‹ La Révolution française et la féodalitéChapitre 12 sur 130 · CHAPITRE IV Le point de vue de nos pères et le nôtre · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV Le point de vue de nos pères et le nôtre

En déclarant la féodalité abolie et, avec la féodalité, tous les droits qui provenaient d'elle, tous les rapports, tous les liens d'origine seigneuriale, la génération de 1789 fut convaincue qu'elle rendait la société à son ordonnance naturelle. Elle crut y rétablir la justice à tout jamais et lui donner la fécondité.

Cette génération agit donc sans hésiter.

Elle finit par supprimer violemment tout revenu ou tout intérêt privé ayant l'apparence féodale. Cela eut lieu sans respect pour les situations existantes, sans prévoyance pour la fortune du pays, en méconnaissant toute possession, les plus anciennes elles-mêmes, en n'accordant pas le moindre prix aux faits ni aux plus élémentaires considérations, en ôtant dès lors à la nation tout lustre pour un temps prolongé. Les citoyens perdirent soudainement leur richesse, l'Etat ses recettes nécessaires.

Dans cette volonté de supprimer que rien n'a pu fléchir, quelque chose saisit davantage que l'inconséquence politique et le mépris des droits acquis: ceux qui lui obéirent virent clairement d'avance les résultats de ce qu'ils faisaient et ne s'en émurent aucunement. Qui plus est ils ne s'en sont jamais repentis. De tous les actes dont nos

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