CHAPITRE XXVI Les mobiles du législateur
La législation de 1792 a eu des conséquences trop graves pour qu'il n'importe pas de bien déterminer ce qui l'inspira. On avait beaucoup élaboré les solutions, elles ont été soumises aux lenteurs et aux fluctuations de la délibération publique : les passions n'ont pas pu y présider seules. Il y a eu une conception du droit , il y a eu des idées; les hommes ne font rien, sans cela, qui ait de la puissance et subsiste.
L'empire des faits fut très-grand. Aucun législateur ne l'évite et moins que d'autres les faits de ce moment pouvaient n'en pas exercer. Le débat sur la féodalité avait été repris pendant les péripéties qui conduisirent au 10 août ; nulle sagesse humaine n'eût écarté leur influence. Les hommes engagés dans la Révolution voyaient tous leurs ennemis debout, on s'apprêtait pour un combat terrible ; la perspective s'offrait de frapper d'un grand coup la fortune des adversaires en satisfaisant à la fois la vieille haine contre la féodalité ; comment n'y eût-on pas cédé ?
Ce n'est pourtant là qu'un côté. Le législateur qu'on vient de voir agir est un juriste autant qu'un révolutionnaire. Il est le juriste que les précédents de la matière féodale devaient faire naître un jour ou l'autre, du