‹ La Révolution française et la féodalitéChapitre 90 sur 130 · COMMENT ON RESISTAIT · texte numérisé non relu

COMMENT ON RESISTAIT

de l'Église et aussi en dehors d'elle. L'opposition se fit, il est curieux de voir comment.

L'Église avait de fortes considérations à produire. Toute conversion, la mieux conçue même, porterait fatalement atteinte à sa fortune. Par son assiette la dîme croissait de soi et tenait ses bénéficiers au courant de l'augmentation des choses ; liquidée au contraire sur la base de son chiffre actuel, elle cesserait d'augmenter. Le revenu de l'Église se trouverait stationnaire et dès lors bientôt diminué. Tout cela était très-bon à objecter, et cependant ce fut très-peu dit. Le haut clergé, à qui Ténorme portion du revenu dîmal qui lui était attribuée constituait un grand privilège, puisa dans l'art qu'ont tous les privilégiés à se défendre d'autres arguments que ces arguments directs. Il voyait les idées publiques fixées, il trouva utile de ne pas aller contre elles et fît parler des appréhensions qu'il n'avait pas.

En apparence l'Église se borna à contester la valeur des moyens qu'on proposait, leur efficacité pratique ; mais en fait elle répandait des inquiétudes chez tous ceux que la crainte de perdre ou que leur situation propre portait à redouter de voir ébranler le vieil édifice féodal. Ces moyens-là produisaient plus d'effet. Les alarmés de cette nature étaient nombreux et les considérations empruntées ainsi aux dires vulgaires et aux petits mobiles d'autant plus agissantes. C'était à qui aurait peur de préparer les voies à une expropriation comme celle qui avait frappé en France les classes élevées après l'Église.

Notre exemple pesait donc sur les résolutions. Les partisans de la réforme durent s'en éloigner pour réussir. On va voir qu'ils agirent à l'inverse de ce que nous avions fait.

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