‹ La Révolution française et la féodalitéChapitre 34 sur 130 · CHAPITRE XIV De la nuit du 4 août et 4e ce qui s'y fit · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV De la nuit du 4 août et 4e ce qui s'y fit

L'histoire n'est pas bien loin d'effacer l'auréole qu'elle avait fait planer, jusqu'ici, sur les grands seigneurs libéraux dont les sacrifices éclairèrent la nuit du 4 août. Les détails sont mieux connus, on sait que l'Assemblée nationale devait, le lendemain même, s'entendre proposer par son comité les abandons que le duc d'Aiguillon et ses amis provoquèrent : ils étaient donc informés, ils voulurent avoir l'air de devancer ce qu'ils allaient subir !

Pourquoi ôter à cette belle scène de la Révolution le fond d'abnégation qui l'anime? Est-il moins certain que la dévastation, partout flagrante, contraignait le comité à parler? Sait-on quand il se serait décidé sans cela, et s'il l'eût fait de la même manière?

Les hommes trouvent forcément dans leur situation et dans les circonstances des considérations qui retiennent leurs actes ou qui les déterminent. Mais c'est le côté secondaire de leur conduite ; le grand, ce sont les sentiments ou les notions en vertu desquels ils agissent. L'initiative de ces privilégiés, le 4 août, a été rendue justement mémorable. Ils ne furent pas si nombreux à la prendre, quel profit aurait-on à la diminuer?

Les péripéties de cette nuit mémorable ont été retracées bien des fois. On constatera uniquement ici l'influence

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