‹ La Révolution française et la féodalitéChapitre 77 sur 130 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Les États allemands.

Il y a cil une époque, assez longue, pendant laquelle la société germanique marquait peu au milieu des Etals du continent. C'était une féodalité mal liée, offrant surtout des forces matérielles. Elle a\1iit enfanté le luthérianisme et combattu pour lui, créé par là le germe du rajeunissement de l'Europe ; elle était rentrée après dans le repos et vivait sans grand bruit.

Au milieu du dernier siècle, il naquit dans celte société effacée une émulation d'entreprises qur l'a fait marcher plus vite et lui a donné plus de rôle qu'on ne l'aurait prévu. On voulut se rendre fort pour lutter contre les voisins ou pour dominer sur eux et l'on courut aux réformes. Le petit Electoral de Brandebourg était une de ses parcelles qui semblait la moins destinée à grandir. Il prit un jour la tête du mouvement et nous n'avons que trop appris la puissance qu'il en a tirée. C'est chez lui que fut porté l'édit de 1719 (1), cité plus haut comme le point de départ des modifications sociales dans les Etats du Nord. La servitude personnelle, le vasselage, les fiefs et leurs assujettissements sans nombre constituaient le fond encore inaltéré de toute l'Allemagne ; pour la première fois ils se virent attaqués.

- (1) Du 23 mars.

Mais ce ne fut qu'un jalon. Il faut attendre quarantecinq ans, avant que l'acte ait ses conséquences. Il les dut à un autre édit, porté aussi dans le Brandebourg en 1764. Le Brandebourg était déjà la Prusse, la Prusse de Frédéric II.

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