CHAPITRE XXXIV
Transition aux livres suivants.
On sait maintenant de quelle manière, par quelle suite de lois et de décisions la féodalité a été effacée du sol français et, avec la féodalité, toute la hiérarchie sociale ainsi que toutes les sujétions qui étaient l'essence de l'ancien régime. On a vu ces lois se préparer, s'écrire. On a vu se déterminer leur but et leur esprit, leurs conséquences se marquer.
Ce serait le moment de jeter un regard d'ensemble sur la vaste révolution civile accomplie ainsi par nos pères, de juger les modes employés par eux pour la consommer. Il reste à examiner si elle pouvait s'effectuer autrement et pourquoi cela n'est pas arrivé.
Mais les pays voisins ont porté à leur tour des lois analogues. Ils les ont portées dans le même but, sous l'empire de tendances ou de nécessités semblables ou sous celui de l'exemple que nous avions donné. Pour apprécier en pleine connaissance de cause, il faut savoir ce que ces pays ont fait et comment ils l'ont fait. C'est une comparaison préalable que l'équité de l'histoire suffirait à prescrire, si l'intérêt qu'elle offre ne la commandait naturellement.
Voyons donc ce qui a eu lieu hors de France. Les États du Continent d'abord , l'Angleterre ensuite, vont nous offrir des faits qui ont été peu consultés jusqu'à ce moment, on pourrait presque dire ignorés.