‹ La Révolution française et la féodalitéChapitre 69 sur 130 · CHAPITRE XXXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXI

Gomment la manière dont Tabolition avait été commencée fut cause de toutes les ruines.

Voilà donc tous les intérêts seigneuriaux sacrifiés. On les a anéantis, rayés des choses, sans respect de leur durée et des conséquences de cette durée. Nulle acception n'a été faite du retentissement que cela aurait, de l'état des fortunes, de l'ayenir des familles, du désordre jeté dans toute la yie civile, et dans l'ordre économique par suite.

Qui plus est, l'on est arrivé à cette destruction finale avec la dangereuse illusion que l'on ne s'écartait pas de la justice. La grande majorité de ceux qui y ont pris part a eu cette illusion, et la masse qui s'en est réjouie l'a partagée avec elle ; chez les plus ardents, chez les plus radicaux, on trouve au moins cette conviction que s'il y avait des droits actuels maltraités, d'autres, antérieurs et bien plus considérables, se trouveraient rétablis.

Quand on a fait la part de l'emportement, inévitable au sein d'une révolution si passionnée et si longue, il n'est que trop visible que l'on a agi avec une gradation fatale, que l'on fut entraîné par la pente. La déclaration du 4 août, puis la conception de l'aboli et du rachetable, avaient créé un courant qui s'est précipité de soi.

Laissons les apparences. Ce ne sont pas les décrets de 1793 qui donnent aux lois abolitives leur caractère excessif. La

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