‹ La Révolution française et la féodalitéChapitre 19 sur 130 · L'IMPORTANCE DES DROITS SEIGNEURIAUX · texte numérisé non relu

L'IMPORTANCE DES DROITS SEIGNEURIAUX

nuer? aucunement. Il n'était pas du tout notre ennemi. Il Tenait chez nous pénétré de notre grandeur, au contraire, très-admirateur de notre rang dans le monde et désireux de voir quel rapport existait entre ce rang, qui nous était reconnu, et le gouvernement public, les conditions générales, l'état économique. Peu d'étrangers, peu d'Anglais surtout ont autant abdiqué vis-à-vis de la France, peu ont eu d'elle une aussi haute idée. Bien mieux, tous ses préjugés sont en faveur de l'état social qu'il y trouve. Des grands seigneurs ayant de grandes terres et des droits féodaux, des classes tranchées, un clergé riche et puissant, de grands corps judiciaires, une cour brillante, tout cela était de son pays, avait plus que son respect, et ses relations dans ses voyages furent avec les personnnes que leur condition ou leur fortune portait à l'aimer comme lui.

Seulement, dans le pays d'Arthur Young tout cela s'accordait depuis longtemps avec la prospérité des individus, avec le progrès public, et il était au plus haut point l'homme d'un pays pareil. Gela surtout donne leur prix à ses paroles. C'est un Anglais de son siècle, un fils de la Révolution de 1688 pour qui tout se mesure au développement de la personne humaine et se juge suivant que ce développement est empêché ou servi.

Très-instruit d'arithmétique politique, très-sagace pour déduire des faits l'efficacité des lois et du gouvernement, il lisait couramment sur la culture les causes qui la rendaient mauvaise et les conséquences que ces causes avaient pour les intérêts. Il avait soumis l'Angleterre à une critique semblable que l'événement a justifiée. L'accusation qu'il porte village par village contre la féodalité française

à son dernier état, vient donc confirmer comme une preuve tout ce que les publicistes écrivaient depuis cinquante années, et les impatiences auxquelles il cède n'accusent que mieux les vices dont elle remplissait les choses.

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