‹ La Révolution française et la féodalitéChapitre 11 sur 130 · ON ÉTAIT MONTÉ DE LONGUE DATE · texte numérisé non relu

ON ÉTAIT MONTÉ DE LONGUE DATE

Les conditions normales de la production étaient vulgarisées. On avait la même idée partout sur les moyens de rendre le travail fructueux, le même sentiment de l'utile. La notion du droit s'ensuivit, et il ne resta plus aucune prise au régime féodal. Dans la partie de la société où l'on raisonne les faits il perdit tout fondement, et dans celle où c'est l'intérêt qui dirige on devint impatient de son joug.

Yis-à-vis des classes rurales, en particulier, ce régime n'eut plus de défense quand la théorie des « reprises de la culture » et du « produit net » se fut répandue. Cette démonstration si palpable, que les physiocrates avaient faite, de la part revenant au producteur agricole dans les choses produites rendit tous les esprits désireux d'une situation où les rapports de cultivateur à propriétaire auraient leur jeu normal et leur cours naturel. La superposition de dépendances, d'entraves, de prélèvements sous lesquels on étouffait en devint plus visible et parut plus oppressive. Chacun regarda dans sa condition, les propriétaires eux-mêmes, chacun la vit à nu, n'y trouva plus que violation des lois normales, tyrannie, injustice, et fut pris d'une haine violente contre la féodalité et les droits seigneuriaux.

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