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LE PROBLÈME DEVANT L'ASSEMBLÉE LÉGISLATIVE

pareille à la nation. Elle nîprésenta exactement les intérêts issus de la Révolution et qui avaient besoin que la Révolution réussît. Cette assemblée apportait de ses sources, en quelque sorte, le mécontentement suscité par les lois sur le régime féodal et elle dut se sentir très-détachée à leur sujet des considérations de sa devancière. Quelque chose s'ajouta : le problème de l'extinction s'offrit à elle singulièrement différent de ce qu'il avait été et sans le caractère solennel du premier moment.

Depuis le 4 août les droits seigneuriaux n'étaient plus payés. Malgré toutes les poursuites les redevables en avaient suspendu le service. Ces droits avaient perdu par cela même tout prestige, et ce mot n'est pas exagéré ; l'autorité morale qu'ils tiraient de leur existence ancienne, universelle, avait été pour eux une défense considérable. Leur disparition de fait plaçait maintenant les possessions dans un état qui semblait d'autant plus naturel qu'on l'avait ardemment désiré ; ils revêtaient dès lors l'apparence de droits litigieux, plutôt que de choses légitimes; qui plus est de droits litigieux déjà difficiles à reconnaître sous leur vétusté, ce qui les rendait plus contestables.

Il y eut encore ceci. A tout- prendre, le problème avait été maintenu, jusqu'à présent, dans le domaine des questions civiles. Malgré les soulèvements qui l'avaient fait ouvrir, le débat était resté un débat juridique, une tran-* saction librement discutée en vue de régler un détail de la législation du pays. Les dissidences, les hésitations n'avaient pas reflété ostensiblement les luttes ni les menaces des partis. Dorénavant on quitte celte atmosphère sereine. Le souffle des passions du dehors va faire irrup-

lion dans le travail des juristes. Le nouveau législateur n'avait pas encore siégé que déjà les actes du parti de la cour, les manœuvres ou les apprêts de l'émigration, le langage des souverains étrangers indiquaient à tout le monde les droits seigneuriaux comme un des éléments de la guerre établie entre la Révolution et ses ennemis. L'idée que ceux-ci ne visent qu'à restaurer l'ancienne noblesse et ses attributs est répandue partout, et l'on voit une garantie dans des lois plus rigoureuses que les précédentes. On considère que c'est la sûre manière d'atteindre les adversaires. Eux, de leur côté, mesurant le coup profond qui les a frappés, reconnaissent dans les lois d'abolition la Révolution elle-même et en sont venus à penser qu'il suffit de faire tomber ces lois pour avoir raison d'elle.

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