IMPORTANCE DE LA SEIGNEURIE. 27Ô
lieu en Angleterre, où celte jouissance incomplète, empêchée, fatalement en perte, confinait sur nombre de points à l'exploitation vigoureuse et profitable de la propriété pleine.
Les charges que ce droit d'un tiers impose à ces possessions imparfaites ont eu, partout, deux manières de préjudicier : elles ont gêné l'activité productrice ou bien elles
i l'ont paralysée. Lorsque rien n'a mis obstacle à ce que les prélèvements, les services, l'ensemble des obligations fût récupéré comme des frais de production, la quantité obtenue, le prix des choses produites et la demande se sont équilibrées de soi et l'on n'a eu que la première espèce d'inconvénients; le travail général, l'économie publique se sont vus entravés plus ou moins et l'individu en a souffert à proportion, mais d'une manière
; relativement égale. Au contraire, si ces obligations sont venues à manquer de fixité, si l'exigibilité en a été incertaine ou arbitraire, si, dépendant de circonstances qui échappaient aux prévisions ou à la volonté, nul calcul n'a été faisable à leur sujet,, nulle attention suffisante pour y accommoder les entreprises, les autres inconvénients ont paru ; on n'a produit que timidement, faiblement, ou bien l'on s'est abstenu de produire par appréhension de perdre.
C'est dans cette dernière situation que les sujets de la seigneurie féodale se trouvaient, sur nombre de points, à l'époque où l'on s'occupait de la seigneurie de l'Eglise. Quand la loi eut décidément établi la commutation de celle-ci, l^autrene parut plus pouvoir subsister.
En quoi consistait cette seigneurie féodale et comment se comportait-elle ? Nous allons l'expliquer.