‹ La Révolution française et la féodalitéChapitre 110 sur 130 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

Comment cette première loi fit désirer mieux.

La Chambre des communes avait été contente de son œuvre comme l'est un législateur certain de répondre aux vœux de son pays. Si quelqu'un fût venu lui dire : « Votre loi n'aura pas d'efficacité. Vous vous fiez à l'initiative des individus ; mais les résolutions que vous attendez d'eux sont trop graves. Il y a en nous quelque chose qui nous fait rester en mauvaise situation par crainte de pire. En matière d'intérêt les personnes seules qui n'en ont guère veulent changer, les autres sont très-lentes; il faut les pousser, un peu les contraindre pour les y résoudre. A s'étudier comme vous l'avez fait à ce que nul ne se dé-? cide sous une pression quelconque, on s'interdit tout résultat ; » celui qui eût tenu ce langage se fût vu répondre, peut-être, que c'étaient des paroles pour un pays mécaniquement administré, habitué aux choses toutes faites, mais que la décision du caractère anglais et l'éducation économique de la nation leur étaient toute portée.

Ce grand respect du libre arbitre, éminemment britannique, n'a pas moins été l'écueilde ÏAct de 1841. Absolument comme s'il fût tombé au milieu d'une population de peu de ressort, il n'a guère abouti qu'à en faire désirer un autre. Il laissait les intéressés trop maîtres de leur action.

La première remarque de la Commission, dans le rapport qui suivit la mise en vigueur, c'est que les plus puissants désirs d'opérer s'arrêtaient lorsqu'il fallait fixer définitivement son intérêt. De peur de se tromper, personne n'osait conclure. Plus de cinq cents copyholders s'étaient présentés; aucun n'était revenu, voyant ce qu'il fallait faire. L'attente publique laissait croire que dès la première année les traités encombreraient le bureau des commissaires; or le travail s'était borné à une commutation obligatoire et à l'homologation d'un traité de gré à gré, lequel était entrepris avant la loi.

Les choses n'ont pas été beaucoup plus animées les années suivantes. Tous les jours les commissaires se trouvaient plus en état d'aider les parties dans leurs évaluations ou de les effectuer à leur place ; les procédures paraissaient faciles, promptes, peu coûteuses; pourtant la moyenne des opérations n'atteignit pas quarante en dix années.

. Ce n'est point que les prix convenus ne montrassent pas que l'on voyait une grande utilité à traiter. Il n'y avait si minimes finances fixes qui, Tune dans l'autre, n'eussent été payées une année du revenu du fonds; 100 livres pour éteindre un droit d'une demi-couronne, on les avait maintes fois données, «données avec joie, » qui plus est. Le rachat des rentes avait flotté entre 25 et 30 fois leur montant annuel, celui des finances arbitraires a environ de cinq fois le revenu, sans compter, souvent, un prix à part pour le heriot. Mais la majeure portion de ces traités concernaient des seigneuries appartenant au clergé, c'est-à-dire à peu près toutes de même condition, en sorte que l'une entraînait l'autre; ou bien c'étaient de pe-

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