérêt. Chez quelques-uns cela s'ajoutait à une valeur réelle, de sorte qu'une assez grande importance s'attachait à leur profession et à eux-mêmes.
C'étaient à la fois les baillis et les féodistes ou commissaires à terriers des seigneurs de France, avec beaucoup plus de considération et de force acquise. Ils avaient fait de leurs offices une grosse chose, jusqu'à avoir souvent, on l'a vu, la totalité des profits pour eux. Chacun administrait plusieurs seigneuries, d'habitude un assez grand nombre, de sorte qu'il leur était devenu facile de régler leurs honoraires au tarif le plus élevé. Il fut dit au Parlement, par un seigneur, que malgré la bonne volonté des juges pour les réduire, ils trouvaient dans la diversité des usages, dans une jurisprudence toute de tradition et