‹ La Révolution française et la féodalitéChapitre 67 sur 130 · POURQUOI LA CONVENTION FIT D'AUTRES LOIS · texte numérisé non relu

POURQUOI LA CONVENTION FIT D'AUTRES LOIS

firent pénétrer si profondcincnt ses actes au prix de sa mémoire, la Convention voulut donc qu'un coup nouveau fût frappé contre les derniers restes de la féodalité.

Le comité de Salut public, renouvelé le 10 juillet pour devenir la tête et le bras à la fois de cette lutte suprême, comptait dans sa section de législation Lemaillant, Couthon, Cambacerès, Mailhe (1). Tout imbus de radicalisme juridique, ils étaient prêts à répondre aux colères du moment en comblant les lacunes de la législation de 1792. ils commencèrent pour la féodalité cette suite de décrets, unique dans l'histoire, qui enracina pour toujours dans le sol de la France les institutions civiles de 1789 et qui a fait de ces institutions comme le phare du monde. •

Il n'y avait plus personne pour contredire, mais on n'eût plus discuté ; tout était résolu. Ce qu'on écrivit se grava sur un airain inaltérable. De même que dans ces orages de l'atmosphère oii le tonnerre s'arrête, où l'on n'entend plus que la grêle qui hache, les lois qui ont fait disparaître pour toujours l'ancienne société, les lois d'absolue liberté pour la personne humaine et pour le sol, les lois de la propriété, de la famille, des obligations, de l'enseignement, du crédit, sont promulguées au milieu de l'épouvantable tempête de guerre et de meurtres politiques de l'année 1793. Avec une maturité presque digne des temps calmes, elles donnent à la société moderne ses fondements définitifs et ses ressorts.

(1) Ce dernier en était secrétaire.

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