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POURQUOI LES CHATEAUX BRÛLÈRENT

ropposition qu'il redoutait. Il suffît à des meneurs de propager partout que « le roi l'ordonnait,» pour qu'en quelques jours les redevances fussent refusées dans toute la France et les campagnes jetées sur les demeures seigneuriales.

« Le roi le veut : » c'est à ce cri que les châteaux furent incendiés, leurs maîtres maltraités, leurs chartriers, leurs rôles, leurs titres détruits. Tous les documents en font foi. A la séance du 3 août 1789 M. de Clermont-Tonnerre, un des nobles par qui les décrets du lendemain furent proposés, lisait à l'Assemblée le récit suivant, écrit par un témoin de ces violences :

« Deux cent cinquante hommes armés ont brûlé tous « les titres et mis deux fois au feu l'homme d'affaires ; ils (c voulaient qu'il leur livrât un titre qui n'a jamais existé. « L'étrange, c'est que ce soient les vassaux de la terre, à « qui l'on avait fait tant de bien, et que ces malheureux « croient fermement agir au nom du roi ! Ils montraient « beaucoup de douleur, vis-à-vis d'aussi bons seigneurs, « que des ordres aussi impératifs les y forçassent, mais « qu'ils avaient eu des avis que Sa Majesté le voulait « ainsi. Sept à huit autres châteaux du voisinage ont eu « des traitements égaux, et quelques-uns de pires, tous « par chacun de leurs vassaux, et tous croyant agir par « ordre du roi (1). »

Les pièces laissées par le Comité des recherches témoignent presque toutes de même, et l'on juge combien les souvenirs des autres mouvements pareils se trouvaient encore présents, quand on voit, à la fin de ce même mois d'août, la municipalité de Bourgoin, sous les yeux de la-

(1) Pièces du Comité des recherches.

quelle, en quelque sorte, des représailles très-sanglantes avaient eu lieu contre ces masses soulevées, écrire à l'Assemblée pour qu'elle ensevelît dans l'oubli tout ce qui s'était fait, parce que «les paysans avaient cru agir par or- « dre du roi, qui voulait qu'on détruisît les châteaux (1). »

(1) Pièces du Comité des recherches. Voir de même une lettre du Comité de renseignements, qui atteste la même croyance bien plus tard, le 4 février 1790. « On affiche des placards, dit cette lettre, où l'on dit que tout cela est permis. Signé : Louis. »

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