COMMENT CETTE LOI FIT DÉSIRER MIEUX
tits fonds situés de manière à recevoir tout de suite une grande valeur de la libération, des fonds urbains à peu près tous. On n'avait que rarement demandé le bénéfice de la loi pour des fonds ruraux, et bien moins pour produire un changement économique que pour la commodité ou l'agrément de tenanciers riches, à qui il n'importait guère d'avoir tel ou tel moyen de s'affranchir.
A la vérité, presque aussitôt que la loi avait permis d'agir les circonstances étaient venues donner beaucoup plus d'ambition aux intéressés, et ce changement tenait à des causes trop considérables pour n'être pas souveraines. La réforme économique qui a illustré sir Robert Peel s'était accomplie pendant que la Commission s'ingéniait à réaliser quelques traités. L'analyse publique qui avait été faite dés conditions économiques du pays à l'occasion de cette mesure, les manières de voir qui en étaient provenues, le désir de les appliquer à tous les côtés défectueux du régime social rendaient impatient. On ne douta pas que des moyens de modifier plus complètement et plus rapidement les choses ne fussent procurés, tant ils paraissaient nécessaires, de sorte que l'usage de ceux qui existaient se ralentit. La dépendance territoriale, que la commutation maintenait, n'allait plus à personne. On voulait l'affranchissement. On voulait un affranchissement qui ne fût plus à la discrétion du seigneur, comme la loi de 1841 l'avait fait. Il pouvait seul le provoquer, d'après cette loi, et, comme trop peu de tenanciers y adhéraient quand il l'offrait, craignant de compromettre leur intérêt en le déterminant, il retirait son offre pour n'y pas perdre lui-même.
On fut donc convaincu que l'on serait bientôt mis en
situation d'avoir de meilleurs traités et l'on attendit pour en entreprendre, on arrêta ceux commencés. Deux lois, qui avaient un lien intime avec la matière et qui furent comme des annexes de celles des céréales, autorisèrent encore ce délaissement. L'une créait des modes en rapport avec les idées nouvelles pour détruire la vaine pâture elles terres vagues appartenant aux seigneurs (1). L'autre était celle bien connue des avances pour travaux agricoles, drainages, etc. (2); elle mettait à la portée des moindres exploitations rurales les améliorations les plus coûteuses parmi celles regardées comme les plus efficaces. L'esprit de possession excité par ces lois, la perspective qu'elles ouvraient d'utiliser le sol avec plus de fruit auraient suffi pour aviver l'ambition des détenteurs de copyholds ; elles achevèrent de discréditer la législation de 1841 et décidèrent l'application de leurs principes plus avancés à l'extinction des droits de manoir.
Dès l'année 1848 les Coptjholds commissionner s ayouerent l'inutilité de leur office et réclamèrent des pouvoirs plus efficaces. Presque aussitôt un des membres des Communes qui avait pris le plus de part à ces questions, M. Aglionby, assisté par M. Howard, proposa une législation nouvelle dans laquelle l'obligation de subir l'afTranchissement se laissait pressentir.
(I) Indosure Act (8 and 9 Victoria, cap. CLXXVIII). (?) 9 and 10 Victoria, cap. CI.